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Lu, vu, entendu : « De l’ancien au nouveau Monde »

En attendant plus et mieux sur la nouvelle formule du Monde, quelques bribes de continuité dans le changement et de changement dans la continuité.


Préface - Arnaud Lagardère, membre du conseil de surveillance.

Dans Le Monde datĂ© du 29 octobre 2005, cette annonce en dernière page :
« L’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du Monde SA a votĂ©, jeudi 27 octobre, une augmentation de capital qui conclut avec succès l’ensemble du plan de restructuration Ă©conomique et financière dĂ©cidĂ© Ă  l’automne 2004. Le groupe Lagardère et le groupe espagnol Prisa ont apportĂ©, chacun, 25 millions d’euros en numĂ©raire, et le groupe italien Stampa 2,5 millions d’euros. Une tranche de 10 millions d’euros est rĂ©servĂ©e aux actionnaires dĂ©jĂ  prĂ©sents au capital. L’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale a dĂ©signĂ© en qualitĂ© de nouveaux membres du conseil de surveillance du Monde SA, trois reprĂ©sentants du groupe Lagardère (Arnaud Lagardère, Dominique D’Hinnin, GĂ©rard de Roquemaurel), deux reprĂ©sentants du groupe Prisa et un reprĂ©sentant du groupe Stampa. »

I. C’Ă©tait l’ancien Monde

Avant le 7 novembre...

Complaisant - Leçons croisées de journalisme entre le Nouvel Obs et Le Monde

Dans un article intitulĂ© « La leçon de journalisme du patron du Nouvel Obs », paru dans Le Monde datĂ© du 21 octobre 2005, Laurence Girard relate, avec une rare complaisance, l’intervention de Claude Perdriel (PDG du Groupe Nouvel Observateur) devant les Ă©lèves du Centre de formation des journalistes (CFJ) sur sa vision du journalisme. L’intervenant est une sommitĂ©, patron et « fondateur de l’hebdomadaire de gauche » et la confĂ©rence s’est dĂ©roulĂ©e « Ă  l’HĂ´tel de Ville de Paris (...) les locaux de l’Ă©cole de la rue du Louvre s’avĂ©rant trop Ă©troits ». Toutes les conditions Ă©taient donc rĂ©unies pour que cette « leçon inaugurale », qui s’adressait Ă  la future Ă©lite du journalisme, c’est-Ă -dire « aux Ă©lèves du Centre de formation du journalisme (CFJ) » soit aussi grandiose que le cadre qui la recevait. L’article de Laurence Girard commence par une information de première importance fournie par Perdriel : « Je ne me suis jamais senti le droit de lancer des leçons, mais pour avoir exercĂ© ce mĂ©tier de journaliste pendant quarante-quatre ans, j’ai quelques idĂ©es et aussi beaucoup de questions. » Commentaire : « L’auditorium aux fauteuils rouges est plein, l’auditoire attentif. » Il est vrai qu’il ne va pas ĂŞtre déçu par l’amoncellement de banalitĂ©s et de demi-vĂ©ritĂ©s qui va suivre.

La dĂ©finition du journaliste ? « Un historien du temps prĂ©sent ». Novateur... Et de souligner : « l’importance du rĂ´le de " contre-pouvoir" que doit jouer la presse en dĂ©mocratie. » Original... « Pour aussitĂ´t pointer du doigt les excès du "quatrième pouvoir" : "Si un journaliste veut ĂŞtre un pouvoir, il sort de son mĂ©tier." ». Audacieux... Et ça continue : « Aux Etats-Unis, lors de la guerre en Irak, " la presse amĂ©ricaine a Ă©tĂ© intoxiquĂ©e par une opĂ©ration de dĂ©sinformation sans prĂ©cĂ©dent, souligne M. Perdriel. Mais, aujourd’hui, elle est revenue sur ses erreurs. " ». Jusqu’Ă  la prochaine guerre... « De mĂŞme la presse française doit tirer les leçons de l’affaire Allègre : " La crise de la presse a créé un danger. La publicitĂ© manque, la vente au numĂ©ro baisse, il y a une volontĂ© de crĂ©er l’Ă©vĂ©nement, le scoop, quitte Ă  dĂ©former l’information. Or le lecteur a besoin d’avoir confiance. »

