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"Venezuela, la farce cachée du Monde" (Risal)

Le Réseau d’Information et de Solidarité avec l’Amérique Latine (RISAL) analyse la couverture médiatique du Venezuela par le quotidien français Le Monde. L’article du Monde en cause a été écrit le 11 septembre 2003 par Sylvie Kaufman : "Hugo Chávez ou l’anti-Lula". Extraits.

« Trois siècles et pas mal de poussière ont passé sur les opéras qui permettaient aux courtisans versaillais de fantasmer leurs « Indes galantes ». Mais combien de forêts faudra-t-il mettre en coupe avant que Le Monde cesse de projeter sur l’Amérique Latine ? On se souvient du cas extrême de Bertrand de la Grange, qui inventait des « charniers sandinistes » au fil de ses besoins idéologiques. A l’époque le processus sandiniste était présenté comme un « péril totalitaire ». Ronald Reagan avait fixé les termes de l’image de tout ce qui pouvait menacer la sécurité nationale des Etats-Unis.

Dix ans plus tard, Le Monde remonte la même opération (...)

Neutraliser l’opinion en vue de l’éviction de Chávez, c’est d’abord fabriquer une image. Chávez le populiste, l’autoritaire, a tort de s’accrocher à son mandat. Même élu démocratiquement, il doit partir pour le bien de son peuple et de la démocratie.

Au Monde, c’est Mme Sylvie Kaufmann qui ressasse la vulgate sans qu’on sache trop pourquoi. Est-ce son stage dans une fondation nord-américaine et ses papiers sur le jogging des jeunes entrepreneurs de Washington qui l’ont consacrée à ce poste ? Le 11 septembre 2003, deux ans après nous avoir expliqué que « nous sommes tous Américains » Le Monde publie sur la révolution bolivarienne un texte à méditer dans les écoles de journalisme. Il commence ainsi :

"Porteur d’un immense espoir lors de sa première élection en 1998, le président du Venezuela a finalement dilapidé son capital de confiance. Mais les grèves générales se succèdent sans parvenir à faire chuter celui qui parle beaucoup et agit peu."

Comment expliquer qu’un président présenté comme impopulaire et que combattent tous les médias commerciaux, l’élite économique, le patronat et la Maison Blanche, se maintienne au pouvoir ? Malgré les lock-outs et les sabotages à la chilienne, que Mme Kaufmann transforme un peu vite en "grèves générales", conseillés et financés par la CIA dans l’espoir de créer pénurie pétrolière, chaos, mécontentement populaire, et in fine éviction de Chávez ?

Pourquoi Chávez est-il encore là, en effet ? Répondre sérieusement obligerait Mme Kaufmann à évoquer l’appui croissant d’une majorité de la population au gouvernement de Hugo Chávez. D’où l’obligation d’occulter cet appui : « Hugo Chávez est doué d’un instinct de survie exceptionnel » ou « remarquable tacticien, il est passé maître dans l’art de manœuvrer  ». Ou de qualifier la marche du 23 août 2003 de « petite foule de partisans » alors même que l’opposition vénézuélienne avait pour la première fois dû admettre dans un de ses journaux que « le gouvernement avait démontré sa capacité de mobilisation ». Appeler « poignée » une marche de 600.000 personnes , c’est toute la technique de Mme Kaufmann. (...) »

Texte signé par Sarah Fautré, Frédéric Lévêque, Ataulfo Riera, Paul-Emile Dupret, Thierry Deronne, avec le Collectif ’Venezuela 13 avril’, à Bruxelles et ATTAC-Venezuela, à Caracas.

Lire tout l’article sur le site de RISAL

 

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