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Médias et élections européennes (mag électronique n°188)

par Acrimed,




SOMMAIRE

1. Élections européennes : les médias font leurs choix
2. Sur la boutique en ligne d’Acrimed
3. Sur le site d’Acrimed
4. Sur d’autres sites

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C’est devenu une habitude : les médias s’arrogent le droit de sélectionner les candidats qui peuvent ou non s’exprimer lors des campagnes électorales. La décision de CNews de ne pas inviter La France insoumise à son débat du 10 avril en est un nouvel exemple.

Autre épisode récent : initialement écarté du débat organisé par France 2, Benoît Hamon s’en est ému lors d’une émission sur la chaîne publique... provoquant l’agacement de la présentatrice qui a considéré que son émission était « prise en otage » (voir notre article à ce sujet) [1].

Nous n’avons pas manqué d’observer ce premier débat télévisé, une véritable « mascarade médiatique ». Avec au programme obsessions migratoires et dispositifs dépolitisants... Merci le service public !

Le Rassemblement national a quant à lui le vent en poupe dans les médias. Au prétexte de sondages avantageux (même à plusieurs mois du scrutin), Marine Le Pen est particulièrement à la fête : BFM-TV, LCI et France 2 lui dédient des « soirées spéciales », tandis que le RN est présent au moins deux fois par jour sur les chaînes d’info (voir notre article à ce sujet).

Pendant ce temps, le « Macron show » a vu le président se multiplier sur tous les écrans au nom d’un grand débat qui s’est surtout avéré... un grand monologue. L’occasion de co-constuire, avec les médias dominants, la dramaturgie d’une élection européenne qui opposerait Emmanuel Macron à Marine Le Pen. Un « match » entre « populistes » et « progressistes »... qui évacue toute autre alternative politique.

Pour un retour approfondi sur les travers de la couverture médiatique des élections (en particulier des élections présidentielles de 2002 à 2017), nous avons récemment publié un livre, « Au nom de la démocratie, votez bien ! ». Il est disponible en librairie... et est en vente sur notre boutique !



Du nouveau sur notre boutique en ligne : il est possible, désormais, de faire un don ou d’adhérer à l’association par prélèvement automatique. Vous choisissez le montant et la périodicité (chaque mois ou chaque année).

Bien sûr, il vous est toujours possible de régler par les moyens habituels (carte bancaire, Paypal, virement) sur notre boutique en ligne ou de nous envoyer un chèque avec le bulletin ci-joint.

Merci à celles et ceux qui contribuent à la pérennité de notre association, votre soutien nous est indispensable ! Dons et cotisations ouvrent droit à déduction fiscale.

À noter aussi que le Médiacritique(s) n°30, consacré au traitement médiatique du mouvement des gilets jaunes, est presque épuisé. Si vous souhaitez le tenir en main, dépêchez-vous de le commander !



- Violences policières : l’ONU dans le viseur des éditocrates (03/04) – Les droits de l’homme, c’est bon pour les autres.

- Antisémitisme : les gilets jaunes convoqués devant le tribunal médiatique (02/04) – Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

- Le 2 avril, Mardi de l’urgence sociale dans les médias (01/04) – Rassemblement à 10h devant le ministère de la Culture, à l’appel du SNJ-CGT.

- Critiquer les médias dans les médias : « pluralisme » ou « prise d’otage » ? (01/04) – Dans « Les 4 Vérités » sur France 2, Benoît Hamon aurait dû « en parler avant » à Caroline Roux.

- « Un fiché S d’ultragauche qui transportait des grenades » : Le Point fait dans le sensationnalisme (27/03) – Une fake-news du « Point ».

- Acte XVIII : Surenchère sécuritaire et pluralisme en berne dans les grands médias (27/03) – Apologie monocorde de l’autorité et de l’ordre social.

- Médias et violences policières : aux sources du « journalisme de préfecture » (25/03) – Quand journalisme rime avec maintien de l’ordre social.


Dans notre agenda : lundi 8 avril se tiendra à la Bourse du travail de Paris notre Lundi d’Acrimed sur les médias au prisme de l’immigration, avec le sociologue des médias Rodney Benson. Entrée libre !


- Laurent Delahousse donne une leçon de journalisme à François Hollande (Télérama.fr, 01/04) - « "Est-ce qu’à un moment donné on peut pas se poser la question de savoir si les Français se disent : voilà, on a un ancien président de la République qui a travaillé avec le nouveau, est-ce que ces deux hommes, vous ne débattez pas, on peut le comprendre mais peut-être qu’un jour ce débat aura lieu en temps voulu, euh…, on a du mal à imaginer que vous ne vous parliez pas, que finalement plutôt que d’un livre, plutôt que d’attaques, vous ne soyez pas dans une quête finalement d’unité nationale." Et donc… Quelle est la question ? »

- « Secrets d’histoire » : « Avec le Bingo Bern, on pointe la paresse et la subjectivité de l’émission », explique un professeur d’histoire (20 Minutes, 22/03) - « Il y a deux types de cases. Les grands classiques du programme, les choses qui reviennent toujours. Ça peut être du sexisme, un commentaire genré par exemple sur une reine forcément machiavélique. Il y a aussi les nombreux anachronismes. Mais on écrit aussi des cases spécifiques au thème à chaque émission. On essaye de deviner dans quel piège ils vont tomber. On tape souvent juste parce qu’on connaît bien les mythes colportés sur chaque période. »

- Geneviève Legay a-t-elle manqué de “sagesse” ? Le débat fait rage (Télérama.fr, 27/03) - « Par bonheur, "le procureur nous a donné des précisions" : "Elle n’a pas été touchée par les forces de sécurité, dit-il. On ne voit aucun contact direct. On ne voit aucun geste intentionnel." "Voilà, reprend Olivier Truchot, aucun geste intentionnel et a priori elle n’a pas été poussée par un gendarme." Si c’est le procureur qui le dit… » NDLR : le même procureur admettra quelques jours plus tard que Geneviève Legay est bien tombée sous l’effet de la charge policière...

- Usul. Les faits divers ont divers effets (YouTube, 25/03) - « Comment rapporter les drames, les accidents, les chiens écrasés et les cambriolages ? Doit-on seulement en parler ? On peut légitimement interroger la place du fait divers dans la hiérarchie de l’information et partir du principe que des faits isolés valent bien moins que des chiffres, des tendances lourdes ou même que la dernière petite phrase d’Emmanuel Macron. Mais il se pourrait que ce genre journalistique puisse être plus parlant que bien d’autres pour comprendre les sociétés dans lesquelles nous évoluons. »

 

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Notes

[1À la suite d’une décision de justice, la chaîne publique a finalement été contrainte d’inviter toutes les listes... sauf celle de Lutte ouvrière. Cette décision de justice a par ailleurs été remise en cause par le Conseil d’État.

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