Sur X, le chroniqueur du Figaro et de CNews [1] Gilles-William Goldnadel tweete frénétiquement. Parmi ses cibles : l’ONU (« une déchèterie », 12/02) ou encore l’audiovisuel public : « Depuis deux ans je finance la désinformation d’Israël via la propagande du Hamas. Je finance la défense de l’immigration invasive. Je finance l’indulgence pour la France insoumise. Je finance la destruction de la France. Je finance ma faillite et mon suicide. » (23/01)
Mais avant tout, c’est la gauche, sous toutes ses formes, qui est visée : « L’extrême gauche est une lèpre » (21/02) ; « La Lèpre rouge d’aujourd’hui a remplacé la Peste noire d’hier. On l’éradique ou l’on crève » (22/01) ; « J’aurais préféré [que Marine Tondelier] soit intelligente plutôt que demeurée. Las, la vie ce n’est pas toujours ce qu’on désire… » (2/03) ; « Ce n’est pas juste que seul le gang antisémite [il parle de LFI] soit rangé à l’extrême droite [sic] : Ses vassaux socialistes et pseudo-écolos devraient également l’être illico » (9/02) ; Olivier Faure « laquais du Parti néo-naze et Antisémite » (25/02), etc.
Voici pour la toile de fond. L’objet de la détestation principale reste, c’est original, LFI : « J’accuse la France insoumise d’être un nid de cloportes antisémites et d’excréments » (12/01) ; « La France Insoumise est le cloaque qui compte le plus de repris de justice et d’antisémites au mètre carré » (17/01) ; « Plus rien venant du Parti Antisémite ne peut plus choquer : Déclarations racistes, commissions de délits, rencontres avec des terroristes. Une seule solution : L’exclusion et le cordon sanitaire étrangleur. Un seul mot langage [sic] à lui tenir : TA GUEULE ! » (30/01)
Ce à quoi il s’astreindra avec rigueur. À Carlos Bilongo : « Répétez après moi : Ta Gueule Bilongo ! » (2/01) ; à Danièle Obono : « Ta gueule la raciste » (25/01) ; à Antoine Léaument : « Mais ta gueule mon petit bonhomme » (1/02) ; à Manon Aubry : « Ta Gueule Aubry, ta sottise est sans limites » (6/02) ; à Mathilde Panot : « Ta gueule la Panot : Toute la France emmmmerde le Parti Antisémite et ton patron Mollachon ! » (1/03) Et bien sûr, à Jean-Luc Mélenchon, variantes comprises :
- Ta Gueule Mélenchon, tu as raison, LFI avec ses fichés S, ses racisés anti français, ses racistes anti juifs, ses dealers, des délinquants sexuels, n’est pas un parti d’extrême gauche. C’est un gang d’extrême gauche. (7/02)
- Ta Gueule Doriochon, on ne laissera pas faire ton fascisme rouge vert. Quant à son intelligence, aucun parti ne compte plus de demeurés au mètre carré. Delogu, Portes, Panot, Aubry, Bilongo zzzzz quand je veux m’endormir le soir, je compte tes demeurés zzz Soudais, Obono zzz (24/02)
- Ta gueule Mélenchon, patron du Parti Antisémite. (1/03)
- Ta gueule Mollachon, t’es le boss du Parti Antisémite qui attire les islamistes, les médiocres et les assistés. Tous ceux qui détestent viscéralement les français. […] Tu ne mérites aucun respect. Toi ou nous. (3/03)
- Ta gueule Mollachon, le féministe qui voile les femmes et qui défend les 0 cul TF [sic] et le Hamas qui les violent. (4/03)
- Ta gueule Mollachon l’antisémite. (7/03)
Ce n’est pas tout. Danièle Obono ? « Au sein du gang des Insoumis, la Obono coche toutes les cases : raciste antisémite et anti blanc » (8/02). Mathilde Panot ? « Poissonnière poisseuse du Parti Antisémite » (3/03). Jean-Luc Mélenchon ? « L’exacte réincarnation de Jacques Doriot » (2/03). LFI ? « L’ensemble du Parti Antisémite et Anti Français est un parti galeux » (20/01) ; « La France Insoumise pue » (27/02) ; bref « LFI [le] fait vomir » (24/02) – on avait compris.
Et de lancer l’alerte : si LFI « arrivait au pouvoir, la France deviendrait en peu de temps une dictature islamo-communiste. Ce ne serait plus la France ». Et d’avancer un programme : « Un cordon sanitaire étrangleur doit empêcher ce cauchemar de survenir. » (23/02) Il réitère, quelques jours plus tard : « L’ensemble de ce parti a contracté la gale, raison pourquoi il faut bâtir d’urgence autour de lui un cordon sanitaire étrangleur. » (3/03)
Au vu du registre mobilisé, on se dispensera de commenter et de qualifier – tout ceci nous semble assez éloquent. Permettons-nous une question cependant : la profession, parfois si prompte à s’indigner, compte-t-elle fermer les yeux encore longtemps ?


