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Censure, course aux clics et burn-out dans les magazines de Bolloré (StreetPress)

Nous reproduisons, sous forme de tribune [1] et avec leur accord, un article de StreetPress paru le 24/10/2022. L’occasion de signaler que StreetPress vient de lancer une campagne de souscription. (Acrimed)

Depuis le rachat du premier groupe de presse magazine de France, Prisma Media, par Bolloré, ses journaux télés font la pub d’Hanouna et des films de Canal+, Voici parle de la vie sentimentale de Zemmour et Capital ne fait plus d’enquête.

« C’est un massacre en règle », juge un ancien cadre de Prisma Media. Le 31 mai 2021, l’entreprise est tombée dans l’escarcelle de Vivendi, groupe propriété du milliardaire Vincent Bolloré. Pour à peine 170 millions d’euros, le milliardaire ultra-conservateur s’est offert le leader de la presse magazine en France. Un groupe qui revendique toucher 40 millions de Français chaque mois avec des titres comme Capital, Voici, Gala, Géo, Ça M’intéresse, Neon, Femme Actuelle ou encore Télé-Loisirs…

L’objectif du nouvel actionnaire : créer des « synergies » entre ses différentes boîtes. Prisma Media doit devenir un immense panneau publicitaire pour les clients d’Havas, les artistes d’Universal Music Group, les films de Canal + ou les émissions de Cyril Hanouna. Quant aux journalistes, soit ils cèdent aux exigences du marketing, soit ils prennent la porte. Depuis le rachat, 130 journalistes en CDI sur 400 ont pris leur clause de cession. Un dispositif légal qui permet aux détenteurs de la carte de presse de quitter leur entreprise dans de bonnes conditions lorsque celle-ci change d’actionnaire principal [2]. La ruée vers la sortie n’est pas encore terminée. Selon les syndicats, une quarantaine de personnes devraient partir cette semaine.

Dans les bureaux désertés de Gennevilliers (92) règne une ambiance « morose », « glauque », voire « mortifère ». StreetPress s’est entretenu avec 25 salariés ou ex-salariés du groupe aux initiales rouges. Ils témoignent d’ingérence éditoriale, d’autocensure, d’une course aux clics effrénée, du mépris pour le journalisme et de conditions de travail dégradées.


« Il n’a rien à faire, les gens s’aplatissent d’eux-mêmes »


Sarko, Zemmour, Hanouna… Quand on rentre dans l’empire Bolloré, on ne dit plus de mal des copains. Et on fait la promo des produits maison. Dans les pages de Capital, le seul mag’ réellement sensible du groupe, pas une enquête sur Vivendi n’a été publiée depuis l’annonce du rachat. Une source proche de la rédaction nous assure qu’il s’agit d’instructions données par Arnaud de Puyfontaine (**), désormais à la tête du conseil d’administration de Prisma Media et bras droit de Bolloré dans les médias. Et de dévoiler :

« Sur le site Capital.fr, quand les journalistes web ont publié un sujet sur le chiffre d’affaires en chute libre du cabinet de Nicolas Sarkozy, les supérieurs ont essayé de faire pression pour faire sauter le truc. »

Capital a aussi cessé de publier son classement des patrons préférés des Français, dans lequel Vincent Bolloré recevait des notes de plus en plus faibles. Un article expliquant comment résilier son contrat Canal + a également été retiré du site, révèle La Lettre A. Et c’est la rubrique des « dérapages » – qui chaque mois épingle l’échec économique d’une entreprise – que Vivendi aurait désormais dans le viseur.

Chez Prisma Media, où la plupart des titres ne sont pas politiques, l’influence éditoriale passe surtout par l’autocensure. « Ce qui m’a frappé c’est que tout le monde est terrifié. Les enquêtes précédentes sur ce que Bolloré a fait chez I-Télé [devenu CNEWS] et Canal + entretiennent cette peur. Du coup, quand il déboule, il n’a rien à faire, les gens s’aplatissent d’eux-mêmes », regrette Julie (*), journaliste dans un magazine du groupe depuis une dizaine d’années.

