💰 Dégageons les capitalistes des médias : signez notre pétition !
‹ Retour à l'accueil

La fabrique du « masculin »

Nous publions ci-dessous un article dĂ©jĂ  paru dans le n° 4 de MĂ©diacritique(s), que les heureux abonnĂ©s de notre magazine trimestriel avaient pu dĂ©couvrir en exclusivitĂ© dès cet Ă©tĂ©. Pour ne rien manquer de nos analyses, et les lire plus confortablement, un bon conseil : s’abonner ici-mĂŞme. (Acrimed)

* * *

Ă€ intervalle rĂ©gulier, quelques observateurs pressĂ©s des mĂ©dias pronostiquent l’émergence d’une « nouvelle presse masculine », rompant avec l’imaginaire machiste qui prĂ©side de longue date aux choix Ă©ditoriaux des magazines prĂ©tendant s’adresser aux hommes, satisfaire leurs aspirations spĂ©cifiques et rĂ©pondre aux questions qu’ils se posent. Qu’en est-il, si l’on prend la peine de consulter et de lire attentivement les titres qui composent cette presse ?

Disons-le d’emblĂ©e : Ă  y regarder de près, la prophĂ©tie paraĂ®t bien illusoire. Loin d’une contestation de la dĂ©finition traditionnelle du « masculin », c’est-Ă -dire des prĂ©rogatives qui sont spĂ©cifiquement attribuĂ©es aux hommes, mais surtout de ce qu’on attend d’eux pour qu’ils soient « Ă  la hauteur » et apparaissent comme de « vrais hommes », l’évolution de la presse masculine traduit bien davantage une recomposition des normes corporelles et comportementales auxquelles les hommes sont enjoints de se plier pour rester des hommes « vĂ©ritables ».

Presse masculine, miroir inversĂ© de la presse fĂ©minine ?

Cette inertie dans le changement apparaĂ®t avec d’autant plus de clartĂ© quand on compare la presse masculine Ă  ce que l’on a pu Ă©crire rĂ©cemment Ă  propos de la presse fĂ©minine, et notamment du magazine Elle [1]. Non seulement le taux d’encarts publicitaires qui envahissent le contenu de ces magazines est Ă©quivalent, mais surtout, la presse destinĂ©e aux hommes se construit en quasi-miroir par rapport aux thèmes privilĂ©giĂ©s par la presse s’adressant aux femmes, qui bĂ©nĂ©ficie d’une plus grande anciennetĂ© et de tirages plus substantiels.

Les magazines des hommes « vĂ©ritables », mais « modernes », affirment et imposent la nĂ©cessitĂ© d’accroĂ®tre sa masse musculaire ou dispensent des conseils pour « gĂ©rer son ex » (un classique du genre). Mais ils se rĂ©pandent aussi en recommandations en matière de montres, de voitures ou de jeux vidĂ©os, tout en proposant rĂ©gulièrement et un peu partout (de GQ Ă  FHM) des classements des femmes « les plus sexy du monde ». De son cĂ´tĂ©, la presse fĂ©minine Ă©grène chaque mois ou chaque semaine (selon les titres) les injonctions sur les corps, la sexualitĂ© et bien sĂ»r la mode (afin que les femmes parviennent Ă  Ă©viter les fameux « fashion faux pas »), mais prend Ă©galement grand soin de dĂ©crire, dans ses pĂ©ripĂ©ties et dĂ©tails les plus insignifiants la vie des « people ».

Mais surtout, comme on aura plus loin l’occasion d’y insister, ces deux composantes importantes du secteur de la presse magazine adoptent des attitudes distinctes concernant la vision de l’autre sexe. La presse féminine, loin de toute remise en cause radicale de la domination masculine, invite en effet les femmes à transiger avec celle-ci, notamment à travers l’injonction de concilier vie professionnelle et vie familiale (dont on ne trouve aucunement l’équivalent dans la presse masculine).

