Octobre 2002, France 3 est condamnĂ©e aux prud’hommes pour avoir fait signer plus de 70 contrats d’intermittents dans la station rĂ©gionale de Lyon.
Après avoir fait appel, la chaîne est à nouveau lourdement condamnée en mai dernier (le jugement requalifie les contrats en CDI, France 3 doit verser de lourds dommages et intérêts).
Juste au moment oĂą, en plein conflit des intermittents, les Princes qui nous gouvernent se montrent impitoyables.
Jean-Jacques Aillagon, le 22 mai 2003 : « Je ne tolĂ©rerai pas que le service public ne soit pas exemplaire en la matière. Je crois en effet que lorsqu’on dĂ©nonce les abus, il faut prendre soin de balayer devant sa porte et bien veiller Ă ce qu’on n’abrite pas soi-mĂŞme des pratiques abusives... Je considère que le service public de l’audiovisuel doit ĂŞtre exemplaire. Il doit notamment ĂŞtre Ă l’abri de toute critique concernant le recours injustifiĂ© Ă l’intermittence par ses propres services et par ses prestataires. »
Jacques Chirac, le 14 juillet 2003 : « Un certain nombre d’entreprises de l’audiovisuel ou du spectacle en ont profitĂ© pour dĂ©tourner ce rĂ©gime et, en rĂ©alitĂ©, faire prendre en charge leurs dĂ©penses de personnels par l’ensemble des salariĂ©s. Ce qui n’Ă©tait Ă©videmment pas acceptable… La première chose, c’est de poursuivre, avec sĂ©vĂ©ritĂ©, notamment par l’inspection du travail, et je l’ai demandĂ© au gouvernement, les abus qui ont Ă©tĂ© faits par ces entreprises, qui sont condamnables et qui doivent ĂŞtre condamnĂ©s et sanctionnĂ©s. »
Quelques jours après sa condamnation en appel, France 3 se pourvoit en cassation. InterpellĂ©, le Ministre, par l’intermĂ©diaire de son chargĂ© de communication, rĂ©pond - courageusement - qu’une action judiciaire Ă©tant en cours, le Ministère ne peut intervenir.
Epilogue provisoire : Le 1er janvier prochain, Roger Gicquel [1], directeur rĂ©gional de France 3 en poste Ă Lyon Ă l’Ă©poque des faits, prendra ses nouvelles fonctions...
Extrait du Figaro du 21 novembre 2003 :
RĂ©my Pflimlin (directeur gĂ©nĂ©ral de France 3) : « Nous Ă©tions engagĂ©s depuis longtemps sur le projet des tĂ©lĂ©visions numĂ©riques, mais celui-ci a Ă©tĂ© mis entre parenthèses Ă l’automne dernier. Dans la mĂŞme idĂ©e, nous avons alors travaillĂ© sur un autre programme, celui de la rĂ©gionalisation et de la dĂ©centralisation, qui doit donner plus de pouvoir aux directions rĂ©gionales. C’est celui-ci que nous poursuivons. Sur le plan des programmes, le nouveau "19-20" amorce dĂ©jĂ ce vers quoi nous devons parvenir et pour lequel nous nous sommes donnĂ© trois Ă quatre ans. Notre plan suppose, comme tous les projets d’entreprise, une rĂ©gulière montĂ©e en puissance qui implique que l’on ne perde pas de temps. J’ai besoin pour mener Ă bien ce projet d’un homme qui connaisse parfaitement les rĂ©gions, qui soit en contact rĂ©gulier avec elles et qui ait la notion de l’entreprise. En accord avec Marc Teyssier, j’ai donc nommĂ© Roger Gicquel, qui Ă©tait dĂ©jĂ directeur rĂ©gional de la rĂ©gion RhĂ´ne-Alpes, l’une de nos antennes les plus performantes » [2].
Une antenne performante grâce aux abus d’emplois d’intermittents et prĂ©caires, cela vaut bien une promotion !
Stéphane