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Le Parisien contre Messier : une fiction à charge

Jean-Marie Messier a peut-être ruiné les petits actionnaires mais il n’a pas fini d’enrichir l’édition française et les métiers de communication. Illustration avec l’ouvrage de Jean-René Visavu, auteur mystérieux de Dernier séminaire à Deauville, nouvel avatar en date du " ressort médiatique " [1].

Dernier séminaire à Deauville, chez Albin Michel (groupe Lagardère, cela va sans dire) n’est pas seulement une fiction de plus destinée à tailler un costard à Jean-Messier. Son principal intérêt réside dans son "concept marketing". L’auteur qui se camoufle sous le pseudonyme de Jean-René Visavu (le prénom de Fourtou, et un patronyme proche de Vizzavi le fiasco emblématique de J2M) est vraisemblablement un ancien cadre sup’ déchu de Vivendi Universal [2].

Le Figaro, jouant les caisses de résonance, tente de donner le change avec un article amusé et anecdotique (« Le mystérieux Jean-René Visavu », 13 janvier 2003).

Le cas du Parisien, parce qu’il ne doit a priori rien à Lagardère, permet de s’interroger autant sur l’opiniâtreté du service de presse d’Albin Michel que sur les procédés du quotidien, chantre du coup médiatique. En effet, le lecteur du quotidien, a fortiori s’il est un petit actionnaire lésé, est sollicité d’une bien étange façon.

Dans la rubrique « Votre Economie », parade le 17 janvier un titre sensationnel ("Pouvoir, argent, influence… Messier voulait tout !".) Par cette mise en scène, est produit un nouveau "scoop", non pas strictement éditorial, mais de ceux que Le Parisien, qui se place régulièrement du côté des petits actionnaires ruinés par VU, brandit à chaque développement de l’affaire Messier. Une fiction devient une information, et sa recension émigre de la rubrique "Culture" (à la rigueur...) à la rubrique "Economie".

Car c’est bien du livre de Visavu qu’il est ici question : Visavu qui a accepté « par écrit et en exclusivité, le principe de l’ entretien et dont la crainte est d’être démasqué ». Un "scoop" et un héros, donc...

Mieux : Le Parisien qualifie dans son chapeau de « confession » ce qui n’est qu’une banale interview de l’auteur.

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