💰 Dégageons les capitalistes des médias : signez notre pétition !
‹ Retour à l'accueil

France Culture et Miguel Benasayag : fin de partie ?

Au flot des protestations contre l’Ă©viction de Miguel Benasayag, Laure Adler opposa des rĂ©ponses dilatoires. A l’antenne, la censure fut censurĂ©e. Et comme Geneviève Fraisse prit la succession, tout rentra dans l’ordre, du moins on l’espĂ©ra. C’est pourtant cet ordre lui-mĂŞme qu’il faut mettre en question.


Réponses dilatoires

Aux auditeurs, sans doute nombreux, qui ont protestĂ© contre l’Ă©viction de Benasayag, Laure Adler Ă  fait envoyer cette lettre-type.

« Chère Auditrice,
Cher Auditeur,
Je vous remercie de votre mail. J’ai bien pris note de votre Ă©motion lĂ©gitime Ă  imaginer qu’une chronique quotidienne de mise en perspective de l’actualitĂ© tant sur le plan culturel qu’intellectuel ne continuerait pas sur France Culture dans cette tranche de programme.
Je tiens Ă  vous rassurer et vous dire qu’une personnalitĂ© connue pour son engagement citoyen et son attachement aux diffĂ©rentes valeurs qui nous fondent, viendra chaque jour s’exprimer dans cette Ă©mission. J’espère et je crois qu’elle saura nous apporter un point de vue argumentĂ©, indĂ©pendant et riche de mise en perspective et de dĂ©cryptage de l’actualitĂ©.
J’ai par ailleurs proposĂ© Ă  Miguel Benasayag de continuer Ă  travailler Ă  France Culture sous une autre forme.
Bien Ă  vous,
Laure Adler
 ».

Une petite merveille. Vous protestez contre une Ă©viction ? On vous rĂ©pond sur une prĂ©tendue « Ă©motion lĂ©gitime Ă  imaginer » que la chronique disparaĂ®trait avec le chroniqueur. Avant de vous « rassurer  », chers enfants craintifs que vous ĂŞtes : « une personnalitĂ© connue pour son engagement citoyen et son attachement aux diffĂ©rentes valeurs qui nous fondent, viendra chaque jour s’exprimer [...] ». Qu’en termes Ă©lĂ©gants, ces choses-lĂ  sont dites : « l’engagement citoyen » et les « diffĂ©rentes valeurs qui nous fondent », voilĂ  qui est net et prĂ©cis.

Censures de la censure

– Comme nous l’Ă©crit un correspondant, trois jours après l’Ă©viction de Miguel Benasayag, seule la voix de VĂ©ronique Nahoum Grappe « salue un virĂ© ». Elle le fait ainsi :

« Les voix rĂ©sistantes sont rares ... Je ne sais pas pourquoi, je pense ici tout Ă  coup Ă  mon collègue Miguel Benasayag dont toute la vie dĂ©montre le courage, la solitude et la ... le... l’espèce de force quand il s’exprime, fondĂ©e sur une.. sur .. cette ... cette espèce de ... de rĂ©sistance tellement rare Ă  notre Ă©poque ... voilĂ . »

Un blanc, très court, puis le message du maĂ®tre explicateur, Nicolas Demorand :

« Un mot Ă  l’attention des auditeurs qui se sont Ă©tonnĂ©s par mail de ne plus trouver Miguel Benassayag dans l’Ă©mission, qu’ils se rassurent, dès Lundi 8h 35, nous aurons la joie d’accueillir dans l’Ă©quipe un autre chroniqueur pour donner un nouveau souffle Ă  ce courant de pensĂ©e. »

– Pierre Marcelle, dans LibĂ©ration datĂ© du 30 mars 2004, relève - sous le titre « Cave Canem » - ceci :

« [...] au huitième jour après que Miguel Benasayag a Ă©tĂ© virĂ© par Laure Adler, la censure du chroniqueur est toujours censurĂ©e. La station que dirige Mme Adler a communiquĂ© vendredi que « Geneviève Fraisse rejoint Ă  partir du lundi 29 mars l’Ă©quipe des chroniqueurs des Matins de France Culture de Nicolas Demorand », et cet Ă©noncĂ© est Ă©difiant de cynisme. A l’en croire, la philosophe et dĂ©putĂ©e europĂ©enne qui causera dĂ©sormais dans le poste en place de Benasayag ne le remplace pas  ; elle « rejoint l’Ă©quipe » dont l’usage spĂ©cieux de l’article dĂ©fini induit qu’elle n’a pas Ă©tĂ© amputĂ©e d’un de ses membres. [...] »

Quand vint le tour de Geneviève Fraisse

Et Geneviève Fraisse vint (et n’eut pas un mot sur son prĂ©dĂ©cesseur, comme celui-ci ne dit pas un mot du sien : Eric Dupin). Pas plus que Le Monde ne protesta quand Le Monde Diplomatique fut chassĂ© de l’antenne. Pas plus que Sylvain Bourmeau n’eut un mot quand, en 1999, son Ă©mission remplaça « Panorama » : de cette « guerre Ă  l’intelligence », il ne fut pas question... « Poussez-vous de lĂ  que je m’y mette, amis prĂ©caires de France Culture. » Autant de dĂ©cisions arbitraires dont on ne dit rien tant qu’on en est le bĂ©nĂ©ficiaire. Et l’orientation mondaine et chaotique imprimĂ©e Ă  France Culture par Laure Adler peut se poursuivre, avec la caution des coureurs de micros.

A suivre...

Notre association

Acrimed, observatoire des médias

Acrimed (Action-Critique-Médias) est une association d'intérêt général à but non lucratif, fondée en 1996. Observatoire des médias né du mouvement social de 1995, Acrimed cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d'une critique indépendante, radicale et intransigeante.

Qui sommes-nous ?

Pour qu'un autre monde soit possible, d'autres mĂ©dias sont nĂ©cessaires !

Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l'association.