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{Glamour}, une bombe sur le marché des féminins haut de gamme.

par Véronique Maurin,

Un budget de lancement de 15M d’euros sur fonds de stratégie promo tout azimut : télé, radio et affichage … Pour lancer son nouveau Glamour, Condé Nast France (filiale d’un des plus prestigieux groupe de presse américain, éditeur de Vogue, Vanity Fair, The New yorker..) a vraiment mis le paquet. Du jamais vu en France.

Résultat, alors que depuis cinq ans aucun nouveau féminin n’a dépassé 200.000 ex, le 18 mars dernier, ce sont 600 000 Glamour qui déboulaient dans les kiosques. Mini format (17/23), Laetitia Casta en couverture et titres rose shocking ! La soit disant « nouvelle  » et « moderne  » formule Condé Nast, ce sont 280 mini pages et cinq ou six articulets (sexe, psycho, portraits) noyés dans un océan de pubs et de rubriques « people », conseils, mode, beauté, shopping ! Le tout vendu 1E50 en kiosque et 1E en cas d’abonnement. Un prix nettement en dessous de celui du marché de la presse haut de gamme.

En Europe, depuis deux ans, cette stratégie de lancement, ce type de magazine, ainsi que cette politique de dumping ont fait un véritable malheur : en Grande Bretagne (540.000 ex) en Allemagne (500.000 ex.) et en Espagne (280.000 ex.). Et depuis des mois, alerté par ce succès hors norme, ici en France, la sortie de Glamour, ce cataclysme annoncé, n’a cessé de tarauder les grands caïds, les quatre puissants groupes industriels (HFM, Emap, Marie Claire, Hersant/Socpresse) qui dominent et tiennent fermement en main la presque totalité du très rentable secteur « haut de gamme » de la presse féminine.

Panique, rumeurs, excitation, bruits de bottes et conseils de guerre. Sous couvert d’une guerre des titans, d’une bataille féroce, d’une concurrence acharnée, ces très libéraux « réformateurs » de la presse féminine se sont hâtés d’anticiper la tendance Glamour. Sur le marché, totalement artificiel et dérégulé de la presse féminine, aujourd’hui ce sont les produits industriels et marketing, (« magalogues » et mini magazines sans rédaction ni infos ni journalistes) qui mènent la danse. Des produits, qui comme Glamour, Shopping (Groupe Prisma) Mod’s (Groupe Marie Claire) Elle Girl (Groupe HFM) n’ont plus rien à voir ni avec la presse ni avec le journalisme. De quoi sonner le glas de tous les féminins qui ne sauront pas « se moderniser » en tournant fermement la page « aux revendications de liberté sexuelle et du droit au travail  », comme l’indique Didier Suberbielle, le très heureux PDG de Condé Nast France [1]. La néo-presse féminine a de beaux jours devant elle.

 

Notes

[1Dans le « Mag des mags », le magazine édité par l’APPM (Association Pour la Promotion de la Presse Magazine (novembre 2003)

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