Parmi toutes les informations omises par Laurence Girard, ces propos, mais hors leçon, de Claude Perdriel : « Si je crois Ă  la qualitĂ© de l’information d’un journal, je crois et j’accepte plus facilement les pages de publicitĂ© que je lis. De plus, comme les articles sont plutĂ´t longs chez nous le temps d’exposition Ă  la page de publicitĂ© est plus grand. » [1] Ou encore Ă  l’occasion du changement de formule de son magazine Ă©conomique Challenges : « Je vise 250 pages de pubs supplĂ©mentaires. Je crois comme les autres Ă  une embellie du marchĂ© en 2006. »  [2]

On vous Ă©pargne la suite. On se demande encore quel est l’intĂ©rĂŞt d’un tel article. Une leçon, ces propos dignes du CafĂ© de Commerce ouvert en permanence aux journalistes bien-pensants ? Sans doute Ă©merveillĂ©e par une telle dĂ©monstration, Laurence Girard oublie quelques informations qui auraient pu Ă©clairer les lecteurs du Monde. Par exemple que Le Monde et Le Nouvel Observateur contribuent au financement du CFJ via la taxe d’apprentissage, et qu’avec d’autres mĂ©dias dominants, ils en contrĂ´lent le conseil d’administration. Ou encore que Le Monde est actionnaire du Nouvel Observateur et rĂ©ciproquement, et que Jean-Marie Colombani tient depuis plusieurs annĂ©es une chronique hebdomadaire dans le magazine Ă©conomique Challenges, dont le propriĂ©taire n’est autre que... Claude Perdriel.

En relatant cette leçon sur rien, Le Monde a publié involontairement une leçon de journalisme sur Le Monde.

Rapace - Les anciens tarifs de la démocratisation de la lecture.

L’Ă©mission de France Culture, « Le Premier pouvoir », diffusĂ©e le 12 novembre 2005, Ă©tait consacrĂ©e au Monde et Ă  sa nouvelle formule lancĂ©e le 7 novembre 2005. A cette Ă©mission, participent Ă  la fois Eric Fottorino et Philippe Cohen. Un passage rĂ©vĂ©lait le tarif mondesque de la dĂ©mocratisation de la lecture :

– Elizabeth LĂ©vy : - Je voudrais vous [Eric Fottorino] faire Ă©couter un tĂ©moignage. Il s’agit du passĂ©. Il s’agit du prĂ©sident de l’association « 24 heures du Livre » au Mans. C’est quelqu’un qui s’occupe du Salon du Livre au Mans et qui nous a racontĂ© les mĂ©saventures qui lui sont arrivĂ©es avec votre journal dans la prĂ©paration de l’Ă©dition 2004. Il s’appelle Thierry Hubert.

– Thierry Hubert : - Disons que l’annĂ©e dernière avec Le Monde nous avons souhaitĂ© avoir un article dans Le Monde. PrĂ©cĂ©demment, nous avions un accord avec le service commercial qui, en Ă©change d’une publicitĂ©, on lui donnait un stand sur notre espace. LĂ , nous avons voulu avoir un article dans Le Monde. Donc, on a travaillĂ© avec notre service de presse des gestes pour avoir cet article. Et on nous a dit que ce serait possible d’avoir un article dans le supplĂ©ment du Monde de jeudi, « Le Monde des Livres », mais qu’en Ă©change, on se devait d’acheter environ 3 000 exemplaires du « Monde des Livres » qui Ă©tait datĂ© du jeudi d’avant la manifestation plus un certain nombre d’abonnements au Monde et Ă  Courrier international, ce qui en gros revenait Ă  une somme de 9 000 euros. On l’a fait parce que, bon, en discutant un petit peu avec M. le Maire et les responsables d’association, pour nous Le Monde ça reprĂ©sente quand mĂŞme au niveau du livre une image, un apport et on pensait que, pour le salon, ce serait bĂ©nĂ©fique. Mais on s’est rendu compte que l’article qu’on nous avait donnĂ© Ă©tait quand mĂŞme un article assez petit et en plus un peu erronĂ© sur certaines choses. Mais on a mesurĂ© aussi que ça avait un impact assez limitĂ© dans la mesure oĂą ça n’apparaissait pas et qu’Ă  la limite, on aurait mieux fait carrĂ©ment de continuer Ă  acheter des pages de publicitĂ© dans ce cas-lĂ . On se faisait une image d’une Ă©thique de la presse et puis d’une certaine indĂ©pendance, et lĂ  on s’est rendu compte que c’Ă©tait un Ă©change commercial et qu’on ne portait pas d’intĂ©rĂŞt Ă  notre salon vĂ©ritablement, mais plutĂ´t Ă  un moyen financier de rĂ©cupĂ©rer de l’argent. Ce qui nous a un peu choquĂ©s. La preuve, c’est que cette annĂ©e on prĂ©fère ne pas avoir d’article dans Le Monde plutĂ´t que comme ça. Dans ce cas-lĂ , on s’est contentĂ© d’acheter cette annĂ©e une publicitĂ©. C’Ă©tait comme ça clair et net. C’Ă©tait un Ă©change publicitaire.

