Charline Vanhoenacker au service de Patrick Cohen
Le vendredi 11 mars 2016, dans « Le 7/9 » de France Inter, Ă 7h55, Charline Vanhoenacker lit Ă l’antenne sa chronique humoristique (« Le billet de Charline »). Lors de sa mise en ligne sur le site de l’Ă©mission ce billet sera titrĂ© « Meluche, notre Sylvester Staline, tu nous manques... ».
Le lancement résume, sur le ton de la complicité, le thème de la chronique :
– Patrick Cohen : « Charline Vanhoenacker vous avez un message Ă faire passer Ă Jean-Luc MĂ©lenchon. »
– Charline Vanhoenacker : « Oui Patrick, Ă France Inter nous n’avons plus de ses nouvelles depuis, ben depuis combien de temps au fait ? »
– Patrick Cohen : « Ça fait Ă peu près un an et demi. » [2]
On peut apprĂ©cier, ou non, l’humour de Charline Vanhoenacker : ce n’est pas notre propos. On peut mĂŞme trouver très drĂ´le la chronique du jour et il n’est pas exclu que des sympathisants de Jean-Luc MĂ©lenchon, Ă©ventuellement agacĂ©s, s’en soient amusĂ©s : ce n’est pas notre propos non plus. Le droit Ă la satire n’est pas affaire de sympathie. Mais… Car il y a un « mais » : Charline Vanhoenacker intervient directement dans une controverse qui oppose Jean-Luc MĂ©lenchon et Patrick Cohen et met ouvertement, qu’elle s’en rende compte ou pas, sa chronique au service de ce dernier et, plus gĂ©nĂ©ralement, de la petite bande de la « matinale ».
La chronique en question (dont la transcription intĂ©grale figure en annexe), est construite de telle manière que les auditeurs pensent que si Jean-Luc MĂ©lenchon n’a plus participĂ© au 7/9 de France Inter depuis « Ă peu près un an et demi », c’est uniquement parce qu’il fait un caprice d’enfant (ou de hĂ©ros amĂ©ricain Ă mobilitĂ© mentale rĂ©duite), vexĂ© par les questions de Patrick Cohen :
– Charline Vanhoenacker : Oulalala. Bon alors, cher Jean-Luc MĂ©lenchon, mon mĂ©luche. Je prends mon plus beau micro pour te dire ceci : je ne sais pas si France Inter te manque, mais toi tu nous manques follement, douloureusement. Avec ton cĂ´tĂ© sanguin tu nous en veux de vouloir te titiller. Je te vois encore, tes petits poings fermĂ©s, faire des moulinets avec tes bras, quand tu t’Ă©nerves comme ça tu as la dĂ©termination d’un Rocky Balboa, tu es un petit peu notre Sylvester Staline. Jean-Luc, tu dis, tu dis que tu vis mal les questions de Patrick, mais moi je sais pourquoi, je sais qu’elles te renvoient aux brimades de Madame Carpachou, ta maĂ®tresse du CM2. […] Par pitiĂ© Jean-Luc, si ce n’est pas pour la France, fais-le au moins pour Patrick Cohen. [On entend une voix masculine (celle de Patrick Cohen ?) dire « Non ! »] Je le connais bien, il n’est qu’amour. Il est peut-ĂŞtre un petit peu insistant dans ses questions […] Si tu reviens on te posera pas de questions, enfin si, un peu quand mĂŞme. Mon mĂ©luche, il n’y a pas d’un cĂ´tĂ© la France insoumise et de l’autre cĂ´tĂ© la France Inter. Allez Jean-Luc, viens Ă la maison de la radio, il y a le printemps qui chante l’Internationale.
