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Le Temps, quotidien de Suisse Romande

(Très) brève prĂ©sentation - Transformations rĂ©centes - Une taxe sur les fautes d’orthographe.

(Très ) brève présentation

Quotidien nĂ© de la fusion, en 1998, du "Nouveau Quotidien", du "Journal de Genève et de la Gazette de Lausanne", Le Temps diffuse Ă  100000 exemplaires environ. Premier quotidien de Suisse romande, Le Temps se prĂ©sente comme un organe d’information d’envergure internationale et une plate-forme de dĂ©bat pour l’avenir du "modèle suisse".

Site web

Le Monde S.A pris une participation de 20 % dans le capital du journal.

Transformations récentes

En raison des "difficultĂ©s Ă©conomiques que traverse l’ensemble de la presse" ; c’est-Ă -dire de "cette chute des revenus publicitaires, qui forment, comme pour la plupart de ses confrères, une part Ă©crasante de ses ressources" - copmme le dit ingĂ©nument la rĂ©daction en chef du quotidien - Le Temps a pris successivement une sĂ©rie de mesures :

– Suppression en novembre 2001 de 10,3 postes de travail sur les 153 que compte l’entreprise, soit une diminution de 6,8% de l’effectif, par le biais de licenciements ou de rĂ©ductions du temps de travail ;

– Suppression de deux supplĂ©ments dès le dĂ©but de 2002 : le magazine du samedi "Le Temps de vivre" et le supplĂ©ment "Sciences & MultimĂ©dia" du mardi, dont les matières seront rĂ©intĂ©grĂ©es dans le corps du journal quotidien. Les trois autres supplĂ©ments sont maintenus : l’agenda hebdomadaire culturel "Sortir" du jeudi, le "Samedi culturel" et le "TĂ©lĂ©temps" paraissant le samedi.

– RĂ©organisation de certaines rubriques : " La rubrique Economie et Finance voit ainsi augmenter sa dotation rĂ©dactionnelle, pour rendre compte de manière plus exhaustive de l’actualitĂ© dans un domaine oĂą notre journal compte encore dĂ©velopper ses efforts. La rubrique International bĂ©nĂ©ficie Ă©galement d’un espace Ă©largi, avec le concours de notre rĂ©seau de correspondants et l’appui des journalistes du Monde, qui est rĂ©cemment entrĂ© dans notre capital."

Le "Style du Temps" se rapprocherait-il du "Style du Monde" ?

Source : "A nos lecteurs" (lien pĂ©rimĂ©), par la rĂ©daction en chef, Jeudi 3 janvier 2002

Une taxe sur les fautes d’orthographe

Le Monde - sur la foi d’une dĂ©pĂŞche de l’AFP - nous apprend ceci (fĂ©vrier 2002) :
« La rĂ©daction en chef du quotidien helvĂ©tique a dĂ©cidĂ© de taxer, pendant le mois de fĂ©vrier, 5 francs suisses (3,40 euros) chaque faute d’orthographe (...) effectuĂ©e par les rĂ©dacteurs. Cette mesure a Ă©tĂ© critiquĂ©e par une partie des journalistes qui ont tenu lundi [4 fĂ©vrier] une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. »

Mais la direction « envisage d’utiliser les fonds recueillis pour financer une "action festive" encore Ă  imaginer »

Le Monde se prive de tout commentaire sur les nouvelles mĂ©thodes de management Ă  l’oeuvre au sein du quotidien dont il est actionnaire Ă  hauteur de 20 %.

Pour connaĂ®tre la version publique du Temps lui-mĂŞme, il faut se reporter Ă  un article paru sous la signature de Jean-Jacques Roth et sous le titre « Au Temps , la faute coĂ»te cinq francs". (Le Temps, mardi 5 fĂ©vrier 2002). On peut y lire notamment cet exposĂ© des motifs :

« On parle surtout des gaffes terribles, celles qui violentent le regard ou qui affectent la crĂ©dibilitĂ© d’un article, et qui nous plongent dans le rouge de la confusion, le matin, lorsque nous procĂ©dons Ă  la critique collective du numĂ©ro fraĂ®chement imprimĂ©. C’est un problème lancinant, et vous ĂŞtes, exigeants lecteurs, nombreux Ă  nous manifester votre irritation. La rĂ©daction n’est pas plus heureuse de ces bĂ©vues qui accablent sa conscience. Notre service de correction, soumis en dernière ligne aux impondĂ©rables des copies tardives, ne peut Ă  lui seul terrasser tous les dĂ©mons. D’innombrables discussions nous ont accaparĂ©s, toutes sortes d’incantations ont Ă©tĂ© profĂ©rĂ©es, sans amĂ©lioration notable. D’oĂą ce test, destinĂ© Ă  provoquer une prise de conscience Ă©nergique de nos propres manquements. »

En toute objectivitĂ©, Jean-Jacques Roth poursuit :

« Certains, dans la rĂ©daction, s’Ă©nervent de cette "mesure sommaire, autoritaire, flicarde et somme toute scolaire", selon les termes du prĂ©sident de notre sociĂ©tĂ© des rĂ©dacteurs et du personnel, d’autres en sourient, chacun redoute le couperet d’une punition qui menace moins ses finances que sa rĂ©putation. L’affaire fait Ă©videmment beaucoup causer, deux thèmes sensibles Ă©tant d’un coup conjuguĂ©s : l’orthographe et la police. Et de nombreuses interrogations demeurent : que fera-t-on de l’argent ? La menace aura-t-elle l’efficacitĂ© prĂ©ventive que la direction du journal en attend ? Ou provoquera-t-elle des effets pervers insoupçonnĂ©s au sein d’une Ă©quipe rongĂ©e par la crainte ? Pour l’instant, nous ne disposons que d’une information vĂ©rifiĂ©e : notre cochonnet ne s’est guère rempli. La question va donc sans doute se poser : faudra-t-il faire payer la rĂ©daction en chef lorsqu’elle se montrera incapable de dĂ©celer les fautes qu’elle prĂ©tend sanctionner ? »

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