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« Radios libres : Un congrès de rassemblement » (SNRL)

Nous publions ci-dessous un communiqué du Syndicat National des Radios Libres (SNRL) diffusé à la suite de son Congrès qui s’est tenu à Paris les 5 et 6 juin 2005 (Acrimed)

Le premier congrès du Syndicat National des Radios Libres s’est déroulé à Paris dans un lieu hautement symbolique : la Résidence Internationale, centre d’accueil adapté de la Fédération Handisport très engagée dans la préparation des futurs Jeux Olympiques. Le message est clair : une autre information est possible. Ce credo, les personnalités venues saluer les radios associatives et représenter le Gouvernement, l’Etat et l’Autorité de régulation l’ont entendu et compris.

A l’heure où de grands bouleversements technologiques s’apprêtent à bousculer la FM, à l’heure où l’appétit des grands réseaux met les radios associatives face à leur responsabilité de médias et d’employeurs, ces pionnières de la liberté des ondes se trouvent au pied du mur. Lors du congrès de Paris, elles ont affirmé aux autorités de tutelle : " nous avons résisté et franchit tous les obstacles il y a vingt cinq ans : il faut aujourd’hui à nouveau nous entendre ! "

Des invités prestigieux

Renaud DONNEDIEU de VABRES, représenté par Laurence FRANCESCHINI, Directrice adjointe du cabinet du Ministre, a voulu rassurer les radios en affirmant le " soutien sans faille du Ministre, dans la mesure de ses moyens, à un secteur auquel il est personnellement très attaché " et en les invitant " à l’aider à les aider ". C’est bien ce que les radios ont fait en mobilisant les parlementaires pour la défense du FSER ! Isabelle LEMESLE, Maître des requêtes Conseil d’Etat et Président du Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique (FSER) a rassuré les congressistes en déclarant " œuvrer à la modernisation des règles de financement, pour trouver un modèle plus rigoureux, plus équitable et plus proche des préoccupations des bénéficiaires " et à donner acte au SNRL de " sa contribution particulièrement constructive à l’élaboration d’un nouveau décret " instituant le financement du FSER et le subventionnement des radios. Marie-Laure DENIS, membre du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel en charge de la radiodiffusion, a rassuré les radios locales sur la " replanification " de la bande FM en insistant sur le fait "qu’il n’était pas dans l’intention du Conseil de remettre en cause l’équilibre actuel ". Elle a attiré l’attention des congressistes sur l’évolution techniques vers la diffusion numérique et noté l’inquiétude des opérateurs à propos des " garanties demandées sur leur liberté de choix quand à leur diffusion " Marie-Laure DENIS a souhaité que le SNRL apporte son expertise d’organisation professionnelle aux travaux du " Groupe de Travail FM 2006 " mis en place par le CSA. A noter aussi la participation de Michel PLAZANET, chef du Bureau des Industries de Programmes à la Direction du Développement des Médias( DDM), service du Premier Ministre, et de Béatrice JACOMET, Directrice des Opérateurs Audiovisuels du CSA.

" Les associatives " : incontournables !

Organisation professionnelle représentative des opérateurs de radiodiffusion dits " de catégorie A ", le SNRL regroupe 285 radios associatives signataires de la " Charte des radios libres ", exprimant leur attachement aux valeurs se référant à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, à la laïcité, à la déontologie de l’information. Le SNRL est le fruit de la mutation et de l’élargissement de la Confédération Nationale des Radios Libres, le mouvement historique des radios libres dans notre pays. " Les associatives ", ce sont plus de 600 radios locales fières de leur indépendance et de leur rôle sur leurs territoires. " Les associatives ", ce sont 2850 salariés, 14.000 bénévoles passionnés, deux millions d’auditeurs, un taux d’écoute de 19 % en zone rurale, un budget annuel de 27 millions d’euros dont 1,8 de publicité essentiellement locale.

"Trop peu pour vivre et se développer ! " déclare Emmanuel BOUTTERIN, le président du SNRL. C’est pourquoi les radios de France et d’Outre-mer réunies à Paris pensent qu’il est impératif de défendre cette " exception culturelle française " qui permet l’organisation d’un système de financement particulier et cité en exemple partout dans le monde : le Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique, financé par une taxe sur la publicité de la télévision et des radios commerciales. Le SNRL demande un doublement des ressources de ce fonds, en contrôlant la collecte de la taxe et en " déplafonnant " le barème de perception. En effet, les produits publicitaires augmentent sans que cela se répercute sur la taxe versée.

Bruxelles programme la mort de l’analogique !

Viviane REDING, Commissaire européenne à la société de l’information et aux médias vient de confirmer que la Commission a fixé à 2012 la date butoir à laquelle les 25 Etats membres devront " avoir complètement enterré la radiodiffusion analogique ". Elle déclare " le passage au tout numérique sera une première au monde et l’UE sera alors à la tête du progrès ". Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, qui vient de lancer une " grande consultation " sur la radio numérique, pousse à la roue du tout numérique, " nouvelle technologie incontournable " selon le Président BAUDIS. Qu’en est-il exactement ? Le Digital Audio Broadcasting est promu par un consortium européen baptisé " EUREKA 147 " qui regroupe à la fois de grands opérateurs de l’audiovisuel et de télécommunication et des dirigeants politiques .Le SNRL ne saurait admettre que les évolutions technologiques soient utilisées pour porter atteinte à leurs moyens d’action et à leur indépendance. L’autorité de régulation et les pouvoirs publics doivent garantir aux radios associatives, les moyens de leur adaptation et de leur autonomie. " Les associatives " redoutent qu’il s’agisse de la mise en place d’une nouvelle couche dans la concentration industrielle et le syndicat a pour mandat de défendre à Bruxelles les radios libres de notre pays.