Évidemment, Charline Vanhoenacker ne tient aucun compte des raisons (bonnes ou mauvaises) invoquĂ©es par Jean-Luc MĂ©lenchon pour refuser de participer au « 7/9 » de France Inter. Satire oblige ? Peut-ĂŞtre… Sans doute… Mais du mĂŞme coup, la chronique exonère Patrick Cohen et ses « partenaires » du matin. Et les dispense de rĂ©pondre rĂ©ellement aux propos tenus par Jean-Luc MĂ©lenchon le 31 octobre 2014 sur les matinales radiophoniques et notamment sur celle de France Inter ainsi que sur son animateur… Patrick Cohen.
Extraits de ces propos [3]
Alors on nous raconte des histoires, on nous dit « oui mais France Inter c’est le service public, c’est diffĂ©rent ». Oui c’est diffĂ©rent parce que non seulement ils sont d’accord avec les autres mais en plus ils sont arrogants, parce qu’ils voudraient qu’on avale le potage sous prĂ©texte qu’ils sont censĂ©s ĂŞtre de gauche.
Et Mélenchon de s’en prendre à l’orientation politique des matinales :
Donc ce n’est pas des matinales. C’est le dĂ©but de la grand’ messe du libĂ©ralisme qui commence avec les Ă©missions du matin. Et alors on nous dit « allez une petite cuiller pour tonton Sarkozy, une petite cuiller pour tata Merkel, une petite cuiller… » et on commence Ă absorber le catĂ©chisme, mais mĂŞme pas avec des nuances, quelque chose qui rendrait ça supportable.
Et de conclure, en nuançant quelque peu son propos, mais en ciblant directement Patrick Cohen de France Inter :
Ce n’est pas tous les mêmes hein. Bon par exemple aller discuter avec Achilli c’est quand même d’un niveau plus élevé que d’aller discuter avec Cohen. C’est moins la propagande quoi. Ça dépend des gens. Bon y’a des gens c’est plaisant, d’autres c’est très désagréable, et je n’hésite pas à leur dire. Je les déteste comme eux ils me détestent.
Que l’on partage ou pas les arguments du dĂ©putĂ© europĂ©en, on ne peut que constater que l’humour de Charline Vanhoenacker n’a que fort peu Ă voir avec les critiques Ă©mises par Jean-Luc MĂ©lenchon pour justifier son refus de participer au show animĂ© par Patrick Cohen, qui est ainsi confortĂ© dans sa position de maĂ®tre de cĂ©rĂ©monie au-dessus de toute contestation.
Cette souriante complicité, que les auditeurs sont invités à partager, n’est pas finie…
Donnant-donnant : Une pause de publicité
Charline Vanhoenacker achève sa chronique en tournant en dĂ©rision la dĂ©cision (au demeurant discutable) de Jean-Luc MĂ©lenchon de participer, non Ă la matinale de France Inter, mais Ă une Ă©mission de « mĂ©lange des genres », diffusĂ©e par TF1 et animĂ©e par Alexandra Sublet :
Quant Ă Patrick [Cohen], depuis qu’il sait que tu vas sur TF1 dans la nouvelle Ă©mission d’Alessandra Sublet, il a cessĂ© de s’alimenter. Jean-Luc, mais qu’est-ce qui t’a pris d’accepter l’invitation de TF1 ? Rassure-nous, tu ne vas tout de mĂŞme pas te prĂ©senter Ă la primaire Ă droite. MĂ©luche ! Mon gros lapin, comment peux-tu participer Ă une Ă©mission qui s’appelle « Action ou vĂ©ritĂ© » ? Alors qu’en tant qu’homme de gauche tu es contre les actionnaires et en tant qu’homme politique tu es contre la vĂ©ritĂ©. Si c’est pour les charmes d’Alessandra Sublet, tu sais, Patrick est prĂŞt Ă faire l’interview en rĂ©sille.
La régie publicitaire de TF1 a dû se féliciter de cette publicité gratuite pour une émission dont la première diffusion a eu lieu le 18 mars.
