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Un portrait de Jospin, version France-Soir

par William Salama,

« Jospin : un cocktail détonnant », un article d’Eric Coder paru dans l’édition du 15 avril 2003, de France Soir... Le journalisme politique réduit à sa caricature.

Une accroche : « AVENIR ». Pas moins. Un surtitre : « On lui trouve quelque chose de Barre, de Rocard et même de Claude François ». Avouons que cela intrigue...

Pas la peine de préciser que ce « on » est de France-Soir, expert en politologie souterraine mention fumiste.
Car l’article fondé sur la fantaisie d’Eric Coder confine au grotesque. En plus des sus-cités se rajoutent au « cocktail » un quart de Giscard D’Estaing et « deux volumes de Gorbatchev et de Clinton ».

La démonstration est, on s’en doute, imparable.

Giscard d’Estaing, c’est pour la « déroute » et la façon dont ils ont « décidé de quitter la vie politique ». Soit.

Jospin a du Barre pour le « caractère trempé », « le côté je suis un homme libre ». Admettons (en se forçant).

Le « doigt (sic) de Michel Rocard » (lequel appréciera), c’est le « maelstrom médiatique » (bien vu) dans lequel l’« ex-premier ministre » s’est entraîné pour « afficher sa présence ».

Mais Claude François ? Tout simplement en référence à la chanson de ce grand homme politique intitulée « Chanson populaire dont le refrain se fredonne ainsi : « ça s’en va et ça revient, c’est fait d’un tout petit rien  ». Notons que le journaliste rapporte pour cet argument de poids les propos du porte-parole de l’UMP Renaud Donnedieu de Vabres.

A ce stade de l’article, on craint le pire pour la suite, qui convoque un « Gorbatchev et Clinton ». Mais, déception, point de Monica à l’horizon ou de tâche de vin. Il est simplement question de possibilité de « recyclage ».

Et l’esprit de Pierre Lazareff, c’est pour Eric Coder ?

Eric Coder ? Un chansonnier qui se prend pour un journaliste... Son article ? Un cocktail affligeant.

 

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