TF1 aime les belles histoires et TF1 aime les patrons, alors quand un patron promet une belle histoire à ses employés, TF1 n’en rate pas une miette.
Et si votre entreprise rĂ©alisait votre rĂŞve ? Ce n’est pas une publicitĂ©, mais bien le conte de fĂ©es que s’apprĂŞte Ă vivre l’un des 1 100 salariĂ©s de BMV Transports et logistique. Celui qui tient la baguette magique, c’est leur patron. Pour fĂŞter les 120 ans de son entreprise, il veut exaucer le souhait d’un de ses employĂ©s tirĂ© au sort.
Toujours Ă la pointe du journalisme de critique sociale, les reporters de TF1 sont allĂ©s tendre le micro aux employĂ©s du groupe. Un micro trottoir au milieu des fenwicks et dans les bureaux, oĂą l’on apprend que les salariĂ©s rĂŞvent de « solder leur crĂ©dit immobilier » ou « d’avoir une maison de vacances au bord de la mer ». Il ne s’agit pas de questionner les rĂŞves des concernĂ©s, mais plutĂ´t l’angle pris par le reportage. (Notons d’ailleurs que les employĂ©s interrogĂ©s sur leur rĂŞve n’ont ni nom ni statut, contrairement au PDG de l’entreprise et son directeur-adjoint, eux bien identifiĂ©s.)
Pourquoi cette soudaine « gĂ©nĂ©rositĂ© » patronale ? TF1 Ă©lude vite la question : « Grâce Ă ce coup de projecteur, le patron espère surtout attirer de nouveaux salariĂ©s. Il manque trente caristes et autant de chauffeurs. » Notre journaliste tiendrait-il lĂ un angle ? Le journaliste se garde bien d’évoquer la question des conditions de travail et des salaires, qui pourraient expliquer le manque d’attractivitĂ© de l’entreprise.
Et de conclure : « Croyez-le ou non, il n’y a aucune limite de budget. Seule condition : rester raisonnable et ne pas demander la lune ». La lune ? comme une enquĂŞte sociale sur TF1 ?
Sophie Eustache