En l’absence d’une mobilisation forte du personnel, le risque est grand de voir Louette et une direction dĂ©sormais composĂ©e Ă sa main faire tranquillement passer son plan stratĂ©gique, qui conduira Ă moyen terme Ă la privatisation et Ă la mise en cause de notre mission première d’agencier.
Le PDG Pierre Louette a donc fini par livrer aux personnels son projet de casse du statut et de transformation de l’AFP. Lors d’un CE, il a Ă©galement informĂ© les Ă©lus qu’un projet de loi pourrait ĂŞtre prĂŞt "très rapidement", tout en jurant qu’aucun projet de ce type n’avait Ă©tĂ© prĂ©parĂ© dans nos murs, le changement de statut pouvant intervenir "d’ici Ă la fin de l’annĂ©e". Compte tenu des vacances estivales et du dĂ©lai entre l’adoption d’un projet de loi en Conseil des ministres et son examen au Parlement, cela revient Ă rĂ©duire Ă la portion congrue le dĂ©bat interne sur cet enjeu fondamental.
Ainsi l’Agence France-Presse, un des acquis de la LibĂ©ration, propriĂ©tĂ© de la nation, serait bradĂ©e sans qu’un vĂ©ritable dĂ©bat ait pu avoir lieu ailleurs que dans les salons feutrĂ©s de l’AssemblĂ©e ou de l’ElysĂ©e, et surtout pas Ă l’intĂ©rieur de l’agence.
L’Ă©tatisation...
Comment une "sociĂ©tĂ© nationale Ă capitaux publics" serait-elle perçue autrement que comme une entreprise d’Etat ? C’est Ă©videmment le contraire qui serait vrai
- On entend dĂ©jĂ les commentaires dĂ©sobligeants de nos principaux concurrents (et aussi clients) anglo-saxons. Sans parler de l’attitude des politiques de tous bords qui ont parfois tendance Ă penser que l’AFP doit ĂŞtre "aux ordres"
- ourquoi se priver face Ă une entreprise "nationale" renflouĂ©e par des fonds de l’Etat ?
Faire une SA, c’est se plier Ă l’oukase sarkozien inscrit dans le COM, oĂą le dĂ©sengagement de l’Etat est quasiment inscrit noir sur blanc.
Faire de l’AFP une SA Ă capitaux publics, c’est la placer dans un Ă©tat de subordination juridique Ă l’Ă©gard de l’Etat, c’est la fin de l’indĂ©pendance structurelle de l’Agence. La fin de son indĂ©pendance rĂ©dactionnelle aussi. On n’ose imaginer par exemple dans quel inconfort sera placĂ© le service Ă©conomique lorsqu’il s’agira de rendre compte de l’attitude de la Caisse des dĂ©pĂ´ts et consignations, bras armĂ© de l’Etat dans l’Ă©conomie française, surtout en cas d’information sensible. Et qui imagine sĂ©rieusement que la Fondation censĂ©e nous protĂ©ger des interventions extĂ©rieures puisse jouer efficacement son rĂ´le au quotidien ?
...puis la privatisation
Qui promet de ne "jamais privatiser" une entreprise publique peut très bien le faire par la suite. Le PDG prĂ©tend avec son projet protĂ©ger contre toute privatisation future une AFP "refondue". Les promesses, fussent-elles faites Ă la tribune de l’AssemblĂ©e nationale, n’engagent que ceux qui les croient, comme nous avons pu le constater avec Gaz de France ou autres...
Les soubresauts les plus violents de la crise économique une fois apaisés, nul doute que Nicolas Sarkozy ré enfourchera le cheval du libéralisme à tout-va.
Pierre Louette Ă©crit qu’il "appartiendra Ă la loi de prĂ©voir que le capital ne pourra ĂŞtre transfĂ©rĂ© Ă des intĂ©rĂŞt privĂ©s" (page 26 de son rapport). Saugrenue, farfelue, extravagante, on ne sait quel est le qualificatif le plus adaptĂ© Ă cette proposition. Est-il concevable que le lĂ©gislateur renonce par avance Ă lĂ©gifĂ©rer Ă nouveau sur le mĂŞme dossier ? Si d’aventure elle figurait, cette clause totalement absurde serait immanquablement censurĂ©e par le Conseil constitutionnel. VoilĂ en tout cas une preuve que Pierre Louette nous prend pour des imbĂ©ciles.
