Entre la mobilisation sociale contre la rĂ©forme des retraites, les fĂŞtes de fin d’annĂ©e et le coronavirus, reconnaissons d’emblĂ©e que les aventures de Carlos Ghosn n’ont pu rencontrer une couverture mĂ©diatique Ă la hauteur de l’évĂ©nement – mis Ă part quelques centaines d’articles, reportages, spĂ©culations en direct des chaĂ®nes d’info et autres « entretiens exclusifs » ! Leurs contenus, en revanche, ont Ă©tĂ© Ă la hauteur de ce qu’il est coutume d’attendre des plus grandes productions journalistiques traitant des « affaires » politico-Ă©conomiques [1] : parler de l’insignifiant pour n’informer sur rien, ou plutĂ´t sur rien d’autre que les centres d’intĂ©rĂŞts des journalistes en question.
Un traitement mĂ©diatique « rocambolesque »
Première passion journalistique, le « rocambolesque », ainsi dĂ©fini par le Larousse : « Qui est plein d’invraisemblance, de pĂ©ripĂ©ties extraordinaires. » Dès la première semaine de janvier, la plupart des « reportages » s’arrachaient le dĂ©ballage des pĂ©ripĂ©ties ghosnesques : dĂ©couvrir les « dĂ©tails », les « coulisses » et autres « rĂ©cits » de l’« Ă©vasion » – Ă moins que ce ne soit une « fuite » ? – semblait alors devenir la mission d’information numĂ©ro Un. Si bien que le mĂŞme terme a prolifĂ©rĂ© en titraille, jusqu’à tout rĂ©cemment.
Le 5 janvier, le service public radiophonique ouvre le ban :
Le lendemain, L’Express « prĂ©cise » :
MalgrĂ© un article un peu plus fouillĂ©, le 31 janvier, Les Échos n’échappent pas Ă la règle du titre Ă©pique, ni Ă l’appât de l’« exclusivitĂ© » :
En mal d’inspiration, mais jamais avare de « rocambolesque », France Info s’auto-plagie le 17 janvier :
Quant à la presse régionale, elle épouse unanimement le choix de l’adjectif.
Dans l’Est, les Dernières nouvelles d’Alsace s’empressent de livrer le 8 janvier une « enquĂŞte » (en rĂ©alitĂ© une vidĂ©o sur la base d’un diaporama photo et de voix off qui n’apprennent strictement rien de neuf), forcĂ©ment « rocambolesque » :
Sud-Ouest n’est pas en reste :
Et cetera.
DĂ©tail des dĂ©tails et raffinement des prĂ©cisions : combien de temps Carlos Ghosn est-il restĂ© cachĂ© dans cette malle dont il nie, sans conviction, l’existence ? Heureusement, « On n’est pas couchĂ© » et RTL sont sur le coup :
Cette titraille rĂ©pĂ©tĂ©e autour des rocambolades de Carlos Ghosn n’est que la face Ă©mergĂ©e d’un iceberg d’anecdotes dont regorgent les grands mĂ©dias. Futiles, certes, mais qui n’en constituent pas moins l’approche prioritaire des journalistes pour exposer, prĂ©tendent-ils, les tenants et les aboutissants d’une affaire politico-industrielle. Vaine prĂ©tention, tant l’attraction du storytelling – supposĂ© « accrocher » le public – conduit in fine les journalistes Ă se prendre les pieds dans le tapis de leur propre emballement, rĂ©duisant Ă peau de chagrin la portĂ©e informative de leurs productions.
Les mille et un entretiens… « exclusifs »
Fidèle Ă sa passion des « coulisses », tout le monde (mĂ©diatique) s’est suspendu aux promesses de « confĂ©rence de presse » du grand patron ; ou mieux encore, Ă celles d’entretiens individualisĂ©s, mais tous… « exclusifs » ! En cinq semaines, plusieurs « tĂŞtes d’affiches » du PAF ont ainsi Ă©tĂ© dĂ©pĂŞchĂ©es Ă Beyrouth pour (faire) entendre les arguments de Carlos Ghosn. Une artillerie lourde de moyens humains et financiers, dont on peine Ă trouver le moindre Ă©quivalent quand il s’agit de documenter, par exemple, les rĂ©voltes sociales qui secouent le Liban depuis octobre 2019…
Le 8 janvier 2020, un premier entretien « exclusif » de Carlos Ghosn fut accordĂ© à … LĂ©a SalamĂ©, journaliste de France Inter, qui voyagea expressĂ©ment au Liban pour une interview fascinĂ©e de quarante minutes [2].
