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De nouveaux chiens de garde ?

La clémence de Laurent Joffrin, juge de Serge Halimi

par Henri Maler,

Sur le site du Nouvel Observateur, Laurent Joffrin répond "on line", début février 2001. Cela mérite bien quelques commentaires.

Serge Halimi ? Systématique...

- Question de jsb : Cher Monsieur, Que pensez-vous des ouvrages de Serge Halimi sur le fonctionnement des médias ? (Les Nouveaux chiens de garde. L’opinion ça se travaille). Merci.
- Réponse de Joffrin : Ils sont trop systématiques. Je connais bien le premier pour lui avoir consacré un long article. Il brille par son absence d’enquête. Les dérives dénoncées existent.

Ainsi Laurent Joffrin a enquêté sur le livre de Serge Halimi qui, « sans enquête », ... a livré une masse de faits avérés et mis en évidence leur concordance. Des « dérives », concèdent Laurent Joffrin. Mais lesquelles ? On attend avec impatience le prochain numéro du Nouvel Obs pour le savoir. Si ces dérives ont pu être relevées dans un ouvrage qui « brille par son absence d’enquête » que révèlera l’enquête que le Nouvel Obs n’a pas encore effectuée ? Nous tremblons d’inquiétude...

- Suite de la réponse de Joffrin : Mais dans nos démocraties de marché, il est faux de dire que l’information est entièrement sous tutelle. Certains médias le sont, d’autres non. Tous les courants de l’opinion trouvent à s’exprimer.

Pas entièrement sous tutelle ? Admettons. Mais un peu, beaucoup, passionnément ? C’est l’enquête si longtemps différée du Nouvel Obs qui permettra de l’établir ... Quant à l’expression de tous les courants d’opinion, peu importe à quelles conditions et avec quels tirages, surtout s’il ne cherchent ni groupe financier ni publicitaires pour les soutenir.

Halimi a raison de pointer, en revanche, le conformisme de certains éditorialistes.

Quel conformisme ? Quels éditorialistes ? Ceux du Nouvel Observateur ?)

Serge Halimi, conformiste

- Question de giflet : Des gens comme Serge Halimi vous décrivent comme le journal parangon de la transmission d’une sorte d’idéologie dominante totalement convenue et intégré au système. Votre réponse ?
- Réponse de Joffrin : Les gens comme Halimi formulent les critiques les plus traditionnelles adressées depuis toujours à la gauche réformiste par l’extrême gauche. Elles sont parfois justes et souvent fausses.

On n’ose penser que cette réponse traditionnelle ne reflète pas le conformisme de certains éditorialistes. Mais puisque les critiques de Serge Halimi sont parfois justes, pourquoi ne pas le dire plus clairement et ne pas les reprendre ? Par pudeur ? Il est vrai que la prudence de Laurent Joffrin sur le second ouvrage de Serge Halimi (et Dominique Vidal) - L’opinion ça se travaille - mérite des éloges. Ce livre n’ a été mentionné que 4 fois dans les colonnes du Nouvel Observateur : dans le palmarès des 25 meilleurs ventes d’essais. Et pour le reste : motus et stylo cousu.

Tout en clémence, comme on le voit, Laurent Joffrin a peut-être oublié la réponse - ni traditionnelle, ni systématique - qu’il adressait à une foule anonyme de légionnaires : « Pour des auteurs comme Serge Halimi ou Pierre Bourdieu, suivis par des légions de disciples, les médias occidentaux sont une vaste machine à décerveler mise au service du capital pour garantir la pérennité d’ un ordre social injuste. » (Laurent Joffrin, Le Nouvel Observateur, 13 juillet 2000). Quand Joffrin résume, où se trouve la caricature ?

 
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