Tous cela c’est le passĂ©, nous a-t-on assurĂ©. En tout cas, Eric Fottorino n’Ă©tait pas au courant. Mais qui l’Ă©tait ? Et qu’est-ce qui nous assure que de telles pratiques, dont Le Monde n’a certainement pas le monopole, ne vont pas se poursuivre, au Monde et ailleurs ?

Impitoyable - Les stagiaires, armée de réserve des entreprise de presse.

Sous le titre « Les stagiaires, armĂ©e de rĂ©serve de l’entreprise », Le Monde du 5 novembre 2005 publiait, une très intĂ©ressante enquĂŞte de FrĂ©dĂ©ric Potet qui donnait la parole Ă  une « chargĂ©e de clientèle au sein d’une "grande sociĂ©tĂ© financière" dont elle prĂ©fère taire le nom de peur d’ĂŞtre reconnue » et prĂ©cisait Ă  son propos : « Comme elle, de plus en plus d’Ă©tudiants de l’enseignement supĂ©rieur occupent de vĂ©ritables emplois dans les entreprises. Le ralentissement de l’activitĂ© a donnĂ© naissance Ă  une nouvelle main-d’Ĺ“uvre aussi vulnĂ©rable que corvĂ©able, en marge de toute statistique ». Une situation intolĂ©rable que l’auteur dĂ©nonce en citant les propos d’une enseignante : « "Un stagiaire payĂ© 365 euros par mois est non seulement moins cher qu’un CDD, mais aussi qu’un esclave qu’il faut nourrir, loger et habiller !", fulmine Catherine Lubochinsky, professeur d’Ă©conomie Ă  l’universitĂ© Paris-II-Assas. Parce qu’elle n’accepte pas de voir ses Ă©tudiants servir d’"armĂ©e de rĂ©serve", cette enseignante est l’une des rares Ă  dĂ©noncer ce qu’elle dĂ©crit comme un système d’emplois dĂ©guisĂ©s.  » Et, l’auteur de cet article bien documentĂ© de poursuivre : « Pour en prendre la mesure, rien de tel qu’Internet. Sur la plupart des sites de petites annonces, les offres de stages sont presque aussi nombreuses, dĂ©sormais, que les offres d’emplois. Leur contenu est Ă©galement très proche. » Et encore : « Si aucun secteur ne semble Ă©pargnĂ©, certains sont connus pour utiliser des bataillons de stagiaires qu’ils paient des clopinettes. Il en va ainsi de la communication , des mĂ©dias , de la publicitĂ©, de la culture, de l’Ă©dition... Mais aussi de nombreuses PME nĂ©es lors de l’Ă©closion des start-up. »

Les mĂ©dias ? Oui, les mĂ©dias... Tout ce que dit cette enquĂŞte (qui mĂ©riterait d’ĂŞtre citĂ©e intĂ©gralement) est applicable aux entreprises mĂ©diatiques. Une prochaine enquĂŞte ?