Rappelons-nous surtout que l’initiative de changer le statut est inscrite dans le COM signĂ© il y a quelques mois. Ce Contrat d’objectifs et de moyens prĂ©voit une croissance annuelle des recettes de 4,7 % par an hors convention avec l’Etat - un objectif totalement irrĂ©aliste et qui l’est encore plus depuis l’entrĂ©e en rĂ©cession.
La ficelle est un peu grosse : en 2013, le Conseil d’administration viendra sans doute s’apitoyer sur "les rĂ©sultats insuffisants" de l’AFP et dĂ©crètera qu’il est urgent d’"ouvrir le capital".
Un tel scĂ©nario est d’autant plus crĂ©dible que, de l’aveu du PDG Ă tous ses interlocuteurs, y compris en comitĂ© d’entreprise, l’Ă©volution du marchĂ© des mĂ©dias est marquĂ© par "une très grande incertitude". Personne n’a encore trouvĂ© comment rentabiliser l’information mise en ligne gratuitement sur les sites Internet. Selon les estimations du PDG, qui sont peut-ĂŞtre optimistes, il ne faut pas moins de 15 internautes pour remplacer le revenu tirĂ© d’un seul lecteur "papier" ! Donc, on ne sait pas oĂą on va, mais Pierre Louette nous promet un grand saut dans le vide en changeant de statut.
Le PDG lance des leurres
Dans le projet Louette il y aurait au centre la "mission d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral" non rentable et soumise Ă l’aide financière de l’Etat et, gravitant autour, la nĂ©buleuse du nouveau monde merveilleux des produits "rich media", tout-multimĂ©dia-relax.
Il est notĂ© page 27 du rapport que le futur statut formaliserait "la contractualisation avec l’Etat des missions d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral dont l’AFP a la charge, et les modalitĂ©s de financement de ces missions ; centrĂ©es sur le rayonnement de la France et du français, elles pourraient Ă©galement concerner l’aide Ă la presse et aux mĂ©dias".
Pourquoi rĂ©duire cette mission aux seuls services en français ? Pour quelle raison la subordonner Ă l’aide de l’Etat ? Dans un monde oĂą on ne cesse de parler de mondialisation, et une Europe dont sont issues cinq de nos six langues de travail, pourquoi une proposition si limitĂ©e ? Sur ce point, comme sur d’autres, le projet de Pierre Louette reprĂ©senterait un recul, et non pas une avancĂ©e.
Autre leurre, la Fondation qui serait Ă la fois chargĂ©e de lever des fonds et de garantir l’indĂ©pendance de l’AFP. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette idĂ©e n’a guère les faveurs du ministère de la Culture. "Ce n’est pas une tradition française", selon un conseiller de Christine Albanel et dĂ©pendre de gĂ©nĂ©reux donateurs soucieux de rĂ©duire leurs impĂ´ts ferait peser "un alĂ©a colossal sur le budget". Exit donc la Fondation, il ne reste plus que la SociĂ©tĂ© anonyme.
Des projets flous à la rentabilité incertaine, sauf si...
Le caractère vague du catalogue de projets contenus dans le rapport doit faire rĂ©flĂ©chir : derrière la phrase fourre-tout du "tout-multimĂ©dia", il y a en fait une volontĂ© d’atomiser l’agence, une petite structure au centre de sociĂ©tĂ©s satellites.
Parmi le foisonnement de projets para-journalistiques Ă©voquĂ©s par M. Louette -citons en vrac l’"animation rĂ©dactionnelle pour compte de tiers", la renaissance de feu les "pages froides", la "collecte et diffusion des communiquĂ©s de presse", "le Corporate" service publi-reportage existant dĂ©jĂ Ă la photo et qui serait Ă©tendu au texte - quels sont ceux qui ont rĂ©ellement une chance d’ĂŞtre bĂ©nĂ©ficiaires ?
