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L’information locale remplacée par… la publicité : Grève à France 3

Nous publions ci-dessous un communiqué du SNJ-CGT et du SNRT-CGT de France 3 (Acrimed)

Quand la loi sur l’audiovisuel public étrangle France télévisions, que fait la direction de France 3 ? Elle veut nous mettre la dernière balle dans la nuque.

A partir du 5 janvier 2009, la publicité sera interdite après 20h sur les antennes nationales de France Télévisions. C’est pour cette raison que la direction de France 3 a décidé de traire au maximum la vache à lait du 19/20, carrefour emblématique de la chaîne. Comme cette tranche représente plus de 50% des recettes publicitaires de France 3, la direction essaye d’y caser le maximum de spots.

Première victime collatérale de cette politique, la 2e diffusion des éditions locales, à 19h57 et diffusion de la première édition, dix minutes plus tôt qu’actuellement à un horaire de faible audience. Au-delà, les éditions régionales vont elles aussi faire les frais de cette stratégie de pas de deux. Elles seront diffusées plus tôt, à 18h55, au lieu de « l’heure pile » de 19h.

La direction a beau jeu d’affirmer qu’elle rallonge les éditions régionales et locales. En vérité, c’est une supercherie censée endormir les députés et les élus locaux. Cet « habillage » politique est d’autant plus cynique que c’est sans moyens supplémentaires que les salariés devront faire plus. Cela ne peut se faire qu’au prix d’une baisse de la qualité.

Dans le même temps, cette direction se met dans l’illégalité. Le nouveau cahier des charges de France Télévisions, rattaché à la loi, réaffirme (article 2) que « France 3 s’attache à développer l’information régionale et locale et à accroître le nombre d’éditions de proximité ». On fait l’exact contraire.

En effet, contrairement aux affirmations de cette direction qui prétend sauver France 3, cette politique est suicidaire. En voulant tirer le maximum des ressources de la tranche 18h30/20h, la direction la fragilise et la condamne à long terme. Si le public trouve à la place de ses éditons locales des tunnels de publicité, il zappera. S’il zappe, les annonceurs se désintéresseront du créneau. Au bout du compte, les ressources ne seront pas au rendez-vous, le travail des équipes en locale, mais aussi dans les BRI et dans les ARP ne sera plus regardé par ceux à qui il s’adresse. La conséquence inéluctable, c’est l’affaiblissement de notre chaîne et à terme sa disparition.

Quoi qu’en dise la direction, ces choix ne sont pas incontournables. Nous appelons à la grève mercredi 17 décembre dans les locales, ainsi que dans les stations régionales, pour défendre nos éditions locales et derrière elles, la vocation régionale de France 3.

Demain, les sénateurs se pencheront à leur tour sur l’avenir de l’audiovisuel public. Sollicitons-les ! Obtenons la diffusion des créneaux locaux et régionaux à des heures de fortes audiences.

Paris, le 15 décembre 2008

- Pour en savoir plus, consulter le site « Sauvons les locales » qui reproduit notamment un article de X. Renard paru dans Libération du 12 décembre sous le titre « A France 3, les locales rament pour leurs plages ». Cet article donne la parole à des journalistes du Mans qui fournissent notamment un aperçu d’une situation précise. L’un d’entre eux, Willy Colin, analyse ainsi les menaces qui pèses su les bureaux départementaux de France 3 : « Lorsque la SNCF veut fermer une gare, elle réduit le nombre de dessertes, et au bout de quelques mois, elle déplore une baisse du trafic. Pour nous, c’est la même logique [...]. On nous enlève la meilleure plage horaire. Qui nous dit que dans un an, faute d’audience, la direction ne décidera pas de tout concentrer en région ou dans les plus grosses rédactions ? »

 

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