II. C’est le nouveau Monde

Le 7 novembre 2005, parution de la nouvelle formule. En attendant de l’Ă©tudier dans le dĂ©tail, quelques indices de « changement dans la continuitĂ© » et de continuitĂ© dans le changement.

Innovant - «  Le Monde change de peau »

C’est le journal permanent du Nouvel Observateur (nouvlobs.com) du 7 novembre qui le dit : «  Le quotidien lance aujourd’hui une nouvelle formule avec plus de photos, moins d’articles, de la couleurs et des caractères plus gros. ».

C’est un rĂ©sumĂ© exact et très confraternel du rĂ©sultat d’une dĂ©marche prĂ©sentĂ©e ainsi dans le Journal du Dimanche de la veille : « [...] Après avoir constatĂ© "une très forte adhĂ©sion au concept des annonceurs", Jean-Marie Colombani attend demain pour savoir si les lecteurs adhĂ©reront eux aussi Ă  cette nouvelle formule. Il a investi quatre millions d’euros dans sa campagne de pub, basĂ©e sur toute une sĂ©rie d’anagrammes. »  [3] Les annonceurs d’abord, les lecteurs ensuite...

Amnésique - La croissance chilienne stimulée par les réformes de la dictature.

Mais oui, c’est du moins ce que rapporte Le Monde, mais sans le dire. Le titre d’un superbe article de la non moins superbe formule, paru le 8 novembre 2005, (p. 23) annonce la couleur : « La croissance chilienne est stimulĂ©e par les rĂ©formes menĂ©es depuis trente ans ». En clair, depuis que le coup d’Etat de Pinochet en 1973 a pris le temps de porter ses fruits. Bien entendu, l’article de Pierre-Antoine Delhommais ne fait pas une seule fois rĂ©fĂ©rence Ă  ce contexte politique. Tout juste la fin Ă©voque-t-il le consensus « de la classe politique » au sujet des « rĂ©formes ». Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse... libĂ©rale.

Scrupuleux - Un peu d’optimisme dans un univers de brutes

Le Monde du mardi 15 novembre, dans ses pages « Ă©conomie », nous l’apprend, tout ne va pas si mal en France : « Des salariĂ©s plutĂ´t satisfaits : Qu’il s’agisse du contenu de leur travail, de la stabilitĂ© de leur emploi ou de la situation Ă©conomique de leur entreprise, les salariĂ©s qui ont Ă©tĂ© interrogĂ©s en novembre, dans le cadre de la septième Ă©dition de l’Observatoire du travail, expriment très nettement leur satisfaction avec des scores qui atteignent les 80%. » Qui l’eut cru ? Mais au fait, c’est quoi cet Observatoire du Travail citĂ© par Le Monde ? Un organisme rattachĂ© au Ministère du travail ? Non. Un dĂ©partement de l’ANPE ? Pas plus. Un collectif de sociologues ou d’Ă©conomistes ? Allons, soyons sĂ©rieux ! Une sous commission des ASSEDIC. Que nenni. Alors ? L’Observatoire du Travail est le fruit d’un partenariat Ă  trois, entre Bernard Brunhes Consultants - groupe BPI, l’Express et BVA. Cet organisme rĂ©alise 3 fois par an un sondage tĂ©lĂ©phonique, auprès d’un millier de personnes et le tour est jouĂ©.

Non content de nous livrer sans rĂ©serve des chiffres dont il conviendrait de situer la provenance, l’auteur de l’article les prĂ©sente, de plus, Ă  sa façon. « Pensent-ils [les salariĂ©s] que le contrat nouvelles embauches (CNE) va prĂ©cariser le marchĂ© du travail ? Ils sont 67% Ă  le prĂ©dire  ». VoilĂ  une rĂ©ponse qui n’est pas très positive, alors on la relativise car « 40% des salariĂ©s estiment nĂ©anmoins que le CNE devrait permettre de crĂ©er des emplois.  » Et si l’on se donne la peine d’aller consulter le sondage sur Internet, on constate que 58% des salariĂ©s interrogĂ©s rĂ©pondent que le CNE ne permettra pas de crĂ©er des emplois. Mais pourquoi faire triste : il est plus gai de prĂ©senter le verre Ă  moitiĂ© plein plutĂ´t que le verre Ă  moitiĂ© vide.