Quant Ă  la presse masculine, elle paraĂ®t hĂ©siter entre le vieux chauvinisme du masculin, qui rend un culte Ă  la puissance physique des hommes et tend Ă  rĂ©duire les femmes Ă  leur plastique (c’est-Ă -dire Ă  un pur et simple objet de dĂ©sir pour les hommes), et un appel incantatoire Ă  adapter une masculinitĂ© modernisĂ©e aux aspirations des femmes Ă  l’émancipation. Ainsi, le magazine Men’s Health conseille Ă  ses lecteurs (juin 2012), au titre des « astuces pour rĂ©veiller votre vie sexuelle », de « partager les corvĂ©es », car « d’une Ă©tude Ă  l’autre, il est prouvĂ© qu’elles sont Ă©moustillĂ©es par les hommes qui aident ». « Aider » les femmes dans les tâches mĂ©nagères, oui ! Mais dans le but de les sĂ©duire, voire d’obtenir en retour des faveurs sexuelles…

La femme-objet

Avant mĂŞme que ne se constitue une vĂ©ritable catĂ©gorie de « presse masculine », disposant d’un affichage commun dans les kiosques, les magazines dits « de charme » ont longtemps constituĂ© un pan essentiel de la presse destinĂ©e aux hommes (on pourrait Ă©galement Ă©voquer la presse automobile). C’est ainsi qu’en 1963 est créé en France le magazine Lui, qui vise alors plus ou moins Ă  reproduire la formule et le succès du magazine Ă©tats-unien Playboy (qui proposera d’ailleurs une version française Ă  partir des annĂ©es 1970).

Si le marchĂ© de la presse masculine s’est depuis largement diversifiĂ© [2], quelques magazines – notamment FHM (For Him Magazine), mais on pourrait ajouter Maximal (qui a nĂ©anmoins cessĂ© de paraĂ®tre en 2011) ou Entrevue â€“ constituent, notamment avec leurs classements rĂ©gulièrement mis Ă  jour, des versions Ă  peine modernisĂ©es de leurs peu glorieux ancĂŞtres. Ce n’est pas cĂ©der Ă  des tentations moralisantes et pudibondes que d’interroger les reprĂ©sentations ainsi mises en forme et vĂ©hiculĂ©es.

Car ce qui est en jeu dans ces magazines, ce n’est rien moins que l’esthĂ©tisation – ordinaire et mĂ©diocre â€“ de la domination masculine, cette domination dont Pierre Bourdieu rĂ©sumait ainsi les effets sur les rapports des femmes Ă  leur propre corps, pour peu qu’elles rĂ©pondent aux attentes [3] : « La domination masculine, qui constitue les femmes en objets symboliques, […] a pour effet de les placer dans un Ă©tat permanent d’insĂ©curitĂ© corporelle ou, mieux, de dĂ©pendance symbolique : elles existent d’abord par et pour le regard des autres, c’est-Ă -dire en tant qu’objets accueillants, attrayants, disponibles. On attend d’elles qu’elles soient “fĂ©minines”, c’est-Ă -dire souriantes, sympathiques, attentionnĂ©es, soumises, discrètes, retenues, voire effacĂ©es. » [4]

Les conseils en sĂ©duction masculine reconduisent jusqu’à la caricature la distribution des rĂ´les, comme dans ce numĂ©ro de FHM qui, dans la « une » de son numĂ©ro 12, annonce « 95D mon amour ! Comment aborder, sĂ©duire, faire rĂŞver une fille Ă  gros seins ». Et les photographies illustrant FHM proposent chaque mois leur lot de femmes rĂ©duites au rang d’« objets accueillants, attrayants, disponibles ».

Les difficultĂ©s Ă©conomiques rencontrĂ©es par cette presse pour hommes pourraient laisser penser qu’il ne s’agit lĂ  que d’une sorte de survivance archaĂŻque, qui serait, comme d’autres, vouĂ©e Ă  disparaĂ®tre mĂ©caniquement. Il n’en est rien. On assiste au contraire Ă  une contre-offensive des « hommes vĂ©ritables » (et vĂ©ritablement « machos », dont l’industrie pornographique est un efficace amplificateur [5]). Et c’est bien plutĂ´t Ă  une explosion des reprĂ©sentations infĂ©riorisantes des femmes que l’on pourrait assister, confortĂ©e par l’émergence d’un espace de diffusion numĂ©rique qui constitue Ă  la fois pour ces magazines un moyen d’augmenter leur audience mais aussi une source de concurrence accrue.

Tous les magazines pour hommes ne sont pas identiques. Mais la tentation de rĂ©duire les femmes Ă  l’état d’objet se retrouve y compris dans des magazines qui, tel L’Optimum, prĂ©tendent constituer des magazines masculins « culturels ». Qu’on en juge par la « une » du numĂ©ro de juin 2012... mĂŞme si l’on admet qu’il faudrait la prendre au second degrĂ©.

