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Sur France Inter : la question inconvenante d’un auditeur à un patron convenable

Dans le numéro 20 de PLPL (juillet-août 2004), on pouvait lire - sous le titre « Casser l’antenne » - la transcription des effractions d’un auditeur bien décidé à poser des questions inconvenantes à l’antenne de France Inter. On lira ci-après le récit d’une nouvelle intrusion...

Mais d’abord, voici comment, selon PLPL, accomplir un tel un exercice de démocratie participative et intempestive.

« Le but du jeu : accéder à l’antenne de France Inter en posant une question suffisamment nulle (la « question leurre ») pour séduire les journalistes de « Radio com » ou du « Téléphone sonne ». Puis laisser libre cours à sa verve sardonique... Le standard est « ouvert » aux questions deux heures avant le début de l’émission. Le (ou la) standardiste note votre question, vos prénom et numéro de téléphone. Si votre « question leurre » est retenue, un opérateur vous téléphone et vous prie de la poser de nouveau (comme à une répétition). Enfin, France Inter vous rappelle juste avant de vous donner l’antenne. Formuler une bonne « question leurre » oblige à respecter deux principes :

1. Penser comme un journaliste : glissez-vous dans la peau de celui qu’hypnotise la lecture des éditoriaux de BHL, d’Alain Duhamel ou d’Edwy Plenel.

2. Éviter toute interrogation trop subtile afin de ne pas suggérer à l’opérateur que vous pourriez mettre en difficulté l’animateur ou ses invités. »

A question pas vraiment sportive, réponse pas du tout « fair play »

Mais qu’a fait l’arbitre ?

Le vendredi 29 juillet 2005, donc, un quidam présente au standard de « Radio Com » une « question leurre » destinée à Pierre Blayau (nommé par Canal Plus président-délégué du Paris Saint-Germain le 2 mai 2005) : « Pour que le PSG soit durablement au sommet, est-ce que cela ne passe pas par une politique de formation durable ? »

Une question pleine de délicatesse, comme l’échange qui s’ensuivit..., à l’antenne cette fois.

- Pierre Weill : Alors, un autre appel au standard. Alexis qui est à Maisons-Alfort, bonjour.

- Alexis : Oui, bonjour ! Pierre Blayau, de 1996 à 2000 vous avez été Président Directeur Général de Moulinex. A ce titre en 96 vous avez fait un plan de restructuration qui a mis 2 400 personnes dehors. En 2000, un autre plan de restructuration qui a mis 2 000 personnes dehors. Vous avez quitté Moulinex en 2000 avec une indemnité confortable de 2 160 000 Euros. En 2001, Moulinex a déposé le bilan. En juillet 2004, vous avez été mis en banqueroute par emploi de moyens ruineux et banqueroute par détournement d’actifs [Alexis voulait dire « mis en examen pour banqueroute »...] Alors ma question, Pierre Blayau : est-ce que le matin, quand vous vous rasez, vous êtes fier de vous et est-ce qu’en ce moment vous n’êtes pas en train de transpirer en vous rendant compte du caractère indécent de votre présence sur France Inter ? Pierre Blayau, je vous écoute !

- Pierre Weill : Non attendez, d’abord le caractère indécent, je suis pas d’accord... excusez moi. Pierre Blayau est le président du PSG. Le championnat de France ligue 1 démarre ce soir. Le PSG est un club emblématique dans le football français. Il était intéressant ce matin de recevoir le nouveau président du PSG. Quant à la carrière de Pierre Blayau en tant que chef d’entreprise, eh bien il va vous répondre.

- Pierre Blayau : Non, je ne répondrai pas. On est dans un pays libre et démocratique. Vous vous exprimez monsieur dans des termes que je respecte qui vous appartiennent. Mais je n’estime pas devoir vous répondre.

- Pierre Weill : On va prendre un autre appel. C’est Jérémy si je lis bien la petite fiche que j’ai sous les yeux. C’est cela ? Jérôme, Jérôme. Bonjour. Jé ... Jérémy. Alors Jérémy très bien. Bonjour vous êtes sur l’antenne. Vous êtes dans le sud de la France, me dit-on. Vous m’entendez ? Alors Jérémy, ça ne marche pas. On va passer à une autre fiche. Nous avons André qui est à Rennes. André ?

Ainsi, Pierre Weill, se comportant en attaché de presse, après avoir pris la défense de son patronal invité face à une question indiscrète, s’est empressé de valider son refus de répondre. Quel arbitre !

 

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