Le 22 novembre, le parti de Geert Wilders (PVV, extrĂŞme droite) arrive en tĂŞte aux Ă©lections lĂ©gislatives aux Pays-Bas. Le lendemain, « C ce soir » y consacre (en partie) une Ă©mission : « SĂ©isme Ă©lectoral aux Pays-Bas : populisme, Ă qui le tour ? », pour laquelle elle a fait appel, on l’imagine, aux meilleurs experts dont elle dispose.
Las, au bout de quelques minutes, l’essayiste Mathieu Souquière [1] fait un aveu : « Je ne suis pas un expert de la vie politique hollandaise. » Et le sondeur JĂ©rĂ´me Sainte-Marie [2] de faire un court examen de conscience : « J’aurai la grande honnĂŞtetĂ© de dire que je ne connais pas du tout, ou quasiment pas, la vie politique aux Pays-Bas. Je ne suis pas devenu un spĂ©cialiste des Pays-Bas en 24 heures. » Tant d’honnĂŞtetĂ© convainc Perrine Simon-Nahum [3] de le reconnaĂ®tre : « Moi non plus je ne suis pas spĂ©cialiste de la vie politique nĂ©erlandaise. » Thomas Legrand ne peut que conclure : « Moi non plus je ne suis pas un grand spĂ©cialiste de la politique des Pays-Bas. »
Trois constats s’imposent. Saluons d’abord la franchise et la luciditĂ© de ces quatre intervenants… en regrettant qu’elles soient aussi rares. Si tous les toutologues reconnaissaient systĂ©matiquement leur incompĂ©tence, la vie mĂ©diatique serait plus belle – et souvent amusante. Notons, ensuite, que ces invitĂ©s, admettant ne pas connaĂ®tre grand-chose Ă l’objet du dĂ©bat, n’ont pas refusĂ© d’y participer. Il reste Ă prendre acte que la programmation de « C ce soir » a jugĂ© utile et opportun d’organiser (une partie de) son Ă©mission avec des interlocuteurs qui ne maĂ®trisent pas le sujet discutĂ©.
Un trop rare moment de dévoilement, où cet implicite qui ne semble déranger personne a été explicité : sur les plateaux télé, en général, s’expriment des gens qui savent parler, plutôt que des gens qui savent de quoi ils parlent.
Maxime Friot