Les médias et les quartiers populaires
... Stigmatisations, dissimulations.
Vus à travers le prisme des médias dominants, les quartiers populaires et leurs habitants subissent bien des déformations. Dissimulation et stigmatisation sont leur lot quotidien. Quand ces habitants ne sont pas tout simplement invisibles et privés d’accès à la parole publique, ils sont caricaturés avec désinvolture et souvent mépris. C’est à peine s’ils sont invités à témoigner de leur misère sociale (et de quelques réussites données pour exemplaires…). A de trop rares exceptions près, la contribution médiatique à la diffusion de l’équation aux relents xénophobes entre « banlieue », « immigration » et « délinquance » en est la manifestation la plus flagrante de la stigmatisation. Mais la diffusion de stéréotypes ou d’euphémismes, qu’il s’agisse de notions ou de représentations (des « quartiers sensibles » à la présentation abusivement homogène de la « banlieue ») doit aussi être prise en compte. Les révoltes de 2005 ont révélé les biais ordinaires d’un traitement médiatique centré sur les manifestations spectaculaires, aux dépens d’une mise en perspective des causes profondes, et d’un sens critique plus que retenu à l’égard de leur gestion gouvernementale. L’insistance du discours médiatique à diffuser une vision strictement territoriale, centrée sur les « quartiers », les « cités » et autres « violences urbaines », participe subrepticement d’une dépolitisation de la question sociale. En dépit de leur diversité, la plupart des médias diffusent une représentation tellement partielle et partiale des quartiers et des classes populaires que celle-ci renforce, en les justifiant ou en les banalisant, les formes d’injustice ou de discrimination dont elles sont par ailleurs l’objet.
Nos articles
Racisme médiatique (2)
Racisme médiatique (1)
Sur BFM-TV (et ailleurs).
Violences médiatiques.
BFM-TV/RMC, 6 juillet 2023.
Entre injonctions et prescriptions, un journalisme de maintien de l’ordre.
Désinformation à heure de grande écoute.
Opération de maintien de l’ordre sur les chaînes d’info.
Journalisme de préfecture au beau fixe.
Un monument de journalisme de préfecture par l’AFP.
Quand l’information fait les frais de l’intimité des relations entre institution policière et journalistes spécialisés.
Entre sous-information et désinformation.
Parler pour ne rien dire, mais parler de l’Islam.
Petit florilège des stéréotypes sur les quartiers populaires et de leurs habitants.
Médias et quartiers populaires (suite).
10 ans après.
Une marginalisation des journalistes de la question sociale au profit des « faits diversiers ».
Un entretien avec l’historienne Ingrid Hayes.
Pourquoi les classes populaires se tournent-elles plus volontiers vers Le Parisien, TF1 ou encore RTL plutôt que vers L’Humanité, Arte ou CQFD ?
Article introductif du dossier du numéro 15 de notre trimestriel Médiacritique(s)
Ou comment l’émission « Zone interdite » de M6 raconte la vie dans les quartiers populaires.
« Des récits remplis de faussetés, de petites et grandes injustices »
Ce que le procès contre France 2 a révélé.
Ils ripostent à un reportage stigmatisant diffusé par « Envoyé Spécial », intitulé « La Villeneuve, le rêve brisé ».
Le plus court chemin vers une réalité préconçue.
Les idées préconçues d’une journaliste, corroborées par les convictions d’un ministre.
« Ethnographie de la production d’un lieu commun journalistique ».
Ils lancent une pétition et laissent des commentaires cinglants sur le site de l’émission.
Face à l’ostracisme qui les bannit généralement des émissions culturelles de large audience, les rappeurs indépendants portent une critique virulente des médias.
« Vite ! On est pressés » : plutôt s’en remettre à des sources policières et à ses préjugés que de se taire.