– Le Figaro appelle un chat un chat
Le Figaro ne badine pas avec les "jeunes délinquants multirécidivistes"... et appelle un chat un chat.
C’est ce que nous enseigne Guy Baret dans Le Figaro du Lundi 25 fĂ©vrier, sous le titre « Ne dites pas "maison de correction" ». On y lit ceci :
« Le vocabulaire louvoie avec l’idĂ©ologie dominante. Les dĂ©linquants seront dans un endroit "fermĂ©", sans dire toutefois qu’ils y seront "enfermĂ©s", ce qui serait mal vu. L’Ă©ducation est dite "renforcĂ©e", pour ne pas la dĂ©crire comme "sĂ©vère", ce qui serait de mauvais goĂ»t. Ce sont les maisons de correction de jadis mais parĂ©es de plumes Ă©ducatives, alors qu’elles sanctionnent l’Ă©chec de l’action Ă©ducative. Pour dissimuler leur nature justement rĂ©pressive, on la noie dans la tarte Ă la crème de la "rĂ©insertion", quoi que ceux qui y Ă©chouent n’aient jamais Ă©tĂ© insĂ©rĂ©s. (...) Ce contorsionisme verbal pourrait n’ĂŞtre que ridicule. Il peut aussi paraĂ®tre inquiĂ©tant Ă l’heure oĂą la parole des politiques est frappĂ© de discrĂ©dit. S’ils sont dĂ©jĂ si pusillanimes devant les mots, que sera-ce quand ils auront Ă mettre en Ĺ“uvre leur rĂ©alitĂ© ? »
On se le demande... Le Figaro, lui, réhabilite fièrement les maisons de correction. En attendant le bagne...
(Première publication : 4-03-2002)
– Le Figaro met les jeunes au travail
Que faire des jeunes qui ne sont pas en maisons de correction, mais qui n’ont pas d’emploi ? Le Figaro a trouvĂ© le remède : leur donner un emploi, mĂŞme quand il n’y en a pas…
C’est ce qu’enseigne Guy Baret - farouche partisan des maisons de correction, qui, dans Le Figaro du 26 FĂ©vrier s’insurge contre le « contrat d’autonomie » proposĂ© par le PS.
Sous le titre « Le PS caresse les jeunes dans le sens du vote », notre Ă©ditorialiste Ă©crit :
« Curieux contrat d’autonomie qui fait de l’adolescent un assistĂ© dans sociĂ©tĂ© de « responsabilitĂ© » annoncĂ©e par M.Jospin ! »
Car - quoi que l’on pense de ce contrat - il est bien clair que ceux qui ne travaillant pas, n’en n’ont pas besoin, ne sont pas des « assistĂ©s » : seulement des hĂ©ritiers…
Et notre bon maître de correction de poursuivre ainsi :
« Pas de confusion ! Ce n’est pas l’instauration du « droit Ă la paresse » au profit des 18-25 ans. Ceux qui veulent travailler en auront la possibilitĂ©. »
Et notre bon maĂ®tre d’ironiser sur cette « jeunesse hĂ©roĂŻque ». Tout le reste est Ă l’avenant …
(Première publication : 4-03-2002)
– Le Figaro sombre dans l’Ă©galitarisme
Le Figaro, mercredi 16 janvier 2002 (page 9). "Moins de fils d’officiers et plus de filles Ă Saint-Cyr", par Anne-Charlotte De Langhe.
Des filles, prĂ©cise finement l’auteure de l’article qui « ne sont pas des "fils Ă papa" ».
D’ailleurs :
Plus « sensibilisĂ©es au maintien de la paix » que leurs homologues masculins, les filles, admissibles depuis 1983, se font de moins en moins rares : 12 cette annĂ©es, toutes "très bonnes Ă©lèves" contre 5, 6 ou 7 prĂ©cĂ©demment. LouĂ©e pour son rĂ´le d’"aĂ©rateur", cette mixitĂ© sociale semble ne diminuer en rien le caractère militaire de l’Ă©cole.
Ouf !... De soulagement féministe et militariste...
Les propos en italiques Ă©manent de Bernard BoĂ«ne, directeur de l’Enseignement et de la recherche Ă CoĂ«tquidan et... spĂ©cialiste en sociologie militaire.
Méfiez-vous des sociologues !
( Première publication : 17-01-2002)