Quelques mois après que Mme Laurence Parisot, ex-PDG de l’IFOP, a Ă©tĂ© nommĂ©e vice-prĂ©sidente du patronat français par M. Ernest-Antoine Seillière, sans doute pour rĂ©compenser le triomphe des sondeurs lors de l’Ă©lection prĂ©sidentielle, un autre institut vient de montrer qu’il savait, lui aussi, interroger la sociĂ©tĂ©.
Ainsi, prĂ©parant une Ă©mission de France 2, au cours de laquelle le ministre François Fillon devait dĂ©voiler un plan gouvernemental relatif aux retraites, Ipsos France a posĂ©, avec Le Figaro, cette question : « Parmi les mesures suivantes destinĂ©es Ă remĂ©dier au problème du financement des retraites, laquelle vous semble la moins acceptable ? » Cet Ă©noncĂ© bienveillant pour le pouvoir (qui voulait « remĂ©dier » Ă un « problème ») Ă©tait suivi de quatre suggestions : « L’allongement de la durĂ©e de cotisations nĂ©cessaire pour toucher une retraite Ă taux plein ; la diminution du montant des retraites ; une augmentation importante du montant des cotisations ; ne se prononcent pas [1]. »
Souhaitant Ă son tour contribuer Ă la science des sondages, Le Monde diplomatique en a rĂ©digĂ© un, lui aussi. « Parmi les mesures suivantes destinĂ©es Ă amĂ©liorer le financement des retraites, laquelle vous semble la moins acceptable ? La fin du gel de la part patronale du financement de la retraite [2] ; la taxation des revenus financiers des entreprises Ă hauteur des prĂ©lèvements vieillesse acquittĂ©s par les salariĂ©s ; le rĂ©tablissement Ă son niveau de 1983 de la part des salaires dans le partage de la valeur ajoutĂ©e française (68,8 % Ă l’Ă©poque, contre 59,9 % quinze ans plus tard) [3] puisque quand les salaires augmentent, les retraites augmentent ; sans opinion ?
Un conseiller du gouvernement serait impatient de connaître les réponses de nos lecteurs. Lui écrire à : rsoubie@altedia.fr
Serge Halimi
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Lire " Retraites : tentatives de manipulation des citoyens ", un communiquĂ© d’Attac (avril 2003).