Les magazines télés, dont les rédactions sont regroupées au sein de la « Newsroom TV », ont également vu leur ligne changer. Consignes venues d’en haut ou excès de zèle ? Difficile à savoir mais en tout cas il faut désormais défendre les chaînes du groupe.


Les amours de Zemmour et une série sur Jésus


Avant Noël dernier, les journalistes de Télé-Loisirs ont été invités à se rendre dans une église pour assister à la conférence de presse de la série The Chosen, diffusée sur C8 et qui raconte la vie de Jésus. Finalement, après qu’ils aient protesté, ils ont échappé au raout mais pas à l’article promotionnel sur la série. « On nous a imposés d’écrire dessus », s’agace Pierre (*). Un de ses collègues a dû enlever une lettre critiquant Cyril Hanouna – l’animateur de Touche Pas à Mon Poste ! adoré de Vincent Bolloré – du courrier des lecteurs.

Autant d’ingérences qui alimentent les rumeurs et nourrissent la défiance. À la machine à café, tout le monde parle du grabuge provoqué par la Une du numéro de Voici, sorti le 23 septembre 2021. Sarah Knafo, la nouvelle compagne de 28 ans d’Éric Zemmour, est introduite comme « sa conseillère très particulière ».

Le rédacteur de la revue people avait écrit un premier texte acerbe qui taclait ce politique ultra-conservateur prônant des valeurs traditionnelles qui trompe son épouse avec une femme beaucoup plus jeune. Mais le service juridique a édulcoré le texte, prétextant le risque de diffamation. Les journalistes de Voici montent au créneau. Ils en viennent à se demander si on ne leur a pas mis la paparazzade sous le nez dans le but caché de faire parler du futur chef de Reconquête ! avant qu’il n’annonce sa candidature à la campagne présidentielle. Personne n’a eu le fin mot de l’histoire.


Les mensonges de Yannick Bolloré et d’Arnaud De Puyfontaine


Retour en arrière. 14 décembre 2020. Julie se réveille en apprenant sur Twitter, horrifiée, le rachat futur de sa boîte par Vincent Bolloré. Le milliardaire breton qui a notamment fait fortune dans les ports en Afrique détient déjà Canal +, CNews, C8, Universal Music Group, Havas, Éditis, Gameloft, Dailymotion, L’Olympia… :

« On aurait dit un mauvais scénario. »

Crise sanitaire oblige, c’est en visioconférence qu’on les réunit pour leur annoncer officiellement la nouvelle. Rolf Heinz, le patron de Prisma Media, peine à retenir ses larmes. En interne, c’est la sidération. Les journalistes de Capital, canard libéral connu pour ses enquêtes piquantes et qui n’a jamais épargné Vivendi, tremblent. Mélanie (*), une salariée du service marketing trouve compliqué d’être dirigée « par un mec qui pense que l’homophobie est une opinion ».

Beaucoup vont décider de partir en profitant de la clause ouverte le 1er juin 2021 jusqu’au 1er novembre prochain. En un an et demi, l’hémorragie ne s’est jamais arrêtée. Certains qui voulaient déjà quitter la boîte, profitent de l’aubaine pour partir avec un gros chèque.

Bertelsmann, la multinationale allemande qui a vendu Prisma Media, a préparé le terrain pour Vincent Bolloré. « Il y avait déjà une dégradation, Vivendi a accéléré le mouvement », explique Jean-Marie Bretagne, secrétaire du CSE [Le comité social et économique est l’instance de représentation du personnel d’une entreprise] et chef de rubrique chez Ça M’intéresse.

Quand Yannick Bolloré, fils cadet de Vincent et président du conseil de surveillance de Vivendi et Arnaud De Puyfontaine, nouveau big boss de Prisma Media, arrivent, ils font de belles promesses. Le live vidéo du 1er juin 2022 a marqué les esprits. Depuis le Hashtag Studio, une pièce cosy aux couleurs pastels, le PDG Rolf Heinz tend le micro à ses deux nouveaux patrons. « La qualité du contenu rédactionnel, donc des journalistes, c’est quelque chose qui nous est très cher », assure Yannick Bolloré. Et Arnaud De Puyfontaine d’insister : « Nous allons réenchanter la presse magazine ». Peu de journalistes sont dupes.


