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Après Le Canard, l’Obs rend hommage à Acrimed

L’ " enquête " du Nouvel Observateur (30/10) sur " la face cachée du journalisme " était d’une telle indigence [1] que les lecteurs ne s’y sont pas trompés. Jean-Marcel Bouguereau, responsable de la page " Courrier " de l’hebdomadaire (20/11), parle d’une " volée de bois vert " [2].

Dans cette page coordonnée par un ancien responsable de Libération, Le Nouvel Obs publie une lettre de la " société des journalistes de Libération " [3]
qui égrène des rectificatifs aux allégations publiées par l’hebdo le 30 octobre au sujet du quotidien de la rue Béranger.
Erreur de dates, approximations… Les journalistes de Libé ont la dent dure. Leurs précisions montrent que l’enquête de l’Obs souffre de sérieux manquements en matière de recoupement et de vérification, ou, au pire, que la présentation partielle et partiale de faits plus ou moins avérés procède d’une volonté délibérée...
D’ailleurs, en réponse, l’Obs présente ses excuses pour une erreur factuelle " patente " et, pour le reste, reconnaît qu’ " on peut certes critiquer la concision de la formulation et l’absence de compléments d’information "

Cette lettre de l’association des journalistes de Libé est titrée (par l’Obs) " Réponse de Libération ", comme si l’auteur était la direction du journal…

Soit. Il est ainsi démontré que, par ses errements, le Nouvel Observateur alimente lui-même le dossier des pratiques journalistiques.

Plus amusante, dans cette page " Courrier " du 20 novembre, la façon dont l’Obs tente de s’expliquer sur le fait d’avoir, le 30 octobre, recopié copieusement un article paru dans ses colonnes le 1er juillet 1999 (lire, sur l’article de 1999, Le Nouvel Observateur mène l’enquête), " autoplagiat " signalé par Acrimed dès le lendemain de la parution de l’" enquête " de l’Obs (Le Nouvel Observateur et les journalistes : (1) informer pour désinformer)… et auquel Le Canard enchaîné donnait une certaine audience le mercredi suivant, 5 novembre (Le Canard confirme : Le Nouvel Obs pris en " flagrant délit d’autoplagiat ").

Jean-Marcel Bouguereau donne la parole au journaliste mis en cause, Airy Routier, qui tente de justifier ses méthodes de travail...

Mais, auparavant, Bouguereau écrit :

" Une autre critique est venue du Canard enchaîné qui, dans un article titré "le Nouvel Observateur recycle ses vieux papiers" (mais repris, sans le citer, d’un site consacré à la critique des médias), a accusé notre journal d’avoir, dans ce dossier, reproduit des passages d’un ancien article intitulé "Ces grands patrons qui tiennent les médias". "

Obligé de reconnaître le " recyclage " par l’Obs de ses propres papiers, largement médiatisé par Le Canard, Bouguereau ne peut pas s’empêcher de prendre en faute le volatile du mercredi, qui a " repris, sans le citer " des informations " d’un site consacré à la critique des médias ". Petit règlement de comptes entre amis de la place médiatique parisienne…

Mais le journaliste de l’Obs se garde bien de publier le nom de ce " site consacré à la critique des médias ".

Le Nouvel Observateur ne cite pas Acrimed quand il relève que Le Canard enchaîné ne cite pas Acrimed en reprenant et développant les informations d’Acrimed sur l’ " autoplagiat " du Nouvel Observateur

Bienvenue dans la cour de récréation de la presse parisienne...

Il serait sans doute gênant que les lecteurs du Nouvel Obs s’avisent de consulter ce fameux (et mystérieux) site… Par exemple, ses articles consacrés au Nouvel Observateur...

(... Voir notre rubrique, et le lien " Le Nouvel Observateur " dans l’encadré " Thèmes associés " en haut à gauche de cette page.)


(Actualisation du 6 décembre 2003.)

Le Nouvel Observateur du 4 décembre 2003 publie le texte suivant, en bas de la page du courrier des lecteurs, sous la chronique de Jean-Marcel Bouguereau :

" Les lecteurs de la presse disposent d’un "droit de réponse" dont l’usage est, pour le moins, régulièrement contourné ou détourné, nous écrit Henri Maler, au nom de l’association Action-Critique-Médias. Qu’adviendrait-il s’ils disposaient d’un "droit de précision" ? Peut-être vous conduirait-t-il à informer vos lecteurs, même avec sobriété. Par exemple ainsi : "Le site consacré à la critique des médias, mentionné dans notre chronique du 20 novembre 2003 est celui de l’association Acrimed : www.acrimed.org. " Voilà qui est fait... "

 

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