Mais, pour savourer tout le sel de cette sĂ©quence, quelques rappels sont nĂ©cessaires. On se souviendra avec Ă©motion qu’Alessandra Sublet a animĂ© de 2009 Ă 2013 « C Ă vous » sur France 5 : une Ă©mission dont l’un des chroniqueurs depuis 2011 s’appelle … Patrick Cohen. On se souviendra Ă©galement que Patrick Cohen anime depuis septembre 2010 « Le 7/9 » de France Inter, station dans laquelle Alessandra Sublet fut [une Ă©phĂ©mère animatrice [4] de septembre 2010 Ă fĂ©vrier 2011. Le monde (mĂ©diatique) est petit...
… Très petit : on ne sera donc pas surpris d’apprendre que Patrick Cohen n’a pas oubliĂ©, Ă la fin de cette chronique, de signaler que Charline Vanhoenacker co-anime aussi l’après-midi une Ă©mission sur France Inter, bouclant ainsi la boucle de l’entre-soi mĂ©diatique. Donnant-donnant…
L’humour de Charline Vanhoenacker, journaliste, mais qui fait des blagues [5] est suffisamment consensuel pour qu’elle ne connaisse pas le sort de deux de ses prĂ©dĂ©cesseurs humoristes sur France Inter, Didier Porte et StĂ©phane Guillon [6]. Aussi corrosif soit-il, son humour n’est en effet pas du genre Ă mettre en question les intĂ©rĂŞts de la fraction du microcosme social auquel appartient la chefferie de France Inter, ce qui lui permet de se voir dĂ©cerner des brevets de rebellitude par ses pairs, bien que nous soyons loin du jour oĂą elle fera une chronique sur l’infatuation de certain animateur de matinale radiophonique avec le mĂŞme ton et les mĂŞmes biais que dans celle consacrĂ©e Ă Jean-Luc MĂ©lenchon.
« MĂ©lange des genres » : Patrick Cohen au service de Cohen Patrick
La chronique de Charline Vanhoenacker du 11 mars ne pouvait rester sans suites : ni la polĂ©mique contre Jean-Luc MĂ©lenchon, ni l’étalage de complicitĂ©s, ni la page de publicitĂ© offerte Ă l’émission d’Alessandra Sublet, ancienne patronne de Patrick Cohen dans l’émission « C Ă vous » sur France 5. Et c’est… Patrick Cohen qui s’en est chargĂ© lors de sa chronique quotidienne du jeudi 17 mars 2016, dans le 7/9 de France Inter, intitulĂ©e « Le 7h43 » (et dont une transcription intĂ©grale figure en annexe) :
– Patrick Cohen : Jean-Luc MĂ©lenchon – qui n’a pas encore rĂ©pondu Ă votre appel Charline [On entend Charline Vanhoenacker simuler un « Ooohhh » de dĂ©pit], mais on garde bon espoir de le retrouver Ă ce micro… –, Jean-Luc MĂ©lenchon sera demain soir sur TF1 le tout premier invitĂ© de la nouvelle Ă©mission de divertissement d’Alessandra Sublet, « Action ou VĂ©ritĂ© ».
En 2 minutes et 26 secondes, Patrick Cohen parvient Ă faire coup triple ou quadruple : poursuivre sa misĂ©rable polĂ©mique contre Jean-Luc MĂ©lenchon, faire l’éloge des Ă©missions de « mĂ©lange des genres » et de sa propre participation Ă l’animation de telles Ă©missions, soutenir sa camarade et ex-patronne Alexandra Sublet et offrir une nouvelle page de publicitĂ© Ă sa nouvelle Ă©mission.
