" L’ongriie du txtee ne puet ĂŞtre fĂ©xie prĂ©cisĂ©mnet. Psieuurls seits ont tarquĂ© en vian l’atueur de cette transoformatin. Queeqlus-uns snot roemntĂ©s jusqu’Ă un corurier des letcuers pulbiĂ© en mai 1999 par l’ hebdadoimare New scientist, oĂą un ainecn thĂ©srad rocante aovir trlaavilĂ© sur le sejut. "
Le 30 septembre 2003, le lecteur du Monde dĂ©couvre dans l’Ă©dition datĂ©e 1er octobre un article qui contient un peu plus de fautes d’orthographe que d’habitude. La nĂ©gligence habituelle a-t-elle, en ces temps mouvementĂ©s pour la direction du journal, pris des proportions inĂ©dites ?
Que nenni. Il s’agit d’Ă©voquer " un court texte (circulant sur Internet) qui affirme que l’ordre des lettres dans un mot n’est pas dĂ©terminant pour sa comprĂ©hension dès lors que la première et la dernière lettres sont conservĂ©es ". L’auteur a eu l’idĂ©e gĂ©niale de suivre la recommandation et donc d’Ă©crire l’essentiel du texte (hormis les premières et dernières phrases) en s’astreignant Ă charcuter volontairement la langue. Et la chose est parue avec l’assentiment de la rĂ©daction en chef et de la direction de la rĂ©daction.
Dans une page entière consacrĂ©e Ă la " prĂ©vention de l’illettrisme ", voici sans nul doute une audacieuse initiative contre les tenants du " traditionalisme ".
Pendant ce temps, la direction du Monde poursuit une procĂ©dure de licenciement Ă l’encontre de Daniel Schneidermann, s’appuyant sur un article de la Convention collective des journalistes qui prĂ©voit « le droit pour les journalistes d’avoir leur libertĂ© d’opinion », Ă condition que « l’expression publique de cette opinion ne (porte) en aucun cas (...) atteinte aux intĂ©rĂŞts de l’entreprise de presse dans laquelle ils travaillent » (lire Daniel Schneidermann licenciĂ© par Le Monde ?).
Il ne fait pas de doute que la parution de la bouillie intitulĂ©e "Le creaveu hmauin lit le mot cmome un tuot" porte atteinte aux intĂ©rĂŞts d’un titre qui s’autoproclame " quotidien de rĂ©fĂ©rence ". Et que des sanctions vont suivre...