Observatoire des media

ACRIMED

Accueil > (...) > Quelle association ?

A l’origine d’Acrimed

Appel pour une action démocratique sur le terrain des médias (1996)

par Acrimed,

A la suite du mouvement social de novembre-décembre 1995, était lancé l’appel suivant autour duquel s’est constitué Acrimed.

Appel pour une action démocratique sur le terrain des médias

Nous soussignés, citoyens, responsables associatifs, politiques et syndicaux, intellectuels et chercheurs, journalistes, voulons réagir à la manière détestable dont la plupart des rédactions des grands médias rendent compte de la réalité.

Le mouvement social de novembre et décembre 1995 a donné lieu à des tentatives intolérables d’étouffer la voix des acteurs sociaux (en affectant de leur donner la parole), de dénaturer leurs aspirations, d’effacer leurs propositions en les soumettant au verdict de prétendus experts.

Persuadés que la démocratie court un grand risque quand la population est privée de la possibilité de se faire entendre et comprendre dans les grands médias, en particulier lorsque la situation sociale est tendue et la nécessité du débat plus vive ;

Persuadés que l’exigence de démocratie dans les médias est déterminante dans la lutte pour instaurer une société respectueuse de l’égalité effective des droits de toutes et de tous ;
Nous dénonçons :
- l’appropriation de la plupart des grands médias par les puissances financières et politiques qui s’en servent sans compter pour permettre à "ceux d’en haut" d’imposer leurs valeurs et leurs décisions à "ceux d’en bas" ;
- l’hégémonie des discours convenus et conformes, parfois à plusieurs voix mais toujours à sens unique (sur Maastricht, la monnaie unique, les grèves, les plans Juppé, etc.) ;
- les multiples dérives de l’information que nombre de journalistes sont les premiers à constater et à condamner (transformation de l’information en spectacle et du spectacle en information) ;
- la subordination fréquente des journalistes à une logique qui les prive peu à peu de leur indépendance rédactionnelle et les transforme en simples auxiliaires d’une machine dont les priorités échappent aux exigences de l’information.

C’est pourquoi nous appelons à soutenir toute action qui se donne pour objectif :
- de conduire une réflexion critique sur le statut et le rôle des médias, sur les techniques de manipulation des discours et des images, sur les conditions d’un effectif contrôle démocratique des médias ;
- d’obtenir l’accès aux médias de tous les acteurs sociaux, en particulier des sans voix et des exclus ;
- de mener en commun avec les associations, partis, syndicats, notamment les syndicats de journalistes, toutes les actions qui permettent de promouvoir la défense et le développement de la démocratie dans les médias, l’un des enjeux majeurs de notre temps.

C’est pourquoi nous apportons notre soutien à la fondation de l’association "Action Critique Médias".

Une population en état d’ex-communication permanente, un pays qui ne peut plus (se) communiquer par le moyen des médias, et c’est la démocratie qui dépérit.

Liste des signataires au 30 mars 1996

Jean AMBLARD (journaliste), Tony ANDREANI (universitaire), Michel ANDRILLON (journaliste), Pierre ANDRILLON (journaliste), Gilbert ANDRUCCIOLI (Agora TSF), Patricia BAREAU (journaliste), Agnès BEAUDEMONT (journaliste, SNJ), Richard BEAUDEMONT (architecte), Françoise BEAUVAIS (journaliste), Anastasia BECCHIO (Celsa), Vicky BERARDI (Agora TSF), Jacques BIDET (universitaire), Antoine BILLIOTTET, Aygline BONZON (Celsa), Franck BOULOT (journaliste), Rémi BOUTON (journaliste), Alain BROSSAT (universitaire), Samantha CAGICA (Celsa), Sophie CHABOT (journaliste), Patrick CHAMPAGNE (sociologue), Bernard CHARLOT (universitaire), Pierre-Emmanuel CHARON (journaliste), Pierre-Alain COïC (prés. Conf. nat. des radios libres), Marie-Agnès COMBESQUE (journaliste), Antoine COMTE (avocat), Sophie CREPON (journaliste), Olivier DA LAGE (journaliste), Régis Debray (écrivain, médiologue), François DIOT (aumônier écoles journalistes), Philippe DONNAES (journaliste), Mounir DRIDI (réalisateur), Dominique DUAULT (retraité, journaliste), C. DURRUTI (écrivain), Paul EUZIERE (FTH), Jean-François EVENO (journaliste), Jeanne FAVRET-SAADA (anthropologue), Jean FERRAT, Yves FRÉMION, Daniel GENTOT (journaliste), Christophe GIRARD (journaliste, SNJ), Stéphane GRAVIER (Agora TSF), Nicolas GUERBE (Celsa), Cécile JAURES (Celsa), Yvan JOSSEN (journaliste), Emmanuel JOUANNE (écrivain), Sophie JOUBERT (Celsa), Georges LABICA (universitaire), Vania LARBRISSEAU (journaliste), Tugdual LE BORU (Celsa), Joël LE TENSORER (TSF 98), Jean-Marc LEVENT, Kate LEWIN (journaliste), François Longérinas (journaliste), Guénaëlle LOUIS (Celsa), Henri MALER (enseignant), Eric MARQUIS (journaliste, SNJ), Alain MARTY (journaliste), Virginie MOREAU (Celsa), Olivier MOREL (CNRL), Dominique OTTAVI (Agora TSF), Pierre OTTO-BRUC (radiologue), Françoise PAICHER (journaliste), Aline PAILLER (journaliste, députée européenne), Marie PAIRE (Celsa), Nicole PARROT (journaliste), Marina PAUGAM (journaliste), Charles PIAGET (AC !), Elisabeth PINTO (journaliste), Helène PUISIEUX (universitaire), Guillaume QUÉVAREC (Celsa), Yvon QUINIOU (enseignant), Stéphanie QUILLET (Celsa), Maurice RAJSFUS, Danièle RENON (journaliste), Vanessa RIPOCHE (Celsa), André SCANDAUF (Agora TSF), Jacques SONCIN (journaliste, SNJ-CGT), Lucien STEINKEY, Mohamed TABI (ESJ), Jean-François TEALDI (journaliste, vice-prés. Org. int. journalistes), Thierry TEMIME (journaliste), Anne THIRIET (Celsa), Enzo TRAVERSO (universitaire), Dominique VOYNET.

 
  • Enregistrer au format PDF

Souscription 2018Souscription 2018

A la une

Le Conseil de presse du Québec

Liberté de la presse ou droit du public à l’information ?

Actualité des médias n°17 (juin 2018)

Du côté des programmes, des informations et des entreprises médiatiques.

Jacques-Marie Bourget, journaliste grièvement blessé par un soldat israélien, enfin indemnisé ?

Macron soutiendra-t-il les « correspondants de guerre » ?