Quoi que l’on pense de la participation de Jean-Luc MĂ©lenchon Ă une telle Ă©mission, ce n’est pas une première. Patrick Cohen semble amnĂ©sique car le 28 juin 2013, on pouvait voir dans « C Ă vous », une Ă©mission de divertissement sur France 5, Jean-Luc MĂ©lenchon, Alessandra Sublet et… le chroniqueur Patrick Cohen. Après avoir fait la bise Ă Alessandra Sublet, Jean-Luc MĂ©lenchon dĂ©clarera ce jour-lĂ : « Je suis venu 9 fois ici. »
– Patrick Cohen : MĂ©lenchon interviewĂ© par Sublet, on entend dĂ©jĂ les lamentations contre la dĂ©rive « peopolitique » ou les comparaisons d’époque du style : non mais est-ce que vous imaginez Georges Marchais questionnĂ© par Denise Fabre ? Ou de Gaulle chez Guy Lux ? Ou Raymond Aron avec Danièle Gilbert ? Et lĂ , stupeur, archive fatale, rĂ©vĂ©lation renversante. Raymond Aron, professeur au Collège de France, sur le plateau de Midi Première, aux cĂ´tĂ©s de Danièle Gilbert, entre deux chansons de C. JĂ©rĂ´me… c’est arrivĂ© – en voici la preuve – en mars 77.
Les critiques des Ă©missions de « mĂ©lange des genres » et de la « peopolisation » ? De simples « lamentations », dont il suffit pour en venir Ă bout, d’évoquer, pour les tourner en dĂ©rision, un très ancien exemple [7].
Patrick Cohen diffuse alors des extraits des Ă©changes entre Danièle Gilbert et Raymond Aron. C’est l’occasion pour lui et les personnes qui sont Ă ses cĂ´tĂ©s en studio (Emmanuelle Cosse, LĂ©a SalamĂ© et Charline Vanhoenacker, notamment), de rire, entre gens qui se croient très intelligents, Ă gorge dĂ©ployĂ©e aux prises de parole d’une animatrice d’une Ă©poque rĂ©volue.
Et notre Monsieur Loyal de terminer avec la maestria d’un passeur de plats confirmé :
Et voilĂ le travail. Qui prouve que le mĂ©lange des genres n’a pas Ă©tĂ© inventĂ© par la tĂ©lĂ©vision commerciale. Et Alessandra Sublet sera l’invitĂ©e de Sonia Devillers tout Ă l’heure dans « L’instant M » Ă 9h40 sur Inter.
Du grand art au service de pauvres causes : exonĂ©rer la tĂ©lĂ©vision commerciale d’un genre qui aurait Ă©tĂ© inventĂ© par la tĂ©lĂ©vision publique, clore le dĂ©bat sur les Ă©missions de « mĂ©lange des genres » (en faisant mine de l’ouvrir) et sur l’opportunitĂ© pour des responsables politiques ou des intellectuels de passer dans ce type d’Ă©mission, et surtout plaider indirectement sa propre cause puisqu’il participe et obtient des profits de ce type d’Ă©mission, en l’occurrence « C Ă vous » sur France 5. Et pour couronner le tout, Patrick Cohen signale enfin que son ancienne patronne Alessandra Sublet sera l’invitĂ©e d’une Ă©mission de France Inter le jour mĂŞme (pour y parler de sa nouvelle Ă©mission), comme si l’un des objectifs de cette chronique Ă©tait prĂ©cisĂ©ment d’assurer la promotion de la nouvelle Ă©mission d’Alessandra Sublet [8].
Vous avez dit « confiscation de l’antenne » ?
Henri Maler et Denis Souchon
Annexe 1 : Transcription de « Le billet de Charline » du 11 mars 2016.
