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Attentats de Madrid : quand le suivisme s’empare d’un chroniqueur de Rfi

L’ « Edito international » du 4 mars 2004 offre un exemple Ă©difiant de ce que vaut une chronique quand elle Ă©pouse la version des « enquĂŞteurs » officiels.

Cela s’intitule « Questions madrilènes » et mĂ©rite qu’on s’y arrĂŞte.

« "Les premiers rĂ©sultats des analyses des poussières d’explosifs effectuĂ©es hier matin nous ramène clairement Ă  la signature de l’ETA". C’est un inspecteur des services d’investigation de la zone mĂ©tropolitaine de Madrid qui nous le dit, en convergence avec la quasi-totalitĂ© des responsables politiques et sĂ©curitaires espagnols. Certes Ă  ce stade de l’enquĂŞte - et selon la formule consacrĂ©e -la plus grande prudence s’impose. »

Pourtant, la suite ne tĂ©moigne d’aucune prudence :

« (…) Ce qui frappe bien, bien Ă©videmment, c’est l’ampleur de l’attaque : dix explosions successives et cinq autres charges qui ont pu ĂŞtre neutralisĂ©es. "L’attaque a Ă©tĂ© programmĂ©e pour faire le plus de victimes possibles poursuivant dĂ©libĂ©rĂ©ment la recherche d’une terreur gĂ©nĂ©ralisĂ©e", ajoutent les enquĂŞteurs. En juin 1987 Ă  Barcelone, l’ETA avait rĂ©alisĂ© un vĂ©ritable carnage dans le parking souterrain d’un supermarchĂ© faisant vingt-et-un morts. Depuis, l’ETA a multipliĂ© des attaques particulièrement sanguinaires, mais le plus souvent ciblĂ©es, contre des juges, des policiers, des journalistes et des Ă©lus locaux. Cette recherche de terreur gĂ©nĂ©ralisĂ©e correspond - ajoutent plusieurs sources de la communautĂ© europĂ©enne du renseignement -Ă  la stratĂ©gie actuelle de l’ETA, depuis que le Tribunal suprĂŞme espagnol a mis hors-la-loi son aile politique Batasuna par une dĂ©cision du 27 mars 2003, il y a presque un an. »

Ce serait donc ETA, Ă  n’en pas douter….

Après une prĂ©sentation de la politique suivie par Aznar, notre chroniqueur reprend :

« Quant Ă  l’hypothèse de la collusion de l’ETA avec d’autres organisations, celle-ci ramène aux co-productions terroristes qui avaient plutĂ´t cours du temps de la Guerre froide. ».

Que faut-il en conclure ? On ne sait. Faut-il comprendre qu’ETA aurai agit seule ? Va savoir… Nous sommes dĂ©jĂ  passĂ© Ă  la suite :

« Enfin, et pour n’exclure aucune piste, l’hypothèse islamiste renvoie organiquement aux attentats de Casablanca de mai 2003, attentats-suicides commis par des kamikazes, ce qui constitue toujours un aveu de faiblesse logistique. Or les explosions de Madrid ont nĂ©cessitĂ© une minutieuse prĂ©paration et le soutien d’une infrastructure militaire ramifiĂ©e et parfaitement immergĂ©e dans la population. Et mĂŞme si plusieurs rĂ©seaux dormants viennent d’ĂŞtre dĂ©mantelĂ©s en Espagne, on ne voit pas pourquoi les islamistes disposeraient dans ce pays d’une meilleure infrastructure qu’au Maroc. ».

Concluez vous-mĂŞme, ou plutĂ´t, laissons conclure les « enquĂŞteurs » :

« Par consĂ©quent, ajoutent enfin les enquĂŞteurs, seule l’ETA dispose ajourd’hui en Espagne des moyens logistiques nĂ©cessaires Ă  la mise en oeuvre de cette terreur gĂ©nĂ©ralisĂ©e. »

Acteur inconscient ou acteur consentant de la manipulation d’Etat ? Va savoir…

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