Non au hold-up des géants sur la bande FM

Il est tout à fait légitime d’envisager une étude de planification de la bande FM permettant un meilleur service aux auditeurs et ouvrir la bande FM à des opérateurs dans le cadre de la loi de 1986. Mais si l’idée "d’optimisation" a germé à la DDM, elle s’est faite concomitamment à la volonté de certains grands opérateurs privés d’avancer leurs pions face au service public de radiodiffusion. Dans cette bataille entre l’ancien monopole d’Etat et les nouveaux oligopoles privés, ceux-ci défendent l’idée d’attribuer automatiquement -et prioritairement- une "fréquence unique" sur tout le territoire pour les grandes radios commerciales. Pour le SNRL, c’est non ! En effet, c’est une façon d’offrir aux opérateurs transnationaux de véritables autoroutes sur la bande FM au détriment des radios locales indépendantes. L’échec de la consultation réglementaire lancée par le CSA, rejetée par le SNRL, la " mise au placard ", tant du projet de fréquence unique que d’une replanification au service des réseaux commerciaux, l’ouverture du " Groupe de travail FM 2006 " aux organisations professionnelles représentatives des radios associatives- intervenant après la prise de position du SNRL et les déclarations d’Emmanuel BOUTTERIN au salon "Le Radio " - constituent un succès incontestable du syndicat.


Pour un regroupement de l’ " économie sociale " dans le secteur des industries de la communication et de la culture

Le système d’organisation politique de notre pays, " république démocratique et sociale ", est basé sur la cogestion paritaire voulue par le Conseil National de la Résistance au printemps 1944. Ses principes essentiels sont réaffirmés dans le préambule de notre Constitution. La représentation des " partenaires sociaux ", salariés et employeurs, est donc acquise par la loi et la réglementation pour la grande majorité des dispositifs de gestion paritaire et à gestion tripartite de notre pays. C’est sur la base des résultats aux élections prudhommales que la représentativité des organisations syndicales et professionnelles détermine la répartition du pouvoir dans les instances concernées. D’ou l’importance des élections prudhommales de 2008 dans lesquelles le SNRL et les dirigeants des radios associatives vont s’engager partout en France.

Le SNRL participe au plus haut niveau au regroupement interprofessionnel des employeurs de l’économie sociale, au coté des grands syndicats d’associations, des mutuelles de santé et d’assurance, des coopératives ouvrières. Il s’agit de l’Union des Syndicats et Groupements des Employeurs de l’Economie Sociale (USGERES) qui s’affirme comme " partenaire social " au même titre que le MEDEF, la CGPME, l’UPA, l’UNAPL et la FNSEA. Mieux encore : le SNRL entend être la " cheville ouvrière " d’un grand pôle de l’économie sociale dans le champs des industries de la communication, de l’information, de la culture et du spectacle.

Un Congrès de rassemblement, une organisation professionnelle pour l’avenir

Le rapport d’orientation proposé par Emmanuel BOUTTERIN a été massivement adopté au terme débat démocratique, et le SNRL a vu ses instances dirigeantes profondément renouvelées sur la base "d’une stratégie de combat syndical global, consacrée à la défense et la promotion des radios associatives, et à la participation à la construction d’un grand pôle des entreprises de l’économie sociale en France " alternatif aux options du MEDEF et de la CGPME.

Cette stratégie est au service des valeurs proclamées par la Charte des radios libres : défense du pluralisme, de la liberté d’expression et de la liberté de penser, sans lesquelles la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen n’est plus que mots sans réalité. Le Congrès de Paris a confirmé la place originale, essentielle, irremplaçable, des radios associatives dans le paysage audiovisuel français. Il a constaté que le secteur associatif demeure le seul espace de pluralisme et de liberté. La récente campagne référendaire a révélé comment les " grands " médias de la presse écrite et audiovisuelle et leurs rédactions, qu’ils soient publics ou privés, ont choisi de promouvoir une seule option. Pour cela, ils n’ont hésité devant aucune outrance, aucune manipulation voire aucun mensonge. Aujourd’hui, ils poursuivent, selon le SNRL, une véritable " offensive contre la démocratie " en mettant en cause la légitimité du résultat d’un suffrage populaire.

Le message des radios du Syndicat National des Radios Libres est clair : "les associatives " ont besoin d’une organisation professionnelle unitaire, indépendante et démocratique, qui soit en capacité de défendre l’exception culturelle française en matière de radiodiffusion, d’aborder les mutations technologiques en toute rigueur et sans concession dans le champ terriblement concurrentiel des industries de l’information.

Le SNRL s’engage au plan international dans la solidarité avec les radios libres d’Europe et du monde entier, notamment au sein de l’Union des Radios Communautaires de l’Aire Francophone (URCAF) et avec l’Association Mondiale des Radiodiffuseurs Communautaires (AMARC). Le syndicat entend apporter son expertise sur les systèmes de régulation et de financement afin de promouvoir partout l’expression des radios libres et communautaires.

Pour le SNRL, " une autre information est possible ", oui, avec les médias employeurs différents que sont les radios libres.

 

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