Accueil > Critiques > (...) > Kosovo : sur le vif (1999)

Bavures à Libération

par Henri Maler,

- Libération, 16 avril 1999, un titre à la « une » :

« Autopsie d’une bavure. L’Otan reconnaît avoir frappé par erreur un convoi civil, mercredi au Kosovo : 75 morts, selon Belgrade (...) ».

Un titre choc, et cinéphile (« Autopsie d’un meurtre » d’Otto Preminger) ; une image d’une élégance raffinée ; toute une vision de la guerre en un seul mot : bavure.

- Libération, jeudi 20 mai 1999, une analyse page 42 :

« Chaque bombardement imprécis et mortel de l’Otan (comme si les bombardements pouvaient être toujours précis, comme si la guerre ne portait en elle ses erreurs, l’approximation et la mort) est désormais qualifié ainsi. Bavure : pour le téléspectateur français, ce mot a un sens précis… Il évoque une opération de police en banlieue qui tourne mal. Et, pour être tout à fait clair, il signifie jeune d’origine étrangère tué par un policier. Bavure : cela concerne des sous-citoyens, plus ou moins marginalisés, que l’on visite sourire aux lèvres et fleur au fusil. Les mots révèlent tout : la société dans laquelle on vit, la guerre que l’on fait. Bavure souligne l’esprit de celle du Kosovo : une opération de police dans une zone de non-droit, peuplée d’Apaches, les uns victimes, les autres bourreaux, mais tous Indiens. » Philippe Lançon.

Espérons que ce rapprochement ne vaudra pas à Philippe Lançon un licenciement sec pour cause de lucidité.

 

Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l’association.

A la une

Halte aux casseurs du journalisme !

Un communiqué d’Acrimed à la suite de l’acte XXIII des gilets jaunes.

« Ne vous suicidez pas ! Rejoignez-nous ! » : le slogan oublié par les géants du journalisme

Un slogan adressé aux policiers lors de manifestations… mais incompatible avec le prêt-à-condamner dominant.