Le corps masculin comme objet de culte médiatique

Mais les magazines masculins ne se contentent pas – comme tant de publicitĂ©s â€“ d’imposer ces reprĂ©sentations sexistes, exhibant des femmes en position d’infĂ©rioritĂ©, passives, objets offerts au regard des hommes. De manière souvent beaucoup moins visible, mais donc plus insidieuse, la presse masculine tend Ă  transmettre une image de ce qu’est ou doit ĂŞtre un homme, et contribue par lĂ  Ă  construire une vision du « masculin » ajustĂ©e Ă  la vision « machiste », mĂŞme quand elle se veut dĂ©licate, du « fĂ©minin ».

Cette construction du « masculin », la presse pour hommes ne la produit pas de toutes pièces et par sa seule force propre. Le sociologue Ă©tats-unien Erving Goffman, parlant de la « ritualisation de la fĂ©minitĂ© » [6], soulignait que les publicitaires – mais on pourrait en dire autant des rĂ©dacteurs de la presse masculine â€“ « ne crĂ©ent pas les expressions ritualisĂ©es qu’ils emploient » mais « exploitent » des reprĂ©sentations prĂ©existantes : « Au plus, ils ne font que conventionnaliser nos conventions, styliser ce qui l’est dĂ©jĂ , faire un usage frivole d’images dĂ©contextualisĂ©es, bref leur camelote, si l’on peut dire, c’est l’hyper-ritualisation. »

Ainsi, ce n’est qu’en agissant conjointement avec l’industrie de la santĂ© ou du sport – qui opèrent pour leur compte via la publicitĂ©, des Ă©missions de tĂ©lĂ©vision ou des articles de presse gĂ©nĂ©raliste â€“ que la presse masculine peut contribuer Ă  imposer des reprĂ©sentations et des normes, notamment corporelles. Et si les femmes sont l’objet d’injonctions permanentes Ă  la minceur, les hommes se voient imposer des modèles physiques rĂ©clamant toujours « plus de muscle ! » (pour reprendre la « une » du numĂ©ro de mai 2012 de Men’s Health).

On trouve Ă©galement sur le site du mĂŞme magazine de prĂ©cieuses indications, notamment dans un article intitulĂ© : « Boostez votre virilitĂ© grâce Ă  la testostĂ©rone ». Pourquoi un tel intĂ©rĂŞt pour la testostĂ©rone, dont Men’s Health se garde bien d’ailleurs de prĂ©ciser les dangers quand elle est administrĂ©e par voie externe ? Parce que cette « hormone mâle secrĂ©tĂ©e par les testicules, joue un rĂ´le important dans le dĂ©veloppement de notre corps et de notre sexualitĂ©. Il va donc sans dire qu’il est important, voire primordial, de la garder Ă  un niveau Ă©levĂ© ! » Men’s Health se donne donc pour objectif, charmante attention, d’expliquer « comment faire pour que notre taux de testostĂ©rone crève le plafond » !

Il est vrai que le magazine Men’s Health s’est spĂ©cialisĂ©, comme l’indique son titre, en occupant le crĂ©neau de la forme physique et des conseils en matière de musculature. Mais cette norme corporelle – imposant un souci permanent de soi, ou du moins de son apparence physique â€“ parcourt la plus grande partie des magazines masculins, avec plus ou moins de subtilitĂ©. Ainsi du magazine H for Men, qui promettait Ă  la « une » de son numĂ©ro d’octobre/novembre 2011 « un automne 100 % musclĂ© », et qui, en juin 2012, annonce en « une » : « Muscu, 3 semaines pour des abdos en bĂ©ton ».

Il s’agit lĂ  d’une transformation rĂ©cente, dans la mesure oĂą, comme l’écrit Estelle Bardelot, « cette spĂ©cialisation autour des sujets ayant trait Ă  l’ego, Ă  la santĂ© ou au bien-ĂŞtre des hommes est rĂ©cente en France : jusqu’alors, la presse destinĂ©e aux hommes s’intĂ©ressait avant tout au charme, Ă  l’automobile et Ă  la mode. » [7]

