Mercredi 7 janvier 2026, 20h de TF1, Sarah Knafo est interviewée par Gilles Bouleau. Le « moment » télévisuel, étrangement flottant, « ne semble avoir aucun autre but que de dérouler le tapis rouge à l’eurodéputée d’extrême droite et avoir l’exclusivité de l’annonce de sa candidature » à l’élection municipale de Paris, comme le remarque Arrêt sur images (10/01). La séquence médiatique ne fait alors que commencer.
Si Gala dégaine très vite (« Sarah Knafo fait une grande annonce, son compagnon Éric Zemmour aux anges : "En avant !" », 8/01), tous les registres du journalisme politique sont mobilisés : portrait (Le Point, 14/01), couverture de son premier meeting (Marianne, Mediapart, 13/01), entretien (Le Figaro, 18/01), sondages (Le Parisien, 25/01)... Sans oublier, évidemment, les entretiens : Sarah Knafo fait donc le tour des plateaux et des micros : France Inter le 12 janvier, RTL le 16, les « Grandes gueules » de RMC le 23, Franceinfo le 28… On retrouve aussi Sarah Knafo en Une de Valeurs actuelles (26/01)… et comme tête de gondole des « 200 qui feront la France de demain » d’après Le Figaro magazine (16/01).

Sarah Knafo est encore « tata flingueuse » aux côtés des candidates Rachida Dati (LR) et Sophia Chikirou (LFI), en couverture de Marianne (22/01) :

La complaisance n’est pas toujours de mise, il faut bien le dire, mais de toute évidence la candidature de Knafo « fait l’actu ». « Votre réaction à ce qu’a proposé Sarah Knafo ? » demande par exemple Sonia Mabrouk au candidat PS Emmanuel Grégoire. Ou encore : « Comment vous qualifiez le positionnement politique de Mme Sarah Knafo ? » (CNews, 26/01) « Êtes-vous d’extrême droite, Sarah Knafo ? » demandait déjà un Thomas Sotto faussement ingénu quelques jours plus tôt (RTL, 16/01). La réponse sera placardée en vignette, dans un exercice incontestable de banalisation/promotion de l’extrême droite.
Et pendant ce temps, au Point (22/01), on disserte tranquillement sur « le jaune Knafo » (22/01) :
La numéro 2 du parti Reconquête ! arbore de manière quasi-systématique du jaune depuis qu’elle s’est déclaré candidate à la mairie de Paris. Ce jaune se décline en plusieurs pièces : un long manteau droit pour ses rencontres avec les Parisiens, une robe chemise ajustée sur son affiche de campagne, ou encore une ample tunique portée lors d’une récente visite au Grand Palais. Sur son site de campagne, la souverainiste et libérale Knafo vend même des écharpes… jaunes ! […] Du jaune, couleur maîtresse de sa garde-robe ? Ce choix est curieux en termes de stratégie politique. […] Ce pari du jaune s’avère toutefois risqué. Toujours en France, et plus largement en Occident, cette couleur est associée à des symboliques négatives.
Quelques jours plus tard, c’est Le Parisien qui embraye : « Le "jaune Knafo" est-il un atout dans sa campagne pour les municipales à Paris ? » (28/01) Et de développer : « La candidate de Reconquête à la mairie de Paris a fait de son manteau couleur soleil sa signature visuelle. Cette stratégie marketing séduit les militants de Sarah Knafo et attire les passants, dans une palette chromatique politique française déjà saturée d’autres couleurs. »
Et la campagne officielle n’a pas encore commencé…
Maxime Friot