RIP la charte éthique


Ils sont quelques-uns à immédiatement organiser la résistance comme ils peuvent. « Dès qu’on a appris le rachat, on a créé des Sociétés de journalistes (SDJ) chez Capital, Ça M’intéresse, Géo et Neon [association de journalistes au sein d’une rédaction veillant à l’indépendance] et on a demandé une charte éthique », raconte Julie. Un texte déontologique établissant que l’actionnaire n’a pas le droit d’intervenir sur le contenu éditorial. Journaliste parti avec sa clause, Hugo (*) lâche :

« Les négociations pour la charte ont été une vaste blague. »

En septembre 2021, Claire Leost (**), ex-consultante chez McKinsey passée par Lagardère et CMI [holding tchèque de Daniel Kretínský, propriétaire de Marianne], remplace Rolf Heinz. Elle prend les négo’ en cours de route et balaie l’idée d’une charte d’un revers de main. « La garantie de l’indépendance, c’est moi », lance-t-elle en réu’. « À partir de là, on sait qu’on n’aura jamais de protection », dit Emmanuel Vire, secrétaire général du syndicat SNJ-CGT et journaliste chez Géo.


« Synergies » et « advertainment » : le marketing a les pleins pouvoirs


Quant à l’amour prétendu de Vivendi pour les journalistes et la presse magazine, les salariés de Prisma Media ont vite déchanté. Lors du live rose-bonbon du 1er juin, le mot « synergie » est mis sur la table. Il est depuis dans toutes les bouches. « Le mode de fonctionnement de notre groupe est un mode de très grande collaboration avec les uns et les autres », a expliqué Arnaud De Puyfontaine. Yannick Bolloré lance l’expression « advertainment » : « Une sorte de flux de convergence entre les métiers de la communication et les métiers des contenus. » Prisma Media doit faire la publicité des clients d’Havas, des artistes d’Universal Music Group et des films de Canal +.
« La frontière entre le marketing et le journalisme est en train de disparaître. On prend de plus en plus de pouvoir », déclare Mélanie du service marketing. Même si elle est du côté de la pub, la jeune femme est attachée à l’indépendance des médias, alors elle sabote volontairement les projets :

« Quand quelqu’un lance une très mauvaise idée en réunion, je la soutiens. C’est ma manière de résister. »

« On nous oblige à dire du bien de films de merde, sans jamais préciser qu’il s’agit de pub », s’énerve Charles (*) de la Newsroom TV. Les journalistes ciné ont dû broder sur les navets « Cosmic Sin » avec Bruce Willis ou « The Desperate Hour » avec Naomi Watts, distribués par Canal +. « Pour être bien référencé sur Google, 2.000 signes minimum de vide. » Les partenariats et les publireportages ne sont jamais signalés aux lecteurs. Le journaliste Victor soupire :

« C’est une sorte d’économie circulaire qui rapporte un biff’ de malade à Bolloré mais dans laquelle le journalisme est mort. »


Bienvenue à la novlangue des financiers


Le multi-milliardaire honore sa réputation de « cost killer ». Les départs pour clause ne sont quasiment pas remplacés. Dans un des magazines, un rédacteur en chef qui a refusé de faire des coupes budgétaires a été mis à la porte, licencié pour faute. Au fil des mois, tous les rédac’ chefs historiques ont pris leurs cliques et leurs claques. Leurs postes sont de plus en plus « mutualisés ». C’est-à-dire que la norme est qu’il y ait désormais un seul rédac’ chef pour plusieurs titres. De la même manière, chaque poste de journaliste est « challengé ». Cela veut dire que s’il est possible pour les autres d’absorber la charge de travail supplémentaire, il n’est pas remplacé.