- Patrick Cohen : « Charline Vanhoenacker vous avez un message Ă faire passer Ă Jean-Luc MĂ©lenchon. »
- Charline Vanhoenacker : « Oui Patrick, Ă France Inter nous n’avons plus de ses nouvelles depuis, ben depuis combien de temps au fait ? »
- Patrick Cohen : « Ça fait Ă peu près un an et demi. »
- Charline Vanhoenacker : « Oulalala. Bon alors, cher Jean-Luc MĂ©lenchon, mon mĂ©luche. Je prends mon plus beau micro pour te dire ceci : je ne sais pas si France Inter te manque, mais toi tu nous manques follement, douloureusement. Avec ton cĂ´tĂ© sanguin tu nous en veux de vouloir te titiller. Je te vois encore, tes petits poings fermĂ©s, faire des moulinets avec tes bras, quand tu t’Ă©nerves comme ça tu as la dĂ©termination d’un Rocky Balboa, tu es un petit peu notre Sylvester Staline. Jean-Luc, tu dis, tu dis que tu vis mal les questions de Patrick, mais moi je sais pourquoi, je sais qu’elles te renvoient aux brimades de Madame Carpachou, ta maĂ®tresse du CM2. Mais mon mĂ©luche, je t’en prie, passe au dessus de ça et reviens. [Charline Vanhoenacker lance une musique de piano de centre commercial]. Depuis que tu es parti l’ambiance ici n’est plus la mĂŞme, Thomas Legrand a recommencĂ© Ă boire, je comprends encore moins bien ce qu’il dit. Quant Ă Patrick, depuis qu’il sait que tu vas sur TF1 dans la nouvelle Ă©mission d’Alessandra Sublet, il a cessĂ© de s’alimenter. Jean-Luc, mais qu’est-ce qui t’a pris d’accepter l’invitation de TF1 ? Rassure nous, tune vas tout de mĂŞme pas te prĂ©senter Ă la primaire Ă droite. MĂ©luche ! Mon gros lapin, comment peux-tu participer Ă une Ă©mission qui s’appelle “Action ou vĂ©ritĂ©” ? Alors qu’en tant qu’homme de gauche tu es contre les actionnaires et en tant qu’homme politique tu es contre la vĂ©ritĂ©. Si c’est pour les charmes d’Alessandra Sublet, tu sais, Patrick est prĂŞt Ă faire l’interview en rĂ©sille. Et si c’est parce que c’est trop tĂ´t la direction est prĂŞte Ă dĂ©classer, Ă dĂ©placer le 7/9 Ă 15 heures. On a mĂŞme pensĂ© Ă dĂ©placer l’Ă©mission dans un mobile home stationnĂ© en face de L’ÉlysĂ©e pour te faire plaisir. Thomas a mis la vodka au frais et Bernard Guetta amène sa boĂ®te de cigares cubains qu’il tient de Fidel. Par pitiĂ© Jean-Luc, si ce n’est pas pour la France, fais le au moins pour Patrick Cohen. [On entend une voix masculine (celle de Patrick Cohen ?) dire “Non !”] Je le connais bien, il n’est qu’amour. Il est peut-ĂŞtre un petit peu insistant dans ses questions mais regarde le le soir sur France 5 il lui arrive de ne rien dire de mordant. Ben si, quand il mange, la bouche pleine. [Charline Vanhoenacker fait un signe pour que la rĂ©gie arrĂŞte la diffusion de la musique.] Jean-Luc, pour tout te dire, bon ben voilĂ , on est sacrĂ©ment dans la merde quand on veut inviter un politique de gauche. VoilĂ , il n’y en a plus, si tu viens pas, il va nous rester qui Ă gauche ? Ah ben ouais, il nous reste NKM, elle est encore venue hier. Si tu reviens on te posera pas de questions, enfin si, un peu quand mĂŞme. Mon mĂ©luche, il n’y a pas d’un cĂ´tĂ© la France insoumise et de l’autre cĂ´tĂ© la France Inter. Allez Jean-Luc, viens Ă la maison de la radio, il y a le printemps qui chante l’Internationale. [Les voix de Charline Vanhoenacker et Patrick Cohen se recouvrent] Tes amis t’attendent. Viens. Reviens ! »