La construction est fragile : il ne suffit que d’un ou deux qui ne marchent pas ou qui gĂ©nèrent des pertes pour que la rentabilitĂ© de l’ensemble soit fatalement compromise sauf si... chaque Ă©lĂ©ment du catalogue est fabriquĂ© par des sous-traitants, des filiales ou revendus au plus offrant.
Comme le SNJ-CGT l’a dĂ©jĂ fait remarquer, le palmarès Ă ce jour de la direction Louette en ce qui concerne les projets para-journalistiques divers et variĂ©s est loin d’ĂŞtre brillant.
L’AFP peut-elle survivre Ă un autre Ă©chec du style "Newzwag", dont le PDG lui-mĂŞme a reconnu, lors du CE du 20 avril, qu’il ne "marche pas très bien" ou bien Ă un Citizenside bancal ? Non sauf si...
Pierre Louette, alors second de Eveno, approuvait déjà en 2003 la "départementalisation" du service photo, tentative de privatisation du service avortée grâce à la vigilance des organisations syndicales et notamment du SNJ-CGT.
Et le journalisme dans tout ça ?
Ce qui paraĂ®t clair, par contre, est que Pierre Louette, membre du cabinet Balladur puis fondateur de l’agence de communication ConnectWorld, ne croit pas aux vertus du journalisme, celui qui vĂ©rifie, enquĂŞte et ne se plie pas aux modes passagères.
Tout est dit dans la première phrase de son rapport, "l’agence de presse, dont le fonctionnement repose sur la religion du fait, a longtemps Ă©tĂ© la pierre angulaire du marchĂ© de l’information" puis en suivant il donne le ton de son programme en affirmant que "les conditions de la (sa) crĂ©dibilitĂ© de l’agence constituent Ă©galement une contrainte".
Le communicant Pierre Louette, et son clan, n’est pas un "inconditionnel de la "modernitĂ©" dit-il. Il feint pourtant de croire en l’idĂ©e fumeuse selon laquelle, Ă l’ère de YouTube et des tĂ©lĂ©phones portables photographiques, "tout le monde peut ĂŞtre journaliste". Il feint de croire Ă une information faite d’infos et d’images de deuxième main retrouvĂ©es sur Internet et "agrĂ©gĂ©es" par des rĂ©dactions scotchĂ©es derrière des Ă©crans aux mains de publicitaires.
De mĂŞme vient-il d’embaucher comme consultant - et futur dauphin ? - un homme, FrĂ©dĂ©ric Filloux, qui a fait la plus grande partie de sa carrière Ă ce jour dans la presse gratuite et qui connait bien l’AFP : "Je passe mon temps Ă dire qu’il faut qu’on supprime notre abonnement Ă l’AFP, c’est une charge financière colossale." (LibĂ©ration, le 13 mars 2007)
Une "aveuglante fascination pour la modernité" au service de "think tanks"
Dans son document M. Louette se dĂ©fend, pour la nième fois, contre l’accusation selon laquelle il serait animĂ© par une "aveuglante fascination pour la modernitĂ©".
Le SNJ-CGT, qui s’honore d’ĂŞtre Ă l’origine de cette accusation scandaleuse, persiste et signe.
Dans l’Ă©quipe Louette, aujourd’hui complĂ©tĂ©e par l’homme de la gratuitĂ©, FrĂ©dĂ©ric Filloux, tout se passe comme si le journalisme de nos jours pouvait se rĂ©duire Ă une question de technologie.
IdĂ©e qui est hĂ©las trop courante sur les forums Internet amĂ©ricains frĂ©quentĂ©s par certains de nos "penseurs AFP Mediawatch" du sixième qui n’ont comme rĂ©fĂ©rences que des consultants prĂŞts Ă tout pour rĂ©pandre leurs idĂ©es sur la "mort prochaine du papier" ou "l’inĂ©luctabilitĂ© du tout-gratuit".
Tout le contenu du rapport Louette annonce la mort de L’AFP et la perte de ses missions.
Loin de nous défendre contre le "tout-gratuit" cher à M. Filloux et le "journalisme citoyen de tout le monde", notre direction cite complaisamment ces travers pour justifier son projet de casse. A qui profite le crime ?