Plusieurs témoins ont l’impression que les managers poussent les journalistes à partir. Ils décrivent l’attitude violente de Pascale Socquet, nommée directrice exécutive en avril dernier après avoir gravi les échelons au service marketing (**). « Elle nous fait comprendre qu’il va falloir qu’on bosse plus vu qu’on est moins nombreux. Elle est complètement hors-sol et ne se rend compte que des rentrées et de sorties d’argent », estime la journaliste Madeleine (*). Quant à sa consœur Virgine (*), sa supérieure lui a dit cash qu’elle allait devoir travailler de façon plus intense et rentabiliser les pauses.

« En ce moment, Prisma Media est dirigé par une clique de 15 ou 20 personnes qui doivent tout donner pour impressionner Vivendi et garder leur place. C’est à qui fera le plus d’économies », analyse Mélanie. Virginie a le même ressenti. « Tous ces chefs n’ont pas besoin qu’on leur dise de serrer la vis. Ils veulent montrer qu’ils sont les meilleurs “cost killers” qui soient. On a l’impression que les fauves sont lâchés. » Et de citer Pascale Socquet qui aurait dit lors d’une réunion :

« Ce n’est pas toujours Bolloré le grand méchant loup. C’est nous qui décidons de ne pas remplacer. »

Une déclaration confirmée par plusieurs témoins.

En même temps que cette politique sociale brutale est arrivée une novlangue Bolloré. Prisma Media est désormais un « groupe financier ». « Les journaux de Prisma Media étaient faits avec beaucoup d’argent pour en rapporter encore plus », décrypte Jean-Marie Bretagne, « maintenant j’ai l’impression qu’on est entré dans une économie de chasse à la dépense où l’on raisonne de façon totalement inverse ». « On ne nous parle plus de lectrices mais de clientes », témoigne une journaliste d’un magazine féminin. « Il n’est pas utile de faire de la surqualité », est une autre expression entendue en réunion.

Chez Capital, après dix départs non remplacés, il ne restait en septembre que trois journalistes pour faire le magazine. Ironie du sort, comme l’ont notamment raconté nos confrères d’Arrêt sur images, l’ex-rédacteur en chef adjoint Gilles Tanguy est parti créer « L’Informé », un nouveau média en ligne d’enquête économique financé par un autre milliardaire français, Xavier Niel. Il a embarqué la plupart des plumes de son ancien journal avec lui. Alors, il faut bricoler pour boucher les trous. En conférence de rédaction, une cadre aurait suggéré de mettre plus de tableaux et d’illustrations pour remplir les pages. Dans un autre magazine, une secrétaire de rédaction s’est entendue dire qu’il n’était plus nécessaire de vérifier les informations, mais seulement de corriger les fautes d’orthographe.


« Monsieur Ganz », l’époque glorieuse de Prisma Media


Un crève-cœur pour ceux qui ont connu les premières heures de Prisma Media, fondé en 1978 par l’Allemand Axel Ganz, homme de presse très apprécié de ses équipes qui le surnommaient « Monsieur Ganz ». « C’était un groupe fondé sur l’idée que la presse populaire pouvait être de qualité et que ce n’est pas parce que c’était Femme Actuelle qu’on ne vérifiait pas dix fois les informations », rembobine avec nostalgie Jean-Marie Bretagne, dont les premiers articles remontent à 1993. Et ça marche : « Femme Ac’ » se vend à plusieurs millions d’exemplaires. Il se souvient aussi de cette rédactrice en chef qui envoyait valser les requêtes des annonceurs.

En 2005, Ganz rend son siège de président. Rolf Heinz débarque en 2009. Il est considéré « sans vision » par ses employés. En 2014, Bertelsmann entame de gros plans d’économie. « Les départs naturels ne sont plus remplacés et on est arrivé sur un modèle plus low-cost », estime Emmanuel Vire. Sous Bolloré, c’est la version augmentée.


