Nicolas Sarkozy a finalement choisi la presse quotidienne rĂ©gionale et dĂ©partementale, ses 60 titres et 18 millions de lecteurs, pour annoncer une nouvelle qui va stupĂ©fier la France entière : il est candidat Ă l’Ă©lection prĂ©sidentielle !
Pour recueillir ce « scoop », le Syndicat de la Presse Quotidienne RĂ©gionale (SPQR) a dĂ©lĂ©guĂ© cinq journalistes reçus mercredi matin au siège de l’UMP pour une interview qui, selon l’AFP, devait ĂŞtre ensuite relue place Beauvau.
Cette rĂ©vĂ©lation « exclusive », qui s’apparente fort Ă une opĂ©ration de communication en faveur du ministre candidat, le syndicat patronal compte bien la voir reproduite, ce jeudi matin, dans la quasi-totalitĂ© des quotidiens existant en rĂ©gion.
Dans une dĂ©claration Ă l’AFP, le prĂ©sident de sa commission de l’information reconnaĂ®t que l’utilisation de la PQR est « quelque chose qui certes satisfaisait Nicolas Sarkozy, mais qui nous intĂ©resse aussi au niveau de la profession ».
Le SNJ, premier syndicat de journalistes, dĂ©plore fortement que « l’intĂ©rĂŞt » des patrons de presse occulte ainsi l’indĂ©pendance des titres, des lignes Ă©ditoriales, et passe avant la crĂ©dibilitĂ© de dizaines de rĂ©dactions mises devant le fait accompli.
Cette mutualisation de la propagande organisĂ©e renforce le SNJ dans sa volontĂ© que soit prĂ©servĂ©e l’indĂ©pendance des Ă©quipes rĂ©dactionnelles en les dotant d’un statut spĂ©cifique, garant de leur autonomie. DĂ©but 2007, il fera des propositions dans ce sens aux candidats aux Ă©lections lĂ©gislatives.
Paris, le 29 novembre 2006