- Patrick Cohen : « Charline Vanhoenacker. Et on vous retrouve Ă 17 heures avec Alex Vizorek, Si tu reviens j’annule tout. Merci Ă vous. »
Annexe 2 : Transcription du « 7h43 », la chronique de Patrick Cohen du 17 mars 2016
- Patrick Cohen : « Jean-Luc MĂ©lenchon – qui n’a pas encore rĂ©pondu Ă votre appel Charline [On entend Charline Vanhoenacker simuler un Ooohhh de dĂ©pit], mais on garde bon espoir de le retrouver Ă ce micro… – Jean-Luc MĂ©lenchon sera demain soir sur TF1 le tout premier invitĂ© de la nouvelle Ă©mission de divertissement d’Alessandra Sublet, “Action ou VĂ©ritĂ©”. MĂ©lenchon interviewĂ© par Sublet, on entend dĂ©jĂ les lamentations contre la dĂ©rive “peopolitique” ou les comparaisons d’époque du style : non mais est-ce que vous imaginez Georges Marchais questionnĂ© par Denise Fabre ? Ou de Gaulle chez Guy Lux ? Ou Raymond Aron avec Danièle Gilbert ? Et lĂ , stupeur, archive fatale, rĂ©vĂ©lation renversante. Raymond Aron, professeur au Collège de France, sur le plateau de Midi Première, aux cĂ´tĂ©s de Danièle Gilbert, entre deux chansons de C. JĂ©rĂ´me… c’est arrivĂ© – en voici la preuve – en mars 77. »
Extrait
- Danièle Gilbert : « Aujourd’hui nous accueillons monsieur Raymond Aron auteur du livre Plaidoyer pour l’Europe dĂ©cadente. Et on peut dire que ce livre semble très courageux. »
- Raymond Aron : « Écoutez, je voudrai corriger, je trouve qu’il n’y a aucun courage particulier dans un pays libre Ă dire ce que l’on pense. »
- Danièle Gilbert : « Bien sĂ»r. [Charline Vanhoenacker se penche vers la table pour donner toute sa signification Ă l’expression “ĂŞtre pliĂ© en deux de rire” et Emmanuelle Cosse, la ministre du logement qui ce jour-lĂ est l’invitĂ©e de LĂ©a SalamĂ© pour l’interview de 7h50, se redresse en riant de bon cĹ“ur et en Ă©changeant un regard complice avec Charline Vanhoenacker] Alors vous Ă©crivez, entre autre, “30 ans après la fin de la guerre, en dĂ©pit de la dĂ©claration finale d’Helsinki [elle prononce Helzinki], les pays qui s’appellent eux-mĂŞmes socialistes s’efforcent d’empĂŞcher les hommes et les idĂ©es de franchir la ligne de dĂ©marcation.” »
- Raymond Aron : « Et bien Ă©coutez, je pense que ce rĂ©sumĂ© d’une partie du livre est exact. »
- Patrick Cohen : « C’est exact, dit Raymond Aron, qui sourit gentiment Ă une animatrice qui semble ne rien comprendre aux questions qu’elle pose. [9] Mais il est temps de revenir Ă la variĂ©tĂ©. Écoutez bien comment Danièle Gilbert parvient Ă repasser de Raymond Aron Ă C. JĂ©rĂ´me. Du grand art. »
Extrait
- Danièle Gilbert : « Et bien si ce problème de l’Europe dĂ©cadente vous intĂ©resse, et je suis sĂ»re qu’il vous intĂ©resse, c’est un problème qui touche tout le monde, alors vous lirez Plaidoyer pour l’Europe dĂ©cadente. Monsieur Raymond Aron, merci d’ĂŞtre venu nous prĂ©senter ce livre sur le plateau de “Midi Première”[applaudissements du public]. Entre autres, la libertĂ© fait partie du charme français, mais le charme français c’est aussi le thème de la chanson de C JĂ©rĂ´me, encore une nouvelle chanson [applaudissements du public, on entend le dĂ©but de la chanson “Il y a des cafĂ©s dans les gares”]. »
- Patrick Cohen : « Et voilĂ le travail. Qui prouve que le mĂ©lange des genres n’a pas Ă©tĂ© inventĂ© par la tĂ©lĂ©vision commerciale. Et Alessandra Sublet sera l’invitĂ©e de Sonia Devillers tout Ă l’heure dans « L’instant M » Ă 9h40 sur Inter. »