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Le Parisien oppose le devoir d’obéissance à Jean-Jacques Goldman

Avec Le Parisien, la dictature des médias doit être totale. Le Parisien consacre sa " une " du 20 novembre 2001 au chanteur Jean-Jacques Goldman à l’occasion de la sortie de son dernier disque.

Sous le titre "Le cas Goldman", on peut lire le texte suivant :
« (...) Le chanteur n’en est d’ailleurs pas à une bizarrerie près si l’on se réfère aux curieuses conditions et exigences dont il a souhaité entourer l’événement. De l’art de faire du marketing en donnant l’impression du contraire. »

Quelles sont ces terribles conditions qui valent à Jean-Jacques Goldman d’être à la "une" pour " bizarrerie " ? L’ exigence, pour un journal, de faire une demande écrite pour obtenir le disque avant sa sortie et de s’engager à ne pas publier en "une" le nom et la photo de l’artiste le jour de la parution d’un entretien avec lui.

La gravité du sujet lui vaut d’être à nouveau traité en pages deux et trois. Et là Maurice Achard s’insurge et vitupère :

« On se demande, parfois, pourquoi Jean-Jacques Goldman a choisi un métier public, tant il en accepte difficilement les règles du jeu. Au moment de la sortie de chaque nouvel album - comme aujourd’hui avec " Chansons pour les pieds " - il a du mal à communiquer. Avec la presse notamment, dont il semble se méfier d’une manière de plus en plus maladive. Dés lors qu’il s’agit d’écouter son disque ou d’une éventuelle interview de sa personne ; il multiplie les conditions, quitte à ce qu’elles soient de plus en plus sidérantes. C’est d’autant plus ennuyeux que l’artiste en question est intelligent, plutôt attachant, bénéficiant même d’une image particulièrement positive au sein de l’opinion. [...] Mais c’est un homme complexe, qui veut maîtriser son image autant que sa parole, sans se rendre compte qu’en se conduisant ainsi il empiète sur nos prérogatives. En refusant, par exemple, que sa photo et son nom figurent à la "une" de notre journal pour annoncer un hypothétique entretien, il se mêle de ce qui ne le regarde pas : l’élaboration au quotidien de notre quotidien. »

Vouloir maîtriser son image relève d’une méfiance maladive. Poser des conditions à la presse, c’est empiéter sur ses prérogatives.

Acrimed (avec PLPL)

 

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