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« Aucune violence policière » : Jean-Michel Aphatie pris en flagrant déni

« Quotidien », TMC, 1er juin.

Deux jours après la victoire du PSG en Ligue des champions et les célébrations qui ont suivi à Paris (et ailleurs), l’émission de Yann Barthès disserte sur « les émeutiers qui ont gâché la fête » (01/06). C’est depuis le plateau de « Quotidien » que le chroniqueur Jean-Michel Aphatie glisse qu’on « ne note aucune violence policière » et qu’il faut par conséquent « rendre hommage aux policiers » [1] :

Jean-Michel Aphatie : Il faut noter – je suis tout à fait du côté du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez – que la police a agi avec beaucoup de professionnalisme. 890 personnes arrêtées mais on ne note aucune violence policière. Tout ça se fait… c’est quand même un travail difficile, là il faut y aller ! En plus, un journaliste de chaîne info le notait, la journée a été quand même caniculaire, c’est lourd, ces CRS passent des heures à attendre, ils sont harnachés, ça transpire un peu, donc quand même il faut rendre hommage aux policiers.

Aucune violence policière ? Un constat pour le moins inexact – pour preuves cet article de Mediapart sur les « méthodes violentes des forces de l’ordre » ; cette interview d’une avocate dans L’Humanité ; ou encore ce témoignage d’un étudiant face aux procureurs de BFM-TV (03/06).

L’assurance avec laquelle Aphatie livre son verdict erroné rappelle que pour un éditorialiste de plateau, il est possible et permis de rendre compte d’événements depuis un talk show sans connaître le dossier. C’est même le principe des émissions de bavardage. Par défaut, ce sont donc des préjugés et une vision du monde qui serviront de base argumentative. Et voici comment, malgré l’évidence, « aucune violence policière » devient tout à fait plausible. Il faut dire que les médias dominants ont un mal endémique à traiter cette question… y compris quand ça se passe devant leurs caméras.


Maxime Friot

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