Que Léa Salamé soit fascinée par Carlos Ghosn, c’est là son droit le plus strict. Cet entretien interroge néanmoins quant à la vision du journalisme qui anime l’intervieweuse, tant sa pratique du deux poids deux mesures saute aux yeux. Comme le mettaient en évidence Les Mutins de Pangée, la conversation mondaine proposée au grand patron contraste avec l’interrogatoire infligé, la veille, à Philippe Martinez. Au-delà , cette séquence pose aussi la question des priorités de France Inter qui, en pleine grève contre une suppression annoncée de près de 300 postes [3], mandate une super-éditocrate pour bavarder avec un super-patron...
Nullement dĂ©couragĂ© par le scoop de LĂ©a SalamĂ©, François-Xavier MĂ©nage, pour TF1-LCI, dĂ©croche dès le lendemain une nouvelle « exclusivitĂ© ». Ă€ ne pas confondre avec « le moment de vĂ©ritĂ© » revendiquĂ© par « Quotidien » le mĂŞme jour (voir en annexe), et encore moins avec « l’exclusivitĂ© » du surlendemain obtenue par Anne-Élisabeth Lemoine pour « C Ă vous » (France 5), que la prĂ©sentatrice promeut Ă son tour : « Exclusif : Carlos et Carole Ghosn s’expriment » [4] !
Comme tous les autres, l’entretien de TF1, diffusĂ© au 20h le 8 janvier, s’illustre par son incroyable impertinence. AxĂ©es essentiellement sur les « ressentis » du grand patron, les seules questions (un peu) critiques le sont de manière rapportĂ©e, par le truchement de la voie passive. Florilège :
- Fugitif : est-ce que ce mot, vous l’acceptez ? […]
- Mais on va répondre que vous avez fui la justice japonaise avec des moyens financiers importants pour ensuite être jugé dans le pays que vous souhaitez c’est-à -dire le Liban. Qu’est-ce que vous répondez à ça ? […]
- Et donc, cette fuite, elle a été organisée, vous voulez pas donner les détails. Mais quel était votre état d’esprit, et quand vous avez décidé de fuir le Japon ? […]
- Carlos Ghosn, qui voulait vous abattre ? Qui voulait vous tuer selon vous ? […]
- Un mot, pour bien comprendre cette fuite : vous êtes dans quel état d’esprit quand vous le faites, est-ce que vous avez peur d’échouer ? […]
- Vous n’étiez pas intéressé et obsédé par l’argent comme on le raconte ? […]
- Où voulez-vous être jugé ? […]
- Est-ce que vous êtes seul ? […]
- Quand vous regardez justement ce qui s’est passé ces derniers mois, est-ce que vous avez un regret, et est-ce que ce regret vous ronge ? […]
- Est-ce que vous allez riposter ?
Mises Ă part une question sur les chefs d’inculpation et une autre sur la rĂ©ception costumĂ©e en grande pompe organisĂ©e par Carlos Ghosn au Château de Versailles pour son anniversaire (« Est-ce que vous regrettez cette fĂŞte ? »), la suite ne consiste qu’en des relances des arguments du PDG lui-mĂŞme.
