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Pour que vos impôts financent la presse indépendante plutôt que les médias des milliardaires

« Pour que vos impôts cessent de financer les Bolloré ! Et pour que la presse pas pareille, citoyenne, indépendante des grands groupes privés, investie dans l’éducation aux médias, soit soutenue par une politique publique ambitieuse, en toute transparence » : Acrimed est cosignataire de la pétition lancée par le Ravi le 2 février. Pour la signer, c’est là.

Pour que vos impôts cessent de financer les Bolloré !

Et pour que la presse pas pareille, citoyenne, indépendante des grands groupes privés, investie dans l’éducation aux médias, soit soutenue par une politique publique ambitieuse, en toute transparence : signez notre pétition !

Les pouvoirs publics soutiennent la presse ? Oui, massivement, mais seulement quand elle appartient à des grands patrons et/ou que les médias aidés les brossent dans le sens du poil ! le Ravi, le journal d’enquête et de satire en Paca, critique envers tous les pouvoirs et n’appartenant qu’à ses lecteurs, se fait taper au portefeuille par des élus qui, la main sur le cœur, multiplient les déclarations d’amour pour la liberté d’expression, le pluralisme ou le droit à la satire. Et ce n’est pas le seul…

Pour la première fois en dix-huit ans, le Ravi et l’association qui l’édite en menant des projets de journalisme participatif ou d’éducation aux médias et au dessin de presse, n’ont été soutenus en 2021 par aucune grande collectivité locale. Elles investissent toutes pourtant chaque année des millions dans la presse en y communiquant ou en y finançant des partenariats. Pour dénoncer cette hypocrisie et réclamer une autre politique publique de financement des médias en 2022, signez notre pétition !

Où qu’elle crèche, en région comme à Paris, la presse a le compte en banque bien serré. Fermeture des kiosques, baisse du nombre de lecteurs acceptant de payer pour de l’information, concentration sans précédent des médias dans les mains de capitaines d’industrie qui achètent avant tout de l’influence, pressions des géants du marché numérique … Et les pouvoirs publics attribuent ces aides souvent de manières discrétionnaires, sans transparence sur leurs bénéficiaires ni sur les critères d’attribution.

Les plus grands groupes, aux mains d’une poignée de milliardaires comme ceux qui se disputent La Provence, captent l’essentiel des aides à la presse. Ils les dévoient parfois en utilisant cet argent pour réduire les effectifs de leurs rédactions, rendant le travail de leurs journalistes encore plus difficile.

Défendant des intérêts privés, ces groupes poussent des thèmes en avant, en occultent ou en minimisent d’autres, conduisant à un déni massif de démocratie. Des médias qui appartiennent à des industriels, dépendant de la commande publique et, pour certains comme Bolloré ou Dassault, poussant un agenda politique clair : à (l’extrême) droite toute !

Contre cette marée montante de désinformation, les médias libres qui n’appartiennent ni à un milliardaire mais à leurs journalistes et leurs lecteurs, rament à la cuillère, envers et contre tout. À Paris comme en région, avec chacun leur ligne éditoriale et leur modèle économique, mais une même obsession : fournir au lecteur une information libre, contradictoire et de qualité.

Comme la santé, l’éducation ou la culture, le droit d’informer et celui d’être informé ne doivent pas dépendre de la seule « loi » du marché, celle désormais dictée par l’économie numérique aux mains des Gafam. Nous affirmons que la presse pas pareille, citoyenne, indépendante des grands groupes privés, investie dans l’éducation aux médias, doit être soutenue par une politique publique ambitieuse. Sans contrepartie. Cette aide ne devrait jamais être une obole, ni une tentative d’inféodation, mais un choix politique transparent et inconditionné.

Pour que vos impôts financent enfin la presse indépendante plutôt que les médias appartenant à une poignée de milliardaires, comme nous, signez cette pétition !


Premiers signataires :

Acrimed (Action critique médias)
Pierre Ballouhey, France Cartoon
Fathi Bouaroua, L’Après M.
Robert Guédiguian, cinéaste
Cédric Herrou, Emmaüs Roya
Imhotep, du groupe IAM
Hervé Kempf, rédacteur en chef de Reporterre
Fondation abbé Pierre
Jean-Baptiste Malet, journaliste (prix Albert Londres)
Valérie Manteau, écrivaine (prix Renaudot)
Laurent Mauduit, journaliste, co-fondateur de Mediapart
Cyril Montana, cinéaste
Edwy Plenel, directeur de la publication de Mediapart
Emmanuel Poupard, 1er secrétaire général du SNJ (Syndicat national des journalistes)
Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac France
Philippe Pujol, journaliste (prix Albert Londres)
Agnès Rousseau, directrice de Politis
Emmanuel Vire, secrétaire national du SNJ-CGT

 

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