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La Brique interdite de criée (Communiqué du journal)

Communiqué de La Brique, Journal local d’info et d’enquêtes, de Lille et environs (Acrimed).

Ce mardi 15 mai, l’équipe de La Brique s’installe sur la grand’ place de Lille pour vendre le canard, devant les locaux de La Voix du nord. Comme on l’a déjà fait régulièrement. Cette fois-ci, une camionnette de la police nationale et une demi-douzaine de policiers en civil (BAC et compagnie) sont postés devant le Théâtre du Nord, à 20 mètres de nous.

Incognito, l’un deux (on saura ensuite que c’était un des policiers en civil), vient demander à l’un d’entre nous si le canard est « de droite ou de gauche ? ».

Au bout de trois-quarts d’heure, quelques numéros vendus et quelques slogans acides braillés contre La Voix du nord, le nouveau commissariat ou les dernières élections, sept policiers en civils nous interpellent : contrôle d’identité. Motif ? La vente à la criée est selon eux assimilée
à une « vente à la sauvette », au même titre qu’une vente sauvage de montres ou de nougats (sic). Ils prennent nos identités, professions et adresses, le titre et l’adresse du journal. Ils demandent également le nom du rédacteur en chef et le directeur de publication. Ils en
profitent pour nous interroger : « c’est quoi ce journal » ?

Après vingt minutes d’attente, ils nous proposent un marché : ou on part sur-le-champ et on ne fait plus de vente à la criée à l’avenir, ou on se fait embarquer et saisir la marchandise, « pour suivre la procédure ». L’un d’eux rajoute : « je ne vous cache pas qu’on vous fait une fleur ». Puisque c’est dit avec des fleurs, on quitte les lieux, laissant le groupe de policiers en pleine lecture d’une Brique confisquée.

Alors : affaire sans suite d’une patrouille zélée, ou début d’une nouvelle ère pour la liberté d’expression ?

L’équipe de La Brique, le 18 mai 2007.
www.labrique.net


Nota Bene (Acrimed) : La multiplication de ces interventions et de ces interdictions, alors même que les "gratuits" sont diffusés librement, dit assez ce qu’est, en vérité la liberté de la presse, quand elle ne se confond pas avec la liberté des entreprises de presse privées.

 

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