Semaine noire dans la presse économique.
Lundi, le leader, le quotidien Les Echos, tombe dans l’escarcelle de Bernard Arnault, première fortune de France et surtout, propriétaire du groupe de luxe LVMH.
Mercredi 7 novembre 2007, soit deux jours après l’acquisition de Les Echos, Bernard Arnault annonce qu’il s’apprĂŞte Ă cĂ©der le numĂ©ro 2 de cette mĂŞme presse, le quotidien La Tribune, Ă Alain Weill, propriĂ©taire du groupe de presse Next Radio. Lequel Alain Weill n’entend toutefois par racheter La Tribune via son groupe de presse Next Radio qu’il co-dĂ©tient Ă 35 %, mais « Ă titre personnel ».
Une manœuvre financière qui laisse présager un défaut de confiance dans la pérennité du titre La Tribune ainsi que certains le laissent entendre.
En quelques jours, on a donc vu le patron de LVMH faire main basse sur le numĂ©ro 1 d’une presse lue par tous ses clients et partenaires potentiels, puis, choisir Ă qui il vend son challenger, bref organiser lui-mĂŞme le « marchĂ© » dont il est un acteur de premier plan.
Et ce, après une concertation de pure forme et sans fournir de réelles garanties aux salariés des deux journaux, tant en matière sociale que sur le plan de l’indépendance des rédactions concernées.
Pour autant, comme le clament depuis des mois les salariĂ©s des Echos et ceux de La Tribune (qui viennent de voter massivement la grève), « l’indĂ©pendance de l’information n’est pas un luxe ! » , mais une condition de survie dans un secteur, la presse, oĂą la crĂ©dibilitĂ© de l’information donnĂ©e au lecteur est le seul gage de survie du titre de presse.
Tous les journalistes de France doivent se sentir concernés par les moments cruciaux que sont en train de vivre les rédactions des Echos et de La Tribune.
Les journalistes de ces deux quotidiens luttent depuis plusieurs semaines pour conserver l’indĂ©pendance Ă©ditoriale et, partant, la crĂ©dibilitĂ© de leurs titres et leur existence mĂŞme.
Les syndicats de journalistes, réunis en intersyndicale (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-CFTC, SJ-FO) appellent toutes les rédactions de France à soutenir le combat de ces deux rédactions par tous moyens et notamment des textes de soutien.
Ils rappellent que depuis le début de l’été, ils ont entamé un combat pour que des garanties collectives nouvelles soient accordées aux équipes rédactionnelles afin de garantir légalement l’indépendance de l’information.
Plus que jamais, ils appellent la profession et tous les citoyens à les soutenir dans leur combat pour une presse libre et indépendante, en signant leur pétition sur [www.intersj.info] (lien périmé, juillet 2010) .
L’information est un droit fondamental de tout citoyen, qui commence par le respect du droit d’informer. Et ce droit est en danger !