Challenges s’inscrit ainsi dans le concert de louanges des médias dominants sur l’effrayant inventaire néolibéral à quoi se résume ce rapport (“ travailler plus ”, “ travailler plus longtemps ”, supprimer le contrat de travail à durée indéterminée, lutter contre les “ trappes à inactivité ”, ne plus augmenter le SMIC, “ supprimer les réglementations qui visent essentiellement à protéger des situations acquises ”, “ agiliser l’Etat ” (sic), “ maîtriser la dépense publique ”, “ [généraliser] à l’ensemble de la sphère publique [...] la contrainte budgétaire et financière ”, etc.).
Ce qui est original dans la démarche de Challenges, c’est que l’auteur de l’article qui trouve “ bonnes ” les réponses du rapport Camdessus était... l’un des vingt membres de la commission qui a rédigé le rapport ! Mais ce petit “ détail ” n’est mentionné à aucun moment... [1].
En matière de « pensée unique », Challenges franchit donc un ultime palier : plus besoin de “ connivence ” puisque le renvoi d’ascenseur se fait désormais directement de soi à soi ! La main droite écrit le rapport qui préconise la régression de l’Etat social tandis que la main gauche célèbre la lucidité et la clairvoyance de la main droite !
Un conseil cependant à l’économiste multi-cartes et multi-appointé : faire bien attention de ne pas se tromper d’enveloppes, car il court le risque, la prochaine fois, d’envoyer l’article à la Documentation française, et le rapport à Challenges !