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Pompiers pyromanes

Entre deux tours (2) La flexibilité du CSA

Sur intervention de l’Elysée ?

Dans L’Express du 9 mai 2002, sous le titre « Un bâillon pour Le Pen ? », on pouvait lire ceci :

« Craignant une surexposition médiatique de Jean-Marie Le Pen - dont la stratégie, contrairement à celle de Jacques Chirac, a consisté à privilégier la télévision et la radio au détriment du terrain - l’Elysée est intervenu auprès du CSA afin que ce dernier durcisse, en cours de route, les règles relatives à l’équilibre des temps de parole dans les médias audiovisuels. C’est ainsi que les chaînes ont été surprises de recevoir, le 26 avril dernier, une recommandation du Conseil supérieur de l’audiovisuel, avec effet rétroactif au 22 avril, invitant télés et radios à comptabiliser, d’un côté, le temps de parole des deux candidats et, de l’autre, ceux de leurs soutiens. Dans la version initiale de ce texte, datée du 23 octobre 2001, le CSA était plus vague, mêlant, à l’époque, dans ses décomptes, l’expression des candidats et celle de leurs soutiens. »

Faut-il, sans le moindre recul, se féliciter d’une telle flexibilité, voire docilité, du CSA, quand il s’agit - à l’évidence - d’un précédent plus que dangereux ?

Le CSA face à « une situation spéciale »

Sur Yahoo, sous la signature de Christophe Lalo et sous le titre « Le CSA face aux médias militants », on pouvait lire ceci le 7 mai 2002 :

« Les 9 sages de l’audiovisuel planchent sur un rapport analysant l’attitude des médias durant la campagne présidentielle. Temps fort de leur réflexion, le traitement systématiquement hostile réservé au candidat Jean-Marie Le Pen, ou la dérive militante des médias audiovisuels. »

Suit la déclaration suivante de Jacqueline de Guillenchmidt, membre du CSA et présidente du groupe de travail sur le pluralisme et la déontologie de l’information :

« Dans l’immédiat le CSA n’a pas fait de bilan de la campagne éléctorale, mais il rendra un rapport sur le traitement de l’information pendant la campagne, qui nécessitera un peu de recul car il y a beaucoup de choses à dire. Il sera fait dans les mois qui viennent. La situation est spéciale et demande une analyse plus fine qu’à l’ordinaire. »

En attendant cette « analyse plus fine qu’à l’ordinaire », Jacqueline de Guillenchmidt se borne à annoncer la publication d’un communiqué, et interrogé sur le discours « militant » de nombreux journalistes TV et radio, elle invoque, en guise d’esquive, un principe fondamental :

« La volonté du CSA est de respecter la liberté des journalistes. »

Faut-il, sans le moindre recul, se satisfaire de l’invocation d’un tel principe quand - à l’évidence - il peut, si rien ne le précise, être invoqué pour justifier des causes moins "nobles" que le combat contre Le Pen ?

 

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