N’ayant d’« exclusives » que le nom, ces interviews en disent surtout long sur les chefferies Ă©ditoriales qui les commandent, homogènes dans leurs centres d’intĂ©rĂŞts, homogènes Ă©galement dans leur soumission aux logiques du spectacle et du mimĂ©tisme qui dominent le système mĂ©diatique. Grenouillant dans la mare des « scoops », les journalistes vedette se copient les entretiens indigents, souvent dĂ©jĂ menĂ©s par les concurrents, les mĂ©dias Ă©trangers, ou auto-pratiquĂ©s par Carlos Ghosn lui-mĂŞme dans ses confĂ©rences de presse…
Des petites anecdotes aux « grands reportages »
Et que dire des reportages « long format », qui dĂ©cuplent la surface des travers de quelques mauvais titres de presse et des interviews sans enjeux ? Dans cette catĂ©gorie, la palme revient Ă « Carlos Ghosn, La grande Ă©vasion », rĂ©alisĂ© par BFM-TV. Parfaitement banale dans le rĂ©cit qu’elle propose, cette « enquĂŞte exceptionnelle » tĂ©moigne surtout d’un usage pour le moins usurpatoire du terme « enquĂŞte ». Les quatre journalistes dĂ©pĂŞchĂ©s Ă Beyrouth, Istanbul, Tokyo ou Osaka, MĂ©lanie Bontems, RĂ©gis Desconclois, Quentin Baulier et Simon Terrassier, semblent – une fois n’est pas coutume – avoir Ă leur disposition une dĂ©bauche de moyens. Mais les premières secondes du reportage, diffusĂ© le 21 janvier 2020, donnent le « la » :
- Voix off : Il a dîné ici trente-six heures seulement avant son évasion. Un restaurant sans prétention ou Carlos Ghosn avait ses habitudes. Il était le client le plus célèbre de l’établissement.
- Le restaurateur est interrogé : Il a mangé des brochettes de poulet et une salade. Son plat préféré ce sont les brochettes de poulet aux poireaux, et celles aux asperges avec du bacon. Si on considère que c’était son dernier dîner au Japon, je suis vraiment très honoré qu’il ait choisi de le prendre dans mon restaurant.
Et pour finir, le teasing : « Alors qu’il refuse de raconter sa fuite, nous allons vous raconter les dĂ©tails encore mĂ©connus d’une Ă©vasion hors norme. »
Le reportage est un cas d’école : tout y passe. Le départ de Carlos Ghosn depuis son domicile, les images de vidéo surveillance agrémentées d’une voix off qui, pour l’essentiel, ne fait que traduire les propos d’une journaliste japonaise, Sudo Nagisa.
Puis, place au portrait d’un binĂ´me employĂ© par Carlos Ghosn, « rĂ´dĂ© aux opĂ©rations extrĂŞmes », avant de passer en revue les plans envisagĂ©s pour l’« exfiltration ». S’ensuit une description du « jour J » minute par minute, avant le clou du spectacle : sur fond du gĂ©nĂ©rique de la sĂ©rie Prison Break (vĂ©ridique !), le reportage s’attarde sur le mystère de la malle et sur les retrouvailles entre Carlos Ghosn et son Ă©pouse.
Depuis Beyrouth, Carlos Ghosn « organise sa contre-attaque mĂ©diatique » concluent les journalistes… sans n’avoir jamais l’impression d’y contribuer ! Cet aveuglement, c’est encore Salhia Brakhlia de « Quotidien » qui en parle le mieux : « La confĂ©rence de presse hier, les interviews aujourd’hui et demain, vous avez organisĂ© une grosse offensive mĂ©diatique, qu’est-ce que vous dites Ă ceux qui disent que c’est pas normal que vous ayez autant la parole alors que vous ĂŞtes un fugitif » ?
Vous avez dit « feuilleton » ?
Rythme, argent, pouvoir : toutes les recettes d’un scénario à gros sous sont donc réunies. De là à réaliser un blockbuster ou une série Netflix, il n’y a qu’un pas… que certains journalistes rêvent de voir le grand patron franchir.
Relayant quelques « rumeurs », les rĂ©dactions s’abandonnent Ă leurs fantasmes et feuilletonnent au carrĂ©.
Capital :
Le Point :

BFM-TV :


Avant que le « scoop » finisse par faire « flop » :

Une information dont l’importance mĂ©ritait au moins que la rĂ©daction de BFM-TV la relaie dans sa rubrique « People »â€¦ mais aussi « Économie », sous un titre sensiblement diffĂ©rent : « Carlos Ghosn dĂ©ment avoir signĂ© un accord avec Netflix : "Je ne raconterai pas le dĂ©roulement de ma fuite." »
***
Six semaines après l’arrivĂ©e de Carlos Ghosn au Liban, le tour d’horizon mĂ©diatique de « l’affaire » donne Ă voir bien des mĂ©caniques mĂ©diatiques Ă l’origine de la dĂ©gradation de l’information : peopolisation, surenchère permanente dans la théâtralisation, goĂ»t du dĂ©tail insignifiant plutĂ´t que de la problĂ©matisation, et, surtout, suivisme vis-Ă -vis des stratĂ©gies de communication des puissants. Au grĂ© d’innombrables articles et reportages rĂ©agissant au moindre « rebondissement », le feuilletonnage va bon train et permet un remplissage Ă peu de frais.
