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Les éclaireurs du peuple (6) Un Delfeil de Ton

par Henri Maler,

Nos majestés éditoriales et intellectuelles - petits éclaireurs du peuple - ne pouvaient pas se dispenser de diffuser leurs lumières. Avant, pendant et après les élections. Avant, ce ne fut que confidences et avertissements. Après le « séisme », ce fut le « raz-de marée » : dans toute la presse, dans toutes les émissions, sur toutes les tribunes, les importants glosèrent d’importance. Ce qui suit est donc le résultat d’un "tri sélectif" (comme on le dit des déchets...)

Le Nouvel Observateur, jeudi 2 mai 2002, Les lundis de Delfeil de Ton : « Je, tu, il vote Chirac »

D’abord une leçon d’arithmétique électorale

« Les Français ne voulaient plus de Jospin. Il n’auront plus jamais Jospin. On ne peut dire qu’ils veulent Chirac. Ne voulant pas Chirac, ils sont tout à fait capables de se débarrasser de Chirac. Pourtant, il faut le garder, Chirac. Pour le garder, il faut que chacun compte sur soi-même et non pas sur les autres. Ne pas voter, c’est voter Le Pen. Voter nul, c’est voter Le Pen. Voter blanc, c’est voter Le Pen. La seule, l’unique façon de ne pas voter Le Pen, c’est de voter Chirac. On nous parle tout le temps du "principe de précaution". S’il y a un moment où il faut l’appliquer, c’est bien maintenant. Il faut se méfier de tout le monde. Des gens de droite, qui ne sont guère plus fiers de leur Chirac que les gens de gauche ne se le sont montrés de leur Jospin. Au premier tour, Jospin a fait 16 % mais Chirac n’en a pas fait 20. C’est rien, 20 % des suffrages, quand il en faut 51 pour être élu. C’est pas gagné, 31 % de suffrages supplémentaires, quand on traîne les casseroles que traîne Chirac. Déjà, qu’il ait fait 19 %, c’est miraculeux, alors 51 ! »

Puis la sentence du procureur

« A l’extrême-gauche, Laguiller, virulente, et Besancenot, cauteleux, avec leur appel à ne pas voter Chirac, appellent de fait la victoire Le Pen. Pensez : ce peut être l’occasion de rejouer la Commune ! Vous vous dites : "Mais il n’en sortirait que des malheurs !" Ce n’est pas ce qu’ils pensent : eux, ils imaginent "des soviets partout". A l’extrême-gauche, la consigne est de s’abstenir de choisir entre Le Pen et Chirac mais c’est pour la façade. La véritable consigne se lit entre les lignes : le non-choix fait grimper Le Pen, le vote Le Pen double ses chances. Principe de précaution : de l’extrême-gauche, se rappeler que pas tout le monde, mais bon nombre, comme ces communistes qui votaient Giscard contre Mitterrand, est capable de voter Le Pen. »

Enfin, la rage qui n’épargne plus rien

« Quand j’entends tel maire socialiste, à la télévision, dire qu’il ne votera pas Chirac. Quand j’entends tel journaliste, qui n’a jamais fait nulle peine au PS, même légère, dire qu’il ne peut se résigner à voter Chirac. Quand j’écoute tel profiteur du système PS dire : n’importe quoi, sauf Chirac. Quand, à neuf jours du scrutin, j’entends le silence étourdissant de Jospin qui n’appelle pas à voter Chirac, je pense : « Salaud Jospin, salaud le maire socialiste, pauvre con le journaliste et le profiteur du système PS. »

 

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