L’essentiel entre vos mains
La rĂ©alitĂ© des chiffres est lĂ . A fin octobre, la perte financière du Courrier dĂ©passe les 156000 francs [suisses]. Ce montant, additionnĂ© au rĂ©sultat enregistrĂ© en 2003, porte le dĂ©ficit Ă 300000 francs. En d’autres termes, si la tendance ne s’inverse pas, le journal cessera de paraĂ®tre l’an prochain. La situation serait encore plus dramatique si les charges n’Ă©taient pas largement maĂ®trisĂ©es. Le poste « salaires », par exemple, affiche dans les comptes de fin octobre 36000 francs de moins que prĂ©vu. C’est donc essentiellement du cĂ´tĂ© des produits qu’il faut chercher les raisons de la pĂ©riode particulièrement dĂ©licate que nous vivons. La majeure partie de nos recettes provient des abonnements. Or, le produit de ceux-ci se rĂ©vèle pratiquement identique Ă celui de 2003. D’une part, nous constatons que la progression de notre lectorat est certes rĂ©elle, mais trop faible. D’autre part, de nombreux lecteurs optent de plus en plus pour l’abonnement du samedi.
Dès lors, que faire ?
Baisser les bras n’est pas dans la nature de l’Ă©quipe qui, jour après jour, rĂ©alise ce journal. Nous sommes convaincus qu’une presse quotidienne indĂ©pendante, critique et progressiste a parfaitement sa place en Suisse romande. Mais nous ne pouvons avoir raison tout seuls.
Alors nous nous adressons Ă nos abonnĂ©s quotidiens pour leur demander de se rĂ©abonner sans crainte. Si le pire devait arriver, tous ceux qui en feraient la demande verraient leur abonnement remboursĂ©. Ensuite, que tous ceux qui lisent Le Courrier chez des amis, sur leur lieu de travail ou ailleurs s’offrent enfin un abonnement ! Enfin, que les lecteurs du samedi fassent ou refassent le saut du quotidien ! Et aient Ă l’esprit que l’Ă©quipe se dĂ©mène toute la semaine pour publier un journal qui ait du sens six jours sur sept.
Il convient Ă©galement de tordre le cou Ă une idĂ©e assez rĂ©pandue. Combien de personnes ne nous ont-elles pas dit ces deux derniers mois que Le Courrier Ă©tait en danger permanent, mais qu’il finissait toujours par s’en sortir ? Or la situation que nous vivons en cette fin d’annĂ©e 2004 n’est comparable qu’Ă celle que nous avions connue en 1999. Seul l’appel lancĂ© Ă l’Ă©poque avait permis le sauvetage du journal grâce au formidable Ă©lan de solidaritĂ© qui s’en Ă©tait suivi.
Ce souffle porteur doit Ă nouveau se lever aujourd’hui.
Outre de nombreux abonnements, nous avons besoin de gonfler le montant de la souscription d’au moins 100000 francs. Cela nous permettra de rĂ©duire le dĂ©ficit et d’entamer l’annĂ©e 2005 dans des conditions acceptables. Des conditions qui nous aideront Ă poursuivre notre ambitieux objectif -11000 abonnĂ©s - sans devoir recourir Ă des coupes budgĂ©taires douloureuses. Lesquelles ne manqueront pas d’affecter la qualitĂ© du journal. [...]
DĂ©sormais, « l’essentiel, autrement » [1] est aussi « l’essentiel entre vos mains ».
Marco Gregori
Rédacteur en chef du Courrier
Cet article provient de Le Courrier du 20 novembre 2004.
Lire l’article sur le site du Courrier : « L’essentiel entre vos mains » (article en accès limitĂ© ou payant - janvier 2014)