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Les certitudes de la pensée réactionnaire

« L’indiscutable sagesse démocratique de Berlusconi »

L’expression est d’Alain-Gérard Slama (Le Figaro, 16 septembre, page 17), qui voit le "Cavaliere" cerné par les juges rouges.

Figure dominante de l’éditorialisme dans la presse française, Alain Gérard Slama sévit sur France Culture, dans le Figaro et dans le Figaro Magazine. Sous une forme distinguée, il profère les certitudes le plus constantes de la pensée réactionnaire, qu’il s’agisse des "sans-papiers", des "anti-mondialistes", du communautarisme, des intellectuels de gauche, du traitement des accords d’Oslo par la presse, etc.

Alors que des manifestations dénoncent en Italie la politique judiciaire du "gouvernement de l’illégalité", AG Slama vole au secours de celui qu’il appelle (affecteusement ?) "le Cavaliere", qu’il voit cerné par les juges rouges (Le Figaro du 16 septembre, page 17. Ne l’achetez pas !).

Sous couvert de dénoncer les "effets pervers" , les "déceptions" de l’offensive du pouvoir judiciaire en Italie depuis dix ans et de pointer les inconvénients d’une excessive "judiciarisation" des sociétés occidentales, AG Slama s’attache à faire l’éloge de Silvio Berlusconi et à banaliser sa politique. Certes, "les initiatives du gouvernement italien comportent, il faut le reconnaître, bien des aspects qui frôlent la provocation. Certaines dispositions ont trop évidemment été conçues pour protéger le Cavaliere contre un acharnement judiciaire qui cherche à l’abattre" (vous noterez les mots choisis de la fin de la phrase). Ces dispositions "nuisent à la crédibilité de la réforme". Mais cette réforme est crédible selon AG Slama. En tout cas, il fait tout ce qu’il peut, AG Slama, pour la crédibiliser, face à une gauche "déchaînée".

D’abord, S Berlusconi est un rempart contre le "fascisme naissant" et les "partis autonomistes", un "miliardaire providentiel".

Et voilà le meilleur :

"Doué d’un sens aigu des ses intérêts et d’une indiscutable sagesse démocratique , le Cavaliere est parvenu à clarifier l’imbroglio politique italien en le coulant, comme chez ses principaux voisins, dans une logique bipolaire. Son projet, en soi respectable, serait d’aligner les institutions de son pays sur le modèle de la France ou des Etats-Unis. Mais la gauche italienne, soutenue par une gauche française exacerbée, refuse de jouer le jeu, et les risques pris avec la réforme judiciaire témoignent, de la part du chef du gouvernement, d’un certain aveuglement".

Ensuite, Slama "élargit" le débat :

"le déséquilibre institutionnel en faveur du pouvoir judiciaire n’est pas une conquête de la démocratie" (…) … "Le conflit qui gronde en Italie est plus ou moins le même dans l’ensemble des pays occidentaux." Que voulez-vous, la crise économique "a abaissé le seuil de tolérance des citoyens devant des comportements admis naguère"

Mais AG Slama, lui, ne tolère pas les "reculs de la liberté". Pour un peu, il citerait Saint-Just.

 

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