Au moment mĂŞme oĂą certains grands acteurs du secteur - par exemple Associated Press et Rupert Murdoch - commencent Ă se rebeller contre le bradage des informations de presse, M. Louette et son Ă©quipe s’avancent Ă contre-courant et persistent.
Pire encore, ils veulent nous faire croire Ă la possibilitĂ© de rĂ©cupĂ©rer les revenus perdus, sur ce qu’ils appellent les clients "traditionnels", en misant sur un secteur oĂą les coĂ»ts d’entrĂ©e sont quasi-nuls, oĂą les recettes sonnantes et trĂ©buchantes n’existent pratiquement pas et dont l’avenir est alĂ©atoire.
C’est l’avenir du personnel et le destin de l’agence qui sont en jeu.
Le statut de 1957 a bon dos
Le PDG affirme dans son texte que "les conditions mĂŞme de sa crĂ©dibilitĂ© [celle de l’agence] constituent Ă©galement des contraintes".
Avec aplomb et la mĂ©moire courte, il Ă©crit que le statut de 1957 a privĂ© l’agence d’"une vĂ©ritable capacitĂ© de dĂ©veloppement" en prenant comme exemple quelques ratages (info financière, vidĂ©o internationale dans les annĂ©es 90) mais en oubliant de dire que tout cela est dĂ» aux erreurs stratĂ©giques de ses diffĂ©rents prĂ©dĂ©cesseurs. Telle la fermeture programmĂ©e dans les annĂ©es 80 du service photo, aujourd’hui bĂ©nĂ©ficiaire et sauvĂ© Ă l’Ă©poque grâce Ă la rĂ©sistance des organisations syndicales et du personnel.
M. Louette nous fait pourtant, plus loin dans son texte, la dĂ©monstration que le statut n’a rien empĂŞchĂ©, bien au contraire et ce malgrĂ© des partenariats douteux : "Des partenariats ont Ă©tĂ© nouĂ©s avec CBS (pour la couverture nord-amĂ©ricaine), Getty (pour le "red carpet" notamment) ou Paris-Modes (dĂ©filĂ©s de mode).
L’Agence entend poursuivre cette logique et même l’intensifier dans des domaines tels que le sport, l’économie ou la finance, écrit-il.
Continuant dans une sĂ©mantique qui oppose deux visions pour qualifier les adaptations de l’AFP depuis des annĂ©es, il Ă©crit que "l’AFP a su depuis 1957 accompagner la naissance de nouvelles familles de clients…" et qu’elle "peut revendiquer une tradition (?) d’adaptation".
Zorro-Louette est arrivĂ©. Se positionnant en homme providentiel qui va sauver l’agence d’une tradition archaĂŻque, il se pose la question : "comment donner Ă l’Agence France-Presse les moyens de relever des dĂ©fis sans Ă©quivalent depuis sa crĂ©ation ?" RĂ©duisant les propos de Jean Marin sous les termes de "jolie expression" et de "Statut de la libertĂ©" pour mieux le qualifier ensuite de "statut du statu quo", il fait mine de se mettre lui-mĂŞme en position dynamique face au statut qui ne donne "aucune chance de se rĂ©inventer", de "se dĂ©velopper", de "bousculer les Ă©vidences". Tout cela, naturellement sans aucune "fascination pour la modernitĂ©" face Ă la "fatalitĂ©" Ă "rester tel qu’on est".
Page 2, il nous donne en exemple Reuters et ses 22 000 salariĂ©s en oubliant que l’agence de presse britannique a depuis Ă©tĂ© vendue et revendue avec de multiples licenciements au passage !
Page 10, il dĂ©fend et affirme l’idĂ©e de "thĂ©matiques porteuses", et affirme que "La prise en compte des nouvelles thĂ©matiques les plus prisĂ©es par les lecteurs, spectateurs, auditeurs et internautes (environnement, nouvelles technologies, santĂ©, vie pratique) doit ĂŞtre renforcĂ©e". Sur quelles Ă©tudes se base-t-il et selon quels critères ? Aucune rĂ©fĂ©rence ni rappel ne sont signalĂ©s Ă l’issue de ce paragraphe.
L’indĂ©pendance jusqu’oĂą ?