« Bien parler Ă  son patron », ou comment devenir entrepreneur de soi-mĂŞme

Mais Men’s Health ne s’en tient pas Ă  des conseils pour obtenir un « ventre extra-plat », un « corps tout neuf » ou un « mental d’acier ». On trouve, par exemple, dans le numĂ©ro de mai 2012 un allĂ©chant article intitulĂ© : « Comment bien parler Ă  votre patron ? ». L’auteur de l’article y donne notamment quelques judicieux conseils pour « devenir un virtuose de la rĂ©union » et dĂ©taille une vĂ©ritable panoplie du salariĂ© modèle (selon les critères patronaux) : savoir, par exemple, « humilier adversaires et concurrents (les autres ont peut-ĂŞtre besoin qu’on les secoue un peu) », ou maĂ®triser l’art « de la flatterie dosĂ©e et tombant Ă  point (ne pensez surtout pas que ce n’est pas un aspect important du boulot) ». Suivent quelques banalitĂ©s sur le bon usage du smartphone et des e-mails, ou encore sur le moyen d’être « un bon porteur de mauvaises nouvelles », mais surtout ce dernier conseil :

Au bout du compte, le patron pense que les gars qui l’écoutent le plus sont ceux qui sont aussi les plus expansifs. Donc asseyez-vous et Ă©coutez. […] Vous verrez qu’à la fin [votre patron] sera littĂ©ralement comblĂ© de constater Ă  quel point il est marrant et parvient Ă  captiver son auditoire, Ă  fasciner tout en restant lui-mĂŞme. Et puis, qui sait ? Un jour, peut-ĂŞtre vous glisserez-vous subrepticement dans ce territoire Ă  la limite du boulot et de la vie sociale, vĂ©ritable aboutissement des rapports cordiaux… Je parle ici de l’amitiĂ©. Croyez-moi, c’est lĂ  que tout se passe, que tout est bien plus drĂ´le et bien plus rose. Sans parler de l’aspect matĂ©riel.

Hommes, ne vous souciez donc pas seulement de votre carrure, car des « abdos en bĂ©ton » et autres « bras toujours plus forts » ne sauraient suffire. Il faut encore ĂŞtre en mesure de « voir avec les yeux du boss » ! Plus profondĂ©ment, si un magazine qui se donne pour objectif l’amĂ©lioration de la forme physique des hommes, mais surtout l’accroissement de leur musculature, peut tomber dans une lĂ©gitimation aussi caricaturale du pouvoir patronal, c’est qu’une mĂŞme version de l’épanouissement individuel les soutient : celle de la performance individualiste rĂ©pondant aux normes du nĂ©olibĂ©ralisme, qui prĂŞche la transformation de l’individu en entrepreneur de soi, vouĂ© Ă  la maximisation de son potentiel (notamment physique) et Ă  l’extension continue de son « capital humain » [8].

La presse masculine, comme la presse fĂ©minine, reste pourtant très hĂ©tĂ©rogène. Deux raisons viennent accentuer son hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©. D’abord, contrairement au petit monde que composent les magazines fĂ©minins, l’émergence du monde nettement plus rĂ©duit de la presse masculine est rĂ©cente et l’identitĂ© de cette presse apparaĂ®t donc encore en voie de constitution – mĂŞme si elle s’appuie sur des tendances anciennes propres aux magazines de charme, de sport, de mode ou automobile (selon les titres).

En second lieu, et plus largement, de la mĂŞme manière que l’on trouve des orientations diffĂ©rentes dans la presse gĂ©nĂ©raliste (Le Nouvel Obs n’étant, par exemple, pas tout Ă  fait identique au Point), les titres de la presse masculine se distinguent par bien des traits, chacun essayant – pour s’assurer un lectorat spĂ©cifique (adolescents vs trentenaires, lecteurs populaires vs lecteurs bourgeois, amateurs de sport vs consommateurs de loisirs « cultivĂ©s », etc.) â€“ d’occuper un crĂ©neau particulier ou de se mĂ©nager une « niche ».

GQ ne saurait ainsi ĂŞtre identifiĂ© Ă  FHM, ou Men’s Health Ă  L’Optimum. Mais de mĂŞme que Le Nouvel Obs et Le Point – pour ne prendre que ces exemples – peuvent, malgrĂ© ou dans leurs diffĂ©rences, contribuer ensemble au maintien du statu quo idĂ©ologique – leurs oppositions secondaires masquant un consensus sur un certain nombre d’énoncĂ©s passant pour d’incontestables postulats, telle l’inĂ©vitabilitĂ© du capitalisme par exemple â€“, une solidaritĂ© souterraine apparaĂ®t entre les magazines masculins.

