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Frissons d’un autre âge : la télé-préfecture (SNJ-CGT France 3 Toulouse)

Nous publions ci-dessous un communiqué du SNJ-CGT de France 3 Toulouse, avec quelques compléments (Acrimed).

En gros, voici l’histoire …

Le rédacteur en chef de FR3 Toulouse déjeune vendredi dernier avec le préfet qui lui donne les chiffres du chômage (en baisse naturellement). De retour vers 17H à FR3, ledit rédacteur en chef, réactif et courageux, demande à un journaliste de permanence de faire « un 50 secondes » sur ce sujet pour « le régional » de 19H. Aussitôt dit, aussitôt fait, le journaliste fait sa rapide enquête et consulte différentes sources dont un syndicaliste CGT ANPE qui conteste les chiffres vu les catégories non prises en compte etc., etc.

Le sujet ne passe pas et le journaliste s’en étonne. Réponse du rédacteur en chef réactif et courageux : « C’était juste un encadré, ce n’était pas ce que je t’avais demandé. T’aurais du donner les chiffres un point c’est tout. » (propos rapportés approximativement par un délégué SNJ-CGT de la station). [Correspondance Acrimed-Toulouse]

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Communiqué du SNJ-CGT

Vendredi 30 novembre, 17H30…

Un journaliste du BRI de Toulouse est chargé par le Rédacteur-en-Chef de rédiger un desk sur les chiffres de l’emploi fournis par la Préfecture.

Le journaliste fait ce pour quoi il est payé : il prend du recul, il vérifie, il confronte et note que ces chiffres officiels ne prennent pas en compte l’ensemble des demandeurs d’emploi. Dans son papier, il l’évoque donc. Normal …

Normal ? Non !

Il semblerait que cette normalité n’ait plus cours dans cette rédaction. Ici, on ne relativise pas la parole de l’Etat, ou, plus prosaïquement, on ne prend pas le risque de mécontenter la Préfecture.

Alors, le rédacteur en chef trappe le sujet, rabroue le journaliste, et lui conseille même : « Tu n’as qu’à prévenir ton syndicat. »

C’est fait. Et non seulement le syndicat en question le fait savoir mais aussi menace : la prochaine fois qu’on empêchera les journalistes de faire correctement leur travail, ils cesseront leur travail.

Les temps ont changé. Aujourd’hui, les journalistes lutteront pour conserver leur indépendance.

Toulouse, le 3 décembre 2007


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- Sur le Blog de LibéToulouse, sous le titre « France 3 Toulouse ou "Télé-préfecture" ? », on peut lire le texte qui n’a pas été diffusé à l’antenne :

« Les chiffres officiels indiquent que le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE diminue (…) de 10,8% en Midi-Pyrénées et même de 13,1% en Haute-Garonne. Des chiffres certes excellents, reprend le journaliste, mais qui selon la CGT de l’ANPE, ne prennent que très peu en compte par exemple les bénéficiaires du RMI, (…) les nombreux demandeurs d’emploi en formation (…et) ne restituent pas l’augmentation de la précarité en terme de temps partiels subis, de contrats à durée déterminée et de contrats aidés. »

On peut lire aussi les explications du rédacteur en chef… et, les commentaires du blogueur de LibéToulouse qui ironise, en toute solidarité, sur le « ton » du communiqué (« Le ton est ferme et le menton décidé », « un ton comminatoire ») et conclut : « Les deux parties sont irréconciliables. Elles se le font savoir en se saluant à peine dans les couloirs. On ne dira jamais assez que la vie à France 3 est un vrai bain de grenadine. »

… Tandis que la vie à Libération est sans doute et en permanence un véritable bain de lait d’ânesse.

 

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