Enfin, ce traitement mĂ©diatique est rĂ©vĂ©lateur du rapport d’un certain nombre de journalistes au pouvoir. Les propos les plus critiques sont quasi systĂ©matiquement rapportĂ©s (« On dit que… », « Certains pensent que… »), tandis que les journalistes justifient leurs questions portant sur la psychologie ou les pĂ©ripĂ©ties du protagoniste au nom de l’intĂ©rĂŞt du public. « Pour beaucoup d’enfants, vous ĂŞtes l’homme qui a voyagĂ© dans la malle », ose ainsi LĂ©a SalamĂ©, prĂŞtant Ă d’autres qu’elle… ses propres obsessions.
Plus, l’aisance avec laquelle l’illĂ©galitĂ© des actions du super-riche est relĂ©guĂ©e au second plan – quand elle n’est pas tout simplement ignorĂ©e – ne peut que frapper les esprits. A fortiori dans une pĂ©riode de forte mobilisation sociale, oĂą les mĂŞmes journalistes peuvent disserter des heures durant sur le danger que reprĂ©sentent des syndicalistes procĂ©dant Ă des coupures d’électricitĂ© ; oĂą les mĂŞmes journalistes somment les reprĂ©sentants syndicaux de condamner la moindre action symbolique, la moindre insulte, ou la moindre vitrine brisĂ©e. Si les grands mĂ©dias offrent chaque jour des illustrations Ă la pelle du « Selon que vous serez puissant ou misĂ©rable », le traitement de Carlos Ghosn en est probablement la plus belle allĂ©gorie.
Vincent Bollenot
Annexe : Carlos Ghosn Ă©ternue, « Quotidien » tend le mouchoir
Le 9 janvier 2020, soit le lendemain de la grande confĂ©rence de presse de Carlos Ghosn Ă laquelle ont rĂ©pondu de nombreux journalistes, un entretien accordĂ© Ă l’émission « Quotidien » (TMC), championne autoproclamĂ©e de l’impertinence, concentre tous les biais du traitement mĂ©diatique rĂ©servĂ© Ă l’affaire Carlos Ghosn. En exclusivitĂ©, Acrimed vous livre ici les questions de la journaliste Salhia Brakhlia :
1. Les coulisses médiatiques
Salhia Brakhlia : Dans la pièce, il y avait Carole Ghosn, l’épouse de Carlos Ghosn. Elle Ă©tait lĂ , elle assiste Ă chaque interview de Carlos Ghosn, elle est lĂ pour le soutenir. Il en a fait plusieurs aujourd’hui, Ă chaque fois elle Ă©tait lĂ . Il y a aussi Anne MĂ©aux, sa communicante, c’est elle qu’il a choisie pour mener cette grande offensive mĂ©diatique. Hier, elle a organisĂ© la confĂ©rence de presse, les entretiens aujourd’hui, les entretiens qu’il va mener aussi demain. Alors il y a un truc que j’voulais vous raconter parce qu’on avait tout anticipĂ© : l’heure, le lieu, on avait tout calĂ©. Y a un truc qu’on n’avait pas anticipĂ©, et ben c’est les coupures de courant. En fait c’est courant, hein, c’est le cas de le dire, Ă Beyrouth. Pendant les vingt minutes d’interview, plusieurs fois, on a Ă©tĂ© plongĂ©s dans le noir et Ă chaque fois, Carlos Ghosn nous disait : « C’est bon, on peut arrĂŞter maintenant ? Vous en avez assez ? » Et Ă chaque fois on a grappillĂ© des minutes […].
2. Les dissonances cognitives des journalistes
- Salhia Brakhlia : Vous avez vu combien de journalistes en tĂŞte Ă tĂŞte avant moi lĂ ?
- Carlos Ghosn : Ah, je sais plus. Je sais plus compter là . Et j’en ai encore un paquet après vous.
- Salhia Brakhlia : La conférence de presse hier, les interviews aujourd’hui et demain, vous avez organisé une grosse offensive médiatique, qu’est-ce que vous dites à ceux qui disent que c’est pas normal que vous ayez autant la parole alors que vous êtes un fugitif ?