Chacun d’entre eux tend en effet Ă  accomplir – Ă  sa mesure, c’est-Ă -dire selon un style qui lui est propre et se trouve consciemment adaptĂ© au lectorat visĂ© â€“ une fonction de production du « masculin », soigneusement opposĂ© Ă  tout ce qui pourrait se trouver identifiĂ© au « fĂ©minin ». Cette entreprise de distinction n’a d’ailleurs nul besoin d’être visĂ©e en tant que telle par les rĂ©dacteurs de ces magazines, tant se trouvent profondĂ©ment incorporĂ©es les frontières entre « masculin » et « fĂ©minin », mais surtout le fait que toute incursion dans le domaine assignĂ© Ă  l’autre sexe constitue une transgression (acceptĂ©e si elle est temporaire, mais condamnĂ©e si elle prĂ©tend Ă  davantage).

***

Sans une enquête précise auprès de ses lecteurs, il est difficile de décrire et d’analyser les effets spécifiques produits par la presse masculine et d’évaluer la portée, mais aussi les limites, de la contribution que ces magazines apportent au maintien, sous les dehors de la modernité, de la distribution des rôles sociaux entre les hommes et les femmes. Mais il ne fait guère de doute qu’ils y contribuent et révèlent comment se fabrique l’identité masculine entre les marges de manœuvre concédées aux femmes (du fait de plusieurs décennies de luttes féministes) et le statut de supériorité toujours accordé aux hommes.


Annexe : Le petit monde de la presse masculine

Éprouvant rĂ©gulièrement des difficultĂ©s Ă©conomiques, les magazines qui composent le paysage de la presse dite masculine n’ont pas la mĂŞme longĂ©vitĂ© que les « fĂ©minins ». LĂ  oĂą Elle et Marie-Claire, pour ne prendre que ces deux exemples emblĂ©matiques, sĂ©vissent depuis des lustres (1945 pour le premier, 1937 pour le second), le plus ancien – L’Optimum – a Ă©tĂ© fondĂ© en 1996 par le groupe Jalou, mĂŞme s’il se trouve en fait en continuitĂ© avec L’Officiel Homme, lancĂ© en 1977. Deux des magazines fondĂ©s en 1999 sont parvenus, bon an mal an, Ă  se maintenir : Men’s Health, version française du magazine masculin qui possède le plus d’éditions dans le monde (43 d’après la notice WikipĂ©dia qui lui est consacrĂ©e) et FHM (For Him Magazine), Ă©galement version française d’un magazine qui compte 29 Ă©ditions nationales. Plus rĂ©cemment, ce sont – dans des veines très diffĂ©rentes – les magazines H for men et GQ qui ont Ă©tĂ© fondĂ©s, le premier en 2007 et le second en 2008 (mais celui-ci constitue la version française d’un magazine Ă©tats-unien lancĂ© en 1957, sous le titre Gentlemen’s Quarterly). De manière gĂ©nĂ©rale, les tirages de ces magazines sont faibles, en comparaison avec le reste de la presse magazine et notamment de la presse dite « fĂ©minine ». D’après l’OJD, les tirages de L’Optimum et de Men’s Health s’établissaient respectivement pour 2011 Ă  66 000 et 74 000 (46 000 et 45 000 vendus), tandis que FHM et GQ tiraient Ă  124 000 et 167 000 (pour 73 000 et 102 000 vendus). ExceptĂ© GQ, qui progresse depuis 2009, la presse masculine apparaĂ®t en crise : FHM a ainsi vu ses ventes diminuer de moitiĂ© entre 2006 et 2011 ; de mĂŞme pour L’Optimum, qui tirait Ă  plus de 150 000 exemplaires en 2008 (pour 74 000 ventes). Ă€ titre de comparaison sur l’annĂ©e 2011, les magazines Elle, Cosmopolitan et Marie-Claire tiraient respectivement Ă  515 000, 598 000 et 674 000 exemplaires, pour 411 000, 423 000 et 482 000 ventes.

Notre association

Acrimed, observatoire des médias

Acrimed (Action-Critique-Médias) est une association d'intérêt général à but non lucratif, fondée en 1996. Observatoire des médias né du mouvement social de 1995, Acrimed cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d'une critique indépendante, radicale et intransigeante.

Qui sommes-nous ?

Pour qu'un autre monde soit possible, d'autres mĂ©dias sont nĂ©cessaires !

Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l'association.