La canicule et ses consĂ©quences meurtrières catastrophiques ont excitĂ© les « casseurs de thermomètres ».
Comme par hasard, c’est au sein d’entreprises dont les budgets dĂ©pendent des arbitrages du gouvernement que les pressions ont Ă©tĂ© les plus manifestes.
Le Bureau national du Syndicat national des journalistes, rĂ©uni ce 2 septembre 2003, condamne l’intervention scandaleuse de madame Françoise Miquel (Service d’information du gouvernement) contre un journaliste politique de l’Agence France Presse.
D’autres pressions ont Ă©tĂ© tentĂ©es, en vain lĂ aussi, contre des journalistes du service public (Ă France 2 et France 3) pour qu’ils Ă©vitent de donner un relief trop concret aux chiffres catastrophiques des dĂ©cès du mois d’aoĂ»t et Ă l’embarras visible du gouvernement [1].
A qui le tour ? Le SNJ entend poser la question. Il en appelle au Premier ministre pour qu’il calme l’ardeur belliqueuse de ses proches.
Parallèlement, c’est le Medef qui entend contrĂ´ler Ă©troitement l’accès des journalistes et des Ă©quipes techniques audiovisuelles Ă son universitĂ© d’Ă©tĂ© : identitĂ©s et qualitĂ©s vĂ©rifiĂ©es et re-vĂ©rifiĂ©es pour dĂ©tecter la prĂ©sence d’intermittents.
Enfin jamais les pressions Ă©conomiques n’ont Ă©tĂ© aussi fortes jusqu’Ă l’interdiction de couvrir bon nombre d’Ă©vĂ©nements culturels, et sportifs.
Ou les journalistes doivent subir ou acceptent d’ĂŞtre strictement « encadrĂ©s », ou ils s’exposent Ă des violences verbales et physiques et des interdictions d’exercer leur profession. Les photographes sont particulièrement visĂ©s. Ces journalistes ne reçoivent pas souvent de leurs hiĂ©rarchies le soutien attendu quand ils ne sont pas tout simplement dĂ©savouĂ©s.
Le Bureau national du SNJ dĂ©nonce la tendance croissante de responsables politiques, Ă©conomiques, culturels, sportifs, Ă choisir « leurs » journalistes, « leurs » images, « leurs » mots, voulant transformer l’information pluraliste en communication partisane et tenter de mettre en hibernation la libertĂ© d’expression nĂ©cessaire Ă la dĂ©mocratie.
Paris, le 2 septembre 2003.
P.S. Lire des extraits de Libération et Le Canard enchaîné (27 août 2003) "Raffarin rêve de médias policés".