3. Les médias, médiateurs entre puissants
Salhia Brakhlia : Hier, dans votre conférence de presse, vous avez parlé de la France, d’Emmanuel Macron, vous avez ciblé sans prononcer son nom Bruno Le Maire. Est-ce que vous pensez que la France vous a lâché ? Est-ce qu’Emmanuel Macron, est-ce que le gouvernement vous a lâché ? […] Est-ce que vous vous dites que la France a été à la hauteur, a été à vos côtés ? […] Quel message vous adressez à Emmanuel Macron ? Il nous regarde, hein, vous pouvez lui adresser un message directement.
4. Les questions critiques : des « on dit » aux propos rapportĂ©s
- Salhia Brakhlia : Votre évasion. Elle est hors norme, hein, c’est clairement un film, elle a dû coûter beaucoup, beaucoup d’argent. Est-ce que vous comprenez que ça puisse choquer que vous puissiez échapper à la justice d’un pays parce que vous êtes puissant, parce que vous avez de l’argent ? […] Carlos Ghosn, qu’est-ce que vous dites à ceux qui pensent que vous êtes le symbole de la délinquance en col blanc qui pense être au-dessus de toutes les lois ?
- Carlos Ghosn : Vous parlez de délinquance…
- Salhia Brakhlia : Y en a qui le pensent !
5. ĂŠtre ou ne pas ĂŞtre dans la malle
Salhia Brakhlia : Selon le Wall-Street Journal, vous avez fui le Japon en vous cachant dans une malle, celle-ci, je l’ai là , est-ce que vous la reconnaissez ? […] Est-ce que c’est ce type de malle dans laquelle vous étiez plié en quatre pour fuir le Japon ? […] Vous reconnaissez pas ça ? […] Le scénario de la malle, vous le confirmez ? […] Je voudrais juste avoir votre sentiment : vous êtes plié en quatre à l’intérieur, vous ne savez pas si votre plan va marcher, vous êtes à l’intérieur de la malle, vous vous dites quoi ? […] Vous n’avez jamais été dans une malle donc ? Vous n’avez pas été dans la malle donc ? Là , pour venir du Japon, pas de malle du coup ?
6. Les feux de l’amour
Salhia Brakhlia : Pendant neuf mois, vous n’avez pas pu entrer en contact avec votre épouse. Qu’est-ce que vous lui avez dit dès que vous l’avez retrouvé ? […] Et le premier mot, qui est sorti de votre bouche ?
7. Les douze travaux de Carlos Ghosn
Salhia Brakhlia : Beaucoup de gens seraient à terre, après les mois que vous avez passés en détention. Je le rappelle, vous avez passé cent trente jours en prison au Japon dans une cellule de six mètres carrés. Est-ce qu’à un moment vous avez flanché ? […] Mais jamais vous n’avez voulu craquer ? Non ? D’où elle vient cette confiance en vous, qui peut passer des fois pour de l’arrogance hein ? […] Ça peut être perçu comme de l’arrogance.
8. Destination finale
Salhia Brakhlia : Un mot sur votre avenir, Carlos Ghosn : vous avez soixante-cinq ans, vous pensez à la retraite ou un autre job à responsabilité ? […] Mais vous êtes très actif, on le sait, vous êtes dynamique. Alors, dans ces cas-là , vous pensez quand même à ce que vous pouvez faire après… […] Votre vie d’après, vous la voyez comment ? Vous allez faire quoi ? De la politique par exemple, c’est possible ça ? Ici au Liban par exemple, y a une crise, y a de la contestation, jamais vous pourriez vous engager ?
9. Journalistes-attachés de productions hollywoodiens
Salhia Brakhlia : J’ai une dernière question, vous en avez parlĂ© hein dans votre confĂ©rence hier : vous n’avez pas signĂ© de contrat avec Netflix, mais est-ce que vous accepteriez qu’un film soit fait sur votre vie ? Et surtout : qui pour votre rĂ´le ? […] On vous envoie des scenarii et tout ça ? Pour que vous puissiez raconter votre histoire ? Et le titre, ce serait quoi ? « La grande Ă©vasion » ? Alors vous voulez quoi vous comme titre ?