AngoissĂ© - Par le « blocage » des rĂ©formes libĂ©rales en Allemagne

C’est le titre de l’Ă©ditorial du Monde des 13/14 novembre 2005 qui l’affirme : « Les Allemands paieront ». Indiscutable, Ă  condition de prĂ©ciser : « Mais certains plus que d’autres... ». Un dĂ©tail qui importe peu Ă  GĂ©rard Courtois qui explose littĂ©ralement contre la frilositĂ© du « contrat de coalition » : un contrat qui est « loin de conjuguer leurs forces pour proposer des rĂ©formes en profondeur du système Ă©conomique et social allemand qui a particulièrement souffert ces dernières annĂ©es de la mondialisation. » Quelles rĂ©formes ? On ne sait... Dans quel sens, on le devine : « Il aura fallu quatre ans Ă  Gerhard Schröder pour se convaincre que les rĂ©formes de structure Ă©taient indispensables pour sauver "l’Ă©conomie sociale de marchĂ©" chère Ă  l’Allemagne depuis soixante ans. Les rĂ©formes ont Ă©tĂ© commencĂ©es puis bloquĂ©es faute d’une majoritĂ© solide. Sans les remettre en cause, la grande coalition n’a pas eu le courage d’annoncer une accĂ©lĂ©ration du changement. C’est une occasion manquĂ©e. » Un gouvernement dominĂ© par la droite allemande trop timide ? Mouchoirs...

Et pour finir...

Des nouvelles du concurrent d’Alain Minc en plagiat servile

Sur le plagiat d’Ardisson, rien ou presque depuis notre article sur la couverture mĂ©diatique de sa rentrĂ©e littĂ©raire. Simplement un long papier dans un grand hebdomadaire national... suisse : L’Hebdo L’article du 27 octobre 2005 (lien pĂ©rimĂ©) revient en dĂ©tail sur l’affaire du plagiat et sur les mensonges perpĂ©trĂ©s par l’animateur en noir de « Tout le monde en parle ».

Et en France ? Outre un petit reportage dans « ArrĂŞt sur Images », un seul magazine a opĂ©rĂ© une analyse de cette mĂ©saventure. Le magazine ? Entrevue... créé par Thierry Ardisson en 1992. Dans un dossier de 5 pages, le mensuel prĂ©sente quelques extraits plagiĂ©s, comparaisons Ă  l’appui. On rĂ©vèle aussi que le livre « PondichĂ©ry » est toujours en vente sur Internet et « propre Ă  gĂ©nĂ©rer des droits d’auteur mĂŞme infimes... ». L’enquĂŞteur Jean Robin, Ă©galement interviewĂ©, rĂ©affirme ce que l’on sait dĂ©jĂ  : « il a plagiĂ© au moins 60 pages, dont 90% sont du mot Ă  mot. » Sous le titre de la revue, on peut lire : « Toutes les vĂ©ritĂ©s sont bonnes Ă  dire »...

Toutes ? En tout cas pas toutes pour Serge Raffy qui ne peut pas ne pas savoir et qui, pourtant, dans le Nouvel Observateur du 10 novembre 2005, flatte l’animateur sur une page entière. Extraits : « On rencontre, dans son autobiographie Ă©crite dans un style très « Rock and Folk » Ă  quatre mains avec Philippe Kieffer, une star de la tĂ©lĂ©vision d’une luciditĂ© clinique sur lui-mĂŞme. (...) Derrière chaque haussement de ses sourcils en accent circonflexe, il y a trois dĂ©cades de culture rock, une virĂ©e chez les punks, un dĂ©lire initiatique Ă  Bali, une histoire d’amour qui a rĂ©sistĂ© Ă  tous les tsunamis, avec sa femme, BĂ©atrice. » Et sur le plagiat puissance 10 rĂ©vĂ©lĂ© au grand jour ? Rien. Normal, Serge Raffy s’est rendu sur le plateau de « Tout le monde en parle » les 13/12/2003, 11/09/2004 et 12/03/2005... Et se prĂ©pare dĂ©jĂ  pour un nouveau passage.

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