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En bref

Violences policières : France 2 enquête…

par Jean Pérès,

Au cours du journal télévisé de 20 heures du dimanche 8 décembre, France 2 diffuse un reportage dédié aux conséquences des violences policières. L’occasion de documenter (enfin) la répression violente qui s’est abattue sur les dernières mobilisations sociales ? À voir…

Entendu lors du JT de 20 heures de France 2, dimanche 8 décembre :

- Voix off : M, manifestant [… ] blessé il y a dix jours, roué de coups de matraques et traîné à terre par la police… M a des blessures aux pieds et des plaies ouvertes, il faut nettoyer régulièrement pour éviter les infections.

- Une infirmière bénévole : On soigne toutes sortes de blessures dues aux gaz lacrymogènes, il y a des blessures par balles en caoutchouc, des brûlures diverses.

- Voix off : Sont soignés migraines et problèmes respiratoires des manifestants […] Nous l’appellerons Dim, il a 15 ans, il était en première ligne il y a 15 jours, dans une manifestation particulièrement violente. Il se remet lentement d’une blessure qui aurait pu lui être fatale ; une balle en caoutchouc de la police l’a touché là [image de la plaie] et vous voyez en blanc son crâne.

Sommes-nous dans un lieu de soins pour manifestants blessés au cours des diverses manifestations qui ont émaillé l’agenda social depuis plus d’un an, et qui furent copieusement et violemment réprimées par la police ? Le JT de la chaîne du service public a-t-il enfin enquêté sur les conséquences de cette violence ? Ou rêve-t-on ?

On rêve. Laurent Delahousse n’a pas « dérapé ». Il s’agit ici d’extraits (choisis) d’un reportage sur les soins apportés aux manifestants blessés au cours des manifestations de Hong Kong. Ces soins doivent être assurés clandestinement à cause du risque de représailles par les autorités.



Nous ne songeons pas à relativiser l’importance de la répression à Hong Kong, ni l’intérêt d’une enquête sur les difficultés qu’il y a, là-bas, à apporter des soins aux victimes des violences policières, bien au contraire. Mais on peut aussi s’alarmer du peu de curiosité suscité dans la télévision publique par les mêmes violences en France.

Ainsi de celles du 5 décembre, ayant une nouvelle fois touché manifestants et journalistes. Violences policières sur lesquelles France 2 fait l’impasse dans son 20h depuis quatre jours, préférant parler à sens unique des « échauffourées dans les cortèges » et des « éléments radicaux » (5/12). Violences policières qui ont été pourtant documentées, une nouvelle fois grâce aux journalistes et médias indépendants, comme le montre cet exemple filmé par le photoreporter NnoMan :


Violences policières qui ont pourtant été encore une fois vivement dénoncées par les syndicats de journalistes comme le SNJ ou le collectif des Reporters en colère, alors que ces derniers avancent un décompte de 24 journalistes blessés.


Jean Pérès

 

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