Les forçats du clic sauce Bollo’


Paul (*), un jeune journaliste web embauché après le rachat est au bout du rouleau. « La masse de travail est énorme, on est tout le temps crevé. On ne fait que du SEO [L’acronyme de Search Engine Optimization, stratégie employée pour faire remonter les articles dans le moteur de recherche], des diaporamas ou des opérations spéciales avec des marques. » « Si vous n’êtes pas d’accord, on vous remplace », lui a lancé sa cheffe quand il s’en est plaint. Le vingtenaire refuse pour l’instant d’envoyer le bilan chiffré de ses stat’ à sa supérieure comme elle lui a demandé :

« Si j’avais eu la vraie fiche de poste, je n’aurais pas postulé. »

« Je crois clairement que la volonté de Bolloré est de faire du Reworld Media », estime Emmanuel Vire. Le syndicaliste fait référence au groupe français surnommé « marchands de clics », une ferme à contenus où les rédacteurs remplacent les journalistes, le nombre d’articles prend le pas sur le fond et le turnover est énorme.

Vivendi a par ailleurs mis un coup d’accélérateur sur l’externalisation qui était déjà en cours. Léa (*) est au web d’un magazine du groupe depuis de nombreuses années. On lui a demandé de ne plus commander d’articles à des journalistes pigistes mais uniquement à des agences telles que 6médias et hREF, qui coûtent beaucoup moins cher. « On paie 35 euros les 2.500 signes, et l’agence verse encore moins aux rédacteurs. C’est ridicule. Du coup, je ne leur demande pas de deuxième version, ce serait indécent. » Une sous-traitance qui permet à Prisma Media de contourner le droit du travail puisque les rédacteurs sont plus souvent payés sous le statut d’auto-entrepreneurs que de journalistes.

« L’information, ils s’en foutent. Tu peux faire un papier sur le caca, s’il fait un million de pages vues ils vont te demander d’en faire dix dessus », se désole la jeune femme. Pour trouver leurs sujets, les rédacteurs web doivent par exemple aller sur Google Trends pour voir ce qui marche.

Alors, quand la nouvelle PDG Claire Léost décide de mettre des « paywalls » sur les sites, à commencer par Capital.fr, les journalistes web rient jaune :

« Les gens ne vont pas payer pour du bas de gamme. »


Burn-out, perte de sens et anti-dépresseurs


Pour ceux qui ne peuvent pas partir car leur clause n’est pas assez intéressante, parce qu’ils ont peur de la précarité ou parce qu’ils ne sont pas journalistes, les conditions de travail sont particulièrement difficiles. « La surcharge de travail est telle que soit tu bâcles, soit tu fais un burn-out. Moi j’ai fait un burn-out », raconte Annick (*), une journaliste qui a plus de quinze ans de Prisma derrière elle et n’avait jamais craqué avant le rachat. « J’ai toujours bien fait mon travail, mais là c’était impossible. Je ne pouvais plus arriver au boulot sans pleurer », explique celle qui s’est faite arrêter plusieurs mois et a pris des antidépresseurs. « Depuis, je me suis fait une raison, je n’ai plus aucune motivation et j’ai accepté de mal travailler. »

Selon plusieurs témoins, si les burn-out sont loin d’être nouveaux chez Prisma Media, ils se multiplient depuis la vente. Le flou sur l’avenir du groupe entretenu par Vivendi ajoute au mal-être des salariés. « On n’est au courant de rien », soupire Victor, qui a mal au dos depuis plusieurs semaines :

« J’ai appris qui était mon nouveau boss dans La Lettre A. Tout est en train de partir à vau-l’eau et on ne sait pas de quoi demain sera fait. »


(*) Les prénoms ont été changés pour préserver l’anonymat des témoins.

(**) Contactés, Vivendi, Claire Leost et Pascale Socquet n’ont pas souhaité répondre à nos questions.


Lina Rhrissi


La journaliste de StreetPress Lina Rhrissi, auteure de cette enquête, a été journaliste en CDD pour Neon en 2017, puis journaliste pigiste pour Prisma Media jusqu’en septembre 2022. Elle a également été élue déléguée du personnel SNJ-CGT suppléante représentant les pigistes au CSE de Prisma Media de 2019 à septembre 2022.

 

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Notes

[1Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas nécessairement toutes les positions.

[2La clause de cession permet aux détenteurs de la carte de presse de quitter leur entreprise avec une indemnité correspondant à un mois de salaire par années d’ancienneté lorsque celle-ci change d’actionnaire principal. Une façon de garantir leur indépendance.

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