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En bref

Quand Paris Match roule pour le RN

par Maxime Friot,

On le sait, Paris Match est coutumier des portraits « intimes » de responsables politiques, tout en complaisance et en dépolitisation. Des égards qui s’apparentent à des opérations de com, comme récemment à l’occasion de la « sortie pizza » de Brigitte et Emmanuel Macron. Et qui consacrent aussi, « dédiabolisation » oblige, les dirigeants du Rassemblement national (RN). Exemple en 2018, quand la « chef adjoint du service politique de Paris Match » Virginie Le Guay évoquait les chats de Marine Le Pen. Ou, plus récemment, quand elle dresse, dans un portrait daté du 7 août, les mœurs gastronomiques du « bon vivant [et] fin gourmet » Jordan Bardella.

Ce n’est, finalement, qu’une expression parmi d’autres de la coproduction lepéno-médiatique d’un RN « dédiabolisé ». Mais quelle expression… En l’espèce : un angle « art de vivre » offert sur un plateau au député européen RN. En entrée :

Risotto, osso-buco, spaghettis carbonara, tiramisu… Jordan Bardella connaît « ses » recettes sur le bout des doigts. Cuisiner est un de ses passe-temps favoris, et le jeune député européen du Rassemblement national peut rester trois heures s’il le faut devant ses fourneaux, afin de concocter un repas « digne de ce nom » à ses parents ou à sa « bien-aimée » Nolwenn, fine cuisinière elle aussi.

Puis le plat :

Pendant les deux mois de confinement, qu’il a passés seul, à son grand désespoir, dans son domicile des Hauts-deSeine [sic], le deuxième vice-président du parti lepéniste, qui aura 25 ans en septembre, s’est passionné pour les posts sur Instagram de Simone Zanoni, qui officie au George – une étoile au Guide Michelin –, un des restaurants de l’hôtel Four Seasons George V à Paris.

Et pour conclure (on vous épargne le fromage), un petit dessert :

La cuisine – et les breuvages qui l’accompagnent – est pour Jordan Bardella un moment de grande convivialité. Avec ses amis (comme David Rachline, le maire RN de Fréjus), il fait régulièrement la tournée des caves afin de dénicher le « petit vin parfait » qui s’accordera à leur repas. Il a récemment visité les vignobles de Châteauneuf-du-Pape, dans le Vaucluse, et voue un véritable culte à ce nectar aux treize cépages qu’il marie en général à un petit pecorino au poivre ou à la truffe. Bon vivant, fin gourmet (« Je ne résiste pas aux pâtes all’amatriciana »), il avoue ne pas avoir de problème de ligne pour le moment. « Il paraît que le corps se dérègle à partir de 30 ans, je serai vigilant. Pas question de devenir gros ! » jure ce grand sportif qui, dès qu’il le peut, chausse ses baskets pour s’en aller courir le long des rues ou des sentiers lorsqu’il est en vacances.

Une nouvelle démonstration, s’il en fallait, que Paris Match ne lésine pas sur la brosse à reluire – même avec l’extrême-droite.


Maxime Friot

 

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