💰 Dégageons les capitalistes des médias : signez notre pétition !
‹ Retour à l'accueil

ALERTE

La fausse agression du RER D : un dossier accablant

Les dĂ©rapages mĂ©diatiques se succèdent et se ressemblent. Les fausses accusations de terrorisme, en dĂ©cembre 2002, envers Abderrezak Besseghir, bagagiste Ă  l’aĂ©roport de Roissy, l’annonce erronĂ©e, en fĂ©vrier 2004, du retrait d’Alain JuppĂ© de la vie politique, l’attribution, le 11 mars dernier, des attentats de Madrid Ă  L’ETA... voici quelques exemples, Ă©voquĂ©s ici mĂŞme [1], de ces fautes professionnelles qui Ă©maillent rĂ©gulièrement la production des mĂ©dias français.

Il y a quelques temps, dĂ©jĂ , Bruno Masure, ancien prĂ©sentateur du journal de 20h de France 2, dĂ©plorait dans une « Lettre ouverte Ă  David Pujadas », ce qu’il considĂ©rait comme une « fuite en avant dans l’info jugĂ©e "accrocheuse" ». C’est cette « stupide course aux vrais-faux scoops », Ă©crivait-il, imposant de « [conduire] trop vite sur un terrain verglacĂ© », qui amène inĂ©vitablement Ă  « [s’exposer] aux dĂ©rapages incontrĂ´lĂ©s et, parfois, [Ă  aller] dans le fossĂ© ! » (LibĂ©ration, 18.02.2004).

En voici un nouvel exemple, avec cette « affaire du RER D ».
Le vendredi 9 juillet 2004, une jeune femme a dĂ©clarĂ© Ă  la police avoir Ă©tĂ© victime d’une agression Ă  caractère antisĂ©mite. Dès le lendemain soir, son tĂ©moignage, parvenu au cabinet du ministre de l’intĂ©rieur, et relayĂ© par l’Agence France Presse (AFP) a dĂ©clenchĂ© une vague d’indignation dans le milieu politique et associatif, et a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une impressionnante couverture mĂ©diatique.
Seulement voilĂ  : trois jours plus tard, la jeune femme reconnaĂ®t avoir tout inventĂ©. « LĂ©ger » malaise dans la classe politique, et nouveau coup portĂ© Ă  la crĂ©dibilitĂ© des mĂ©dias.

Ici mĂŞme, nous avons reçu des dizaines de messages d’indignation, de correspondants Ă©voquant leur Ă©coeurement, et rĂ©clamant des excuses de la part des mĂ©dias. « Quelle honte ! », « je suis rĂ©vulsĂ© par le travail des journalistes sur cette affaire », « j’ai du mal Ă  trouver mes mots », « vous [copie d’un message envoyĂ© Ă  L’HumanitĂ©] ĂŞtes vraiment descendu au niveau zĂ©ro non seulement du journalisme mais de l’Ă©thique sociale Ă©lĂ©mentaire et de la bĂŞtise... », « notre jeunesse en a assez de ces provocations gratuites contre une population fragile. C’est toujours les arabes, les noirs, les banlieues, les musulmans qui sont visĂ©s et taxĂ©s d’antisĂ©mites », etc.

Dans LibĂ©ration, le chroniqueur Pierre Marcelle stigmatisait, le mardi 13 juillet, cette « irresponsable gouvernance », estimant qu’il « devient lĂ©gitime et nĂ©cessaire de s’interroger sur certaine propension des plus hautes autoritĂ©s (les ministres Raffarin, Perben, Villepin, et le chef de l’Etat Chirac lui-mĂŞme) Ă  rĂ©agir avec une hâte irresponsable au point d’en devenir criminelle, en ce qu’elle exacerbe les peurs communautaires ».

Les mĂ©dias (et LibĂ©ration) seraient donc exempts d’une telle interrogation ?

Aussi prompts Ă  transformer en spectacle leurs autocritiques gĂ©nĂ©ralement sans consĂ©quences, qu’Ă  accrĂ©diter, si l’Ă©motion l’exige, les versions non vĂ©rifiĂ©es des faits divers, fussent-ils les plus graves, nombre de responsables Ă©ditoriaux font leur mea culpa... en commençant par se dĂ©fausser sur « une sociĂ©tĂ© malade » (L’HumanitĂ©), ou sur « les plus hautes instances de l’Etat » (Le Monde, LibĂ©ration, France 2)...

Prenant dĂ©libĂ©rĂ©ment le temps, nĂ©cessaire, de la rĂ©flexion et de l’analyse, Acrimed publiera prochainement un dossier sur cette affaire « catastrophique pour la crĂ©dibilitĂ© des mĂ©dias », comme le note le chroniqueur Daniel Schneidermann (LibĂ©ration, 16.07.2004).

Notre association

Acrimed, observatoire des médias

Acrimed (Action-Critique-Médias) est une association d'intérêt général à but non lucratif, fondée en 1996. Observatoire des médias né du mouvement social de 1995, Acrimed cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d'une critique indépendante, radicale et intransigeante.

Qui sommes-nous ?

Pour qu'un autre monde soit possible, d'autres mĂ©dias sont nĂ©cessaires !

Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l'association.