Sondologie et sondomanie : Sondages en tous genres
... et sur n’importe quoi. Validité scientifique et portée démocratique des sondages.
Les sondages sont devenus omniprésents dans la vie sociale en général et dans les médias en particulier. Il y a cependant sondages et sondages.
- Les sondages de comportement (« Vous arrive-t-il de naviguer en Méditerranée ? Sur le yacht de Bolloré ? ») peuvent être une source précieuse d’information : encore faut-il que les questionnaires soient rigoureusement conçus et réalisés, ce qui est loin d’être toujours le cas.
- Les sondages d’intention de vote, qui prétendent exprimer l’intention de comportement (« si l’élection présidentielle de 2012 devait avoir lieu dimanche prochain, pour qui voteriez-vous ? »), manifestent dès leur principe une grande fragilité.
- Les sondages d’opinion (« Pensez-vous que Nicolas Sarkozy : a/ devrait se consacrer au jardinage ? ou b/ devrait jouer du piano plus souvent ? »), qui construisent artificiellement une « opinion publique » qui n’existe sous cette forme que… grâce aux sondages.
Quelle validité scientifique peut-on alors accorder à ces divers types de maniements de sonde, et surtout comment apprécier leur portée démocratique ?
- Le doute critique est évidemment de mise face à leur fonction d’instruments de mesure. Il s’agit alors de dévoiler leurs présupposés, leurs biais, leurs erreurs, et ce d’autant plus que le recours aux chiffres les pare abusivement des atours de l’objectivité et de la fiabilité. Il faut aussi décrypter les commentaires tendancieux ou erronés qui parfois les accompagnent en guise d’interprétation.
- Mais les sondages ne sont pas seulement descriptifs. Ils sont aussi normatifs et prescriptifs. Ils décident des questions et de leur contenu, transmettent des valeurs, orchestrent des débats, hiérarchisent les personnes et les problèmes, incitent à des choix et motivent des décisions.
Étant donné le rôle démesuré qu’on fait jouer aux sondages, c’est sur cette double prétention – scientifique et démocratique - que doit s’exercer la vigilance critique à leur égard.
Nos articles
Tous les sondages sont bons à publier, même les plus invraisemblables.
Retour sur le traitement par les grands médias d’un ministre… très médiatique.
Les « vrais » sondages sont souvent des caricatures. Alors que dire des faux ?
Les médias, s’ils enquêtaient, devraient le faire sur leur propre rôle…
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Quand Le Parisien pousse jusqu’à l’absurde la frénésie sondagière.
… et se contente de lui emprunter son irrationalité.
Fort de sa science, BVA suggère au gouvernement d’éviter le débat pour que la contestation ne s’élève pas trop.
Un texte de Pierre Bourdieu paru en janvier 1973 dans Les Temps modernes.
Quand l’Ifop s’assoit sur la méthodologie, et Le Figaro sur la déontologie, « l’opinion publique » en ressort aussi distordue qu’abusée…
… En attendant de publier de « vrais » sondages
OuestFrance.fr propose un exercice prétendument démocratique... à haut risque de « bidonnages » en tous genres.
Les sondages, vainqueurs de la primaire ?
Tout et son contraire…
… Tous reconnurent, mais un peu tard et très fugitivement, qu’il ne fallait pas s’y laisser prendre. Mais pourquoi ?
… se réjouit de la « popularité » de Nicolas Sarkozy
Au cœur des mobilisations contre la réforme Sarkozy des retraites.
Il y eut « Ma France » de Jean Ferrat. Grâce au Figaro, il y a désormais « Ma France » de Serge Dassault.
Une bouffée sondomaniaque de Jean-Michel Helvig
Un sondage dont le pouvoir de conviction mériterait un sondage.
Les sondages pendant la campagne référendaire de 2005 sur le Traité constitutionnel européen.
Des approximations trompeuses. Des incitations ravageuses.
La question partielle et partiale d’un prétendu sondage publié par Centre Presse
Un cadeau offert (et quel cadeau !) pour un « vote » sur le port de la burqa.
Quand Libération commente et transforme les résultats d’un sondage sur la pauvreté.
Un sondage pour un anniversaire un peu plus joyeux.
C’est, en exclusivité pour Acrimed, la conclusion que l’on peut tirer de la lecture de deux sondages publiés le week-end dernier.
Les sondages, sous couvert de « neutralité » scientifique, interviennent directement dans les conflits sociaux. Pourquoi ? Comment ?
Présentation du livre (et des raisons de se méfier des sondages) suivie d’un entretien avec l’auteur.
Les sondages peuvent être trompeurs, même quand les sondologues prétendent ne pas s’être trompés.