Au delĂ du coeur de mĂ©tier et de la mission d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral (fondation et francophonie) qu’il subordonne Ă un engagement de l’Etat, le PDG justifie la crĂ©ation de filiales-gadget, la participation ou l’association avec des sociĂ©tĂ©s de ventes de contenus tout multimĂ©dias.
Sans peur de la contradiction et après avoir parlĂ© au dĂ©but de son rapport d’"indĂ©pendance rĂ©dactionnelle", il annonce page 14 les services aux entreprises (corporate) comme "la collecte et diffusion Ă travers le monde de documents de communication d’entreprises (photo et vidĂ©o)" en "tirant parti des productions existantes, du rĂ©seau de journalistes, photographes et vidĂ©astes dĂ©jĂ en place pour les dĂ©velopper". IndĂ©pendance jusqu’oĂą ?
Et avant une dĂ©claration de bonnes intentions qui ne mange pas de pain et soulignĂ©e en gras, "la plus belle des libertĂ©s, celle de se forger une opinion", il dĂ©voile ses intentions en disant vouloir s’appuyer sur d’autres concours, hors celui de l’Etat (sans doute pour satisfaire aux dĂ©sirs du prince) pour que "la dimension Ă©conomique des (de ses) projets de l’agence trouve des soutiens Ă©conomiques".
Selon lui, "dans une pĂ©riode de crise (...) le modèle stratĂ©gique doit ĂŞtre repensĂ©, adaptĂ© pour ĂŞtre enrichi : une nouvelle stratĂ©gie doit permettre Ă l’agence de rĂ©pondre au bouleversement du modèle d’affaires de ses clients traditionnels et au mĂŞme moment de tirer parti de l’avènement de nouveaux modèles numĂ©riques". Peut-ĂŞtre. Mais cela justifie-t-il la casse du statut alors que depuis des mois les Etats se rĂ©engagent et rĂ©injectent des capitaux dans les banques, les entreprises automobiles et autres secteurs en difficultĂ© ?
Nouveaux locaux rue Vivienne : le "cĹ“ur" de l’agence ?
Lors du ComitĂ© d’entreprise du 20 avril, Pierre Louette nous a Ă©galement causĂ© "locaux", avec un beau document Ă la clĂ© pour montrer comme la future rĂ©daction en chef "tous-mĂ©tiers, tout multimĂ©dia et tout Ă l’avenant" pouvait ĂŞtre mise en place sans nous dĂ©mĂ©nager, du moins la plupart d’entre nous, de notre siège historique.
Il propose d’installer son nouveau joujou hi-tech non pas dans l’immeuble du siège, mais dans des "plateaux" excentrĂ©s, rue Vivienne. Bref, sous prĂ©texte de tout centraliser, on dĂ©centralise, mais de l’autre cĂ´tĂ© de la rue. Les services techniques et administratifs, et Ă©galement la majeure partie des services de production journalistiques, resteraient place de la Bourse.
Lors d’une consultation du ComitĂ© sur ce projet saugrenu, prĂ©sentĂ©e comme un vote uniquement sur le principe de louer des nouveaux locaux et non pas sur la finalitĂ© de ces locaux, le SNJ-CGT s’est abstenu.
M. Louette a tentĂ© de prĂ©senter ce projet bizarre comme une bonne nouvelle : on ne quitterait pas le quartier de la Bourse. Mais il y aurait bel et bien une coupure, qui pourrait non seulement poser des problèmes insolubles sur le plan organisationnel mais Ă©galement prĂ©sager des dĂ©centralisations, voire des externalisations, encore plus sinistres Ă l’avenir !
Le SNJ-CGT appelle le personnel Ă refuser ces funestes projets : il faut stopper le plan Louette-Sarkozy et empĂŞcher la casse de l’Agence France Presse.
Aujourd’hui, c’est l’avenir du personnel et le destin de l’agence qui sont en jeu.
Le personnel doit exprimer de manière claire et nette sa dĂ©fiance Ă l’Ă©gard dece projet, et s’engager dans des actions fortes au cours des jours et des semaines Ă venir.
SNJ-CGT-AFP, le 9 juin 2009