Bonjour,
Chaque matin, Ă l’heure du cafĂ©, je descends chercher l’Ouest dans ma boĂ®te aux lettres...
Chaque matin je bouille, je transpire, je me dis qu’il faudrait un "ombdusman", quelqu’un qui simplement remet les pendules Ă l’heure.
Pas tant dans le traitement de l’actualitĂ© locale... après tout, Ă chaque fois que je lis un compte-rendu d’une activitĂ© Ă laquelle j’ai participĂ© je suis globalement d’accord avec le journaliste (ou plus souvent le (la) pigiste, eh oui, il y a aussi de l’emploi prĂ©caire dans le secteur intellectuel). Bien Ă©videmment je peste sur la hiĂ©rarchisation des thèmes, sur les choix de couvrir ou de faire silence... mais bon.
Non, ce qui provoque des bulles dans mon sang c’est plutĂ´t la façon dont des choix politiques sont prĂ©sentĂ©s comme des Ă©vidences. C’est cela, la vĂ©ritable idĂ©ologie : rendre naturel ce qui est largement le produit de choix politiques, culturels....
Ce matin encore, ce titre en une : "Raffarin prêt à discuter mais sans rien lâcher"
Attendez, Ă quoi ça sert une "discussion" avec des "partenaires sociaux" si on dĂ©cide d’avance de "ne rien lâcher" ?
Jean-Yves Boulic (lui, il fait toujours monter ma tension, Ă moins que se soit le cafĂ© ? ), dans son Ă©ditorial, dĂ©crypte : "C’est devenu si rare, qu’aujourd’hui, quand un gouvernement affiche dĂ©termination et fermetĂ©, on le taxe d’arrogance. Pour faire face Ă la faillite programmĂ©e des retraites, il n’y a que des solutions dĂ©sagrĂ©ables"
L’idĂ©ologie consiste Ă rĂ©pĂ©ter "faillite programmĂ©e" quand il existe plein d’autres solutions Ă une faillite qui n’est certainement pas aussi catastrophique. Rappelons qu’Ă court terme le rĂ©gime des retraites est encore positif, ce qui laisse le temps de discuter... du moins tant qu’on est dans la logique des retraites par rĂ©partition, c’est-Ă -dire quand les actifs d’aujourd’hui payent les retraites d’aujourd’hui.
L’idĂ©ologie, c’est aussi de dire que les solutions sont "dĂ©sagrĂ©ables"... la question est "pour qui ?" Par exemple, l’argent qui a Ă©tĂ© donnĂ© en cadeau l’an passĂ© aux riches en baissant l’impĂ´t dans les tranches supĂ©rieures est-il supĂ©rieur Ă celui qui est nĂ©cessaire pour garder une retraite Ă taux plein Ă 60 ans... Une question qui dĂ©range ? Une question pratique pourtant.
En politique, dans l’histoire, enfin, dans toutes ces "sciences" qui traitent du fait que les humains vivent ensemble, et que tant qu’ils vivent il y a des solutions qui Ă©mergent... rien n’est "obligatoire", on ne peut jamais dire "il n’y a pas d’alternative". Car c’est justement la capacitĂ© Ă trouver des alternatives qui donne tout son sens Ă la Politique....
Hervé Le Crosnier
PS : je voulais aussi parler d’un autre article dans le mĂŞme numĂ©ro de Ouest-France, mais ce serait trop long... alors je vous livre juste la phrase. A vous de mettre des ressorts sur votre chaise.
C’est l’interview du directeur de la Croix-Rouge qui justifie la fermeture du centre de soin de la GuĂ©rinière et de la Grâce de Dieu : "Cette fermeture est regrettable, c’est sĂ»r, surtout pour les habitants les plus dĂ©favorisĂ©s. Mais on allait Ă la catastrophe financière".
Bref, une "catastrophe prévisible" à laquelle la seule solution est de "faire payer les plus défavorisés"... Croix-Rouge ou Raffarin ?
Croix-Rouge !!!!