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Les étudiants journalistes se mobilisent (1)

Nous avons reçu ce courrier d’étudiants du CFJ qui, en lutte contre l’augmentation des droits d’inscription qui s’interrrogent sur leur formation et leur avenir.

Le CFJ en colère

La colère gronde au Centre de formation des journalistes (CFJ). L’élément déclencheur : l’augmentation des droits d’inscription, passant de 2280 à 3000 euros par an (en comparaison, ils s’élevaient à 8500 francs en 1997). Interrogée, la direction générale du CFPJ répond que les étudiants coûtent de plus en plus cher chaque année (matériel, enseignants,.). Elle ira jusqu’à sortir de son chapeau une bourse du mérite de l’Education nationale, qui permet de financer ses études (sauf que les titulaires doivent avoir obtenu la mention Très bien au bac !).

Le CFPJ est financé en grande partie par la taxe d’apprentissage, versée par les entreprises de presse, et par la formation professionnelle (CPJ). Après enquête, certains se sont rendus compte que les frais versés par les 90 étudiants chaque année ne représentent qu’une somme dérisoire par rapport au fonctionnement de l’école : leur augmentation n’en est que plus incompréhensible. A moins qu’il ne s’agisse d’une opération de prestige, en s’alignant sur les tarifs des grandes écoles privées. Le même prestige que de louer un million d’euros sept étages rue du Louvre (sauf que le 1er étage est sous-loué par le Figaroscope, et le 2e est en passe de l’être). Le CPJ engrange des bénéfices considérables, et la direction générale va jusqu’à affirmer que " quelque soit le montant des droits d’inscription, on aura toujours des candidats ".

Les étudiants des deux promos 2002-2003 refusent de voir le CFJ devenir HEC, réduisant considérablement la diversité sociale dans le milieu journalistique. [...]

Au-delà des questions d’argent, les futurs journalistes du CFJ s’interrogent sur l’enseignement du métier. Certains se plaignent du formatage Le Parisien-France-Info-LCI qu’on veut leur donner.

Je lisais récemment un article d’Alain Accardo dans un ancien numéro du Monde diplo. Il était écrit que le " mécanisme de la cooptation " entre " professionnels idéologiquement fiables [...] commence à jouer dès l’entrée dans les écoles de journalisme ". A titre d’exemple, les invités reçus régulièrement par l’école pour des conférences sont rarement critiques par rapport au métier. Nous avons reçu depuis octobre des personnalités follement différentes : Marc Rosset (ancien directeur de Prisma Presse), nous vantant la jeunesse de la rédaction de Voici et la bonne ambiance qui y règne ; PPDA (sans commentaires) ; un directeur financier de Ouest France déversant sa bile sur les ouvriers du Livre ; Denis Jeambar (allant jusqu’à sequalifier de " journaliste-manager ") ; Alain Genestar ; un grand reporter pour Paris Match ; Georges Kiejman ; Edwy Plenel (et sa phrase préférée : savoir " penser contre soi-même ") ; Laurent Joffrin ; Loik Le Floch-Prigent. Heureusement que Plantu est venu un peu égayer l’atmosphère. Mais aucune voix discordante. Et, comme le soulignait Claude-Jean Bertrand dans un article lu sur Acrimed, aucun cours de déontologie. Le plus drôle est que Claude Salles, ancien dirigeant de Télérama, organisateur de certaines de ces conférences, nous a expressément demandé d’éviter aborder l’épisode Fidel Castro devant PPDA. Et après ça, on veut nous apprendre la " culture du doute " au CFJ.

Merci d’avoir lu jusqu’au bout ce courrier. Vous pouvez tout à fait vous associez à notre action si vous le souhaitez, de quelque manière que ce soit (participation directe, échos dans la presse, sur le Net).

Des étudiants du CFJ.

 

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