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Attac dans la presse pensive et pensante (2)

Quand Libération s’inquiète (aussi) pour le réalisme de gauche

par Henri Maler,

L’Assemblée Génerale d’Attac (La Rochelle, 30 novembre-1 décembre 2002) a mérité toute l’attention de Libération qui lui a consacré, le lundi 2 décembre, deux articles et, indirectement un article et une partie de l’inévitable éditorial de Gérard Dupuy. Attac inquiète...

Le premier article - " Attac durcit le ton et cogne sur la droite du PS ", par Thomas Lebègue, " envoyé spécial " - ne rend compte de l’Assemblée Générale - que sous l’angle des rapports entre Attac et le Parti Socialiste.

Le deuxième article - " Jacques Nikonoff, un énarque président " par Thomas Lebègue, " envoyé spécial ", est un portrait du nouveau président d’Attac, dont le titre suggère un subtil ( ?) sous-entendu, que corrige partiellement cette affirmation : " Ouvrier soudeur devenu expert financier, énarque et communiste, Nikonoff assume tranquillement ses paradoxes. Car ce profil atypique répond aux attentes des altermondialistes. "

Un troisième article - " La radicalité, nouvelle frontière à gauche ", par Renaud Dely, indique dans son surtitre ce qui le justifie : " Ce week-end, antimondialistes, socialistes et écologistes ont durci leurs positions et creusé leurs divisions. " La première phrase dit assez l’inquiétude du journaliste : " Il est une idée qui fait son chemin : si la gauche a perdu, c’est qu’elle n’était pas assez à gauche. Il suffirait donc d’une vigoureuse réorientation dans cette direction pour qu’elle retrouve des couleurs. Ce réflexe d’après-défaite est relancé par les mécaniques enclenchées chez les partenaires de la défunte gauche plurielle. Obnubilés par leurs échéances internes, qui se traduiront par une litanie de congrès (dans quinze jours à Nantes pour les Verts, en avril 2003 pour le PCF et en mai pour le PS), tous versent dans le nombrilisme pour redéfinir leur identité. Et lorgnent, à des degrés divers, vers un retour aux sources en guise de rénovation. "

Et une fois de plus, c’est le PS et les rapports avec le PS qui sont au centre de l’article. Ce qui nous vaut quelques paragraphes plus loin une analyse du " suivisme " du PS qui, entre autres, " a conduit les hiérarques du PS à aller faire de l’oeil, début novembre à Florence, aux mouvements antimondialisation. Ceux-ci ne sont pas dupes de conversions qu’ils jugent aussi tardives qu’opportunistes. " En effet...

Vient alors cette évaluation : " En témoignent les débats d’Attac et l’adoubement de Jacques Nikonoff (lire page 4) qui a quasiment renvoyé dos à dos droite et gauche ce week-end. "

Quasiment...

A Gérard Dupuy donc de tirer la leçon et de dire explicitement ce que les autres articles laissent entendre. Cet éditorial s’intitule - sobrement - " Boussole " et on peut lire ceci :

" Tous en choeur, à gauche toute ! Le recadrage gauchisant défendu pour le PS par Emmanuelli n’est qu’un exemple du tropisme centrifuge qui saisit les formations de la défunte gauche plurielle. Il a frappé au PCF avec l’éviction de Hue par Buffet, il pointe son nez chez les Verts avec Lipietz et il touche même Attac, où le nouveau secrétaire s’intronise par un discours de politique intérieure de vieux croyant communiste. (...) "

On remarquera l’élégance polémique de tous les termes choisis. Un finaud ce Dupuy... qui continue ainsi sa quête d’une boussole :

" Après vingt ans de pragmatisme à contrecoeur, n’est-il pas naturel de s’offrir un peu de romantisme ? Et, à défaut de meilleure boussole, sur quoi d’autre régler ses pas que sur ce retour de balancier que beaucoup interprètent comme un retour au bercail ? "

Les critiques du PS ? ... simple " romantisme ". A comparer avec la dénonciaton de la " fuite romantique dans les nuages " qui scandalise tant Claude Imbert dans Le Point.

Et Gérard Dupuy de déplorer tristement :

" Pendant que la gauche de gouvernement s’épuisait à la tâche à grand renfort d’esprit de sérieux, l’extrême gauche assurait le spectacle grâce aux divers mouvements revendicatifs qu’elle innervait et impulsait. La gauche qui se voulait responsable s’est trouvée prise en tenaille entre cette agitation, vivace et minoritaire, et la surenchère sécuritaire. (...)

L’imaginaire réformiste a été squatté par des antiréformistes patentés, tandis que les réformistes sincères mais ligotés ne trouvaient rien à leur opposer. (...) "

On se borne à souligner, en